L’erreur passée du colonialisme et le mythe de l’exploitation néocoloniale actuelle

Guillaume Faye, Extrait du livre Avant-Guerre

Il convient de se départir de ce culpabilisme, entretenu par les intellectuels, les économistes et les politiciens depuis quarante ans, selon lequel le tiers monde et en particulier l’Afrique se verraient « dépossédés » de l’accès aux richesses par la malignité européenne et occidentale. L’Afrique, continent de 700 millions d’hommes, aux immenses ressources, bien plus considérables que celles de l’Europe de l’ouest, n’a jamais été capable de décoller, en dépit du gigantesque coup-de-pouce de la colonisation (seule période prospère et civilisée de son histoire), en dépit des aides colossales accordées depuis quarante ans. A qui la faute ? A nous ?

La victimisation des Africains comme celle des Arabes les dessert et les déresponsabilise. La corruption, l’incompétence, les guerres tribales, le laisser-aller de ce continent-boulet, sont d’abord de la responsabilité de ses dirigeants et ses cadres, ou plus précisément de ceux qui, en Occident, veulent dans leur utopie ne concevoir pour ces peuples que notre mode de vie et notre société technicienne.

Il faut en finir avec le mythe du « néocolonialisme » économique qui aurait asséché l’Afrique. Au contraire, il lui a permis de se multiplier démographiquement, ce qui n’est pas pour nous une bonne chose ! Il faut également tordre le cou à cette idée économique marxiste du « partage des richesses » (qui a aussi inspiré la stupide loi sur les 35 heures). Les richesses ne se partagent pas, elles se créent. Si les Africains ne bénéficient que de 5% des richesses mondiales, ce n’est pas parce qu’on leur a volé leur part, mais parce qu’ils ont été incapable de la produire, en dépit des subventions, des transferts technologiques, des assistances et coopérative innombrables. Tout au contraire, ils bénéficient de plus de richesse qu’ils n’en produisent, puisqu’ils ne participent qu’à hauteur de 3,5% du PNB mondial.

Prenons le cas du pétrole et du gaz, c’est très parlant : 1) gisements découverts par les Européens ; 2) gisement exploités – du fait de l’incapacité technologiques des propriétaires, en dépit des formations reçues – par des sociétés occidentales ; 3) clientèle occidentale, qui paye au prix fixé par les pays détenteurs de pétrole (OPEP) qui pourtant, ne participent pas à l’exploitation ; 4) énormes chèques de royalties versés par les compagnies pétro-gazières concessionnaires (à 70% anglo-saxonnes et complices de la manipulation) aux pays en question qui ne fournissent aucun effort d’investissement.

Je n’appelle pas cela de l’exploitation, bien au contraire, mais une incroyable rente de situation. Une dizaine de pays arabes vivent de cette manne. Des énormes sommes amassées, aucun investissement productif n’est jamais sorti.

S’il fallait définir pour l’Europe et la Russe (l’Eurosibérie) une véritable politique autocentrée et ethnocentrée, ce serait de dire à tous ces pays : « maintenant, débrouillez-vous. Nous retirons toutes nos compagnies exploitantes. Le pétrole et le gaz, nous le trouverons sur notre Continent, et le nucléaire fera le reste ». Puisque ce sont des civilisations si géniales, elles trouveront bien à s’en sortir sans notre assistance, non?

On se rend compte maintenant à quel point la France eut tort de coloniser l’Algérie et, généralement, l’Afrique du Nord. Nous subissons le retour de bâton de cette erreur, puisqu’en mendiants agressifs, éternelles fausses victimes, ils nous colonisent et nous ponctionnent.

Il n’y a rien à faire. On se trouve là en face d’un poids, d’un atavisme majeur ; une population, depuis près de dix siècles, rigoureusement inapte à s’organiser en société de type occidental contraire à son génie propre, malgré les ressources naturelles considérables dont elle bénéficie. Il fallait simplement canonner les pirates barbesques mais certainement pas tenter d’« occidentaliser » ces peuples ni s’installer chez eux. Il s’agit très certainement d’une mauvaise alchimie bio-culturelle qu’il sera rigoureusement impossible de corriger. Quelle erreur d’avoir coloniser ces populations hétéroclites.

Le drame de la France a été de se lier à cette population d’Afrique du Nord sans aucun intérêt pour nous, d’une mentalité, d’une religion, d’une culture totalement contraires aux nôtres, alors que pendant le même temps nous ne pensions qu’à guerroyer contre d’autres Européens…

L’Afrique noire, quand à elle, n’a pas d’autre avenir que de coloniser l’Europe par le bas, comme une fuite d’eau. Sur place, sur le continent noir, il n’y a rigoureusement rien à faire ni à espérer pour construire une société de type technoscientifique ; elle est géopolitiquement périphérique ; elle contribue pour moins de 4% au PNB mondial ; elle est composée d’États artificiels incapables d’acquérir la moindre puissance, en proie aux guerres tribales intestines, à d’incessants massacres, à une corruption phénoménale, où la productivité du travail est quasi nulle. Ce fut une erreur majeure que d’avoir voulu, du temps du colonialisme, les convertir à notre civilisation. Sans les pays du Nord, l’Afrique noire retournerait au néolithique en moins d’une génération. Sa seule force contemporaine est celle, biologique, des ventres (grâce à la médecine européenne et à nos aides). Retournement de l’histoire : par ce biais, elle nous colonise.

Le seul avenir pour l’humanité, au XXIe siècle, comme je l’ai déjà exprimé dans d’autres ouvrages, ce serait, au terme d’un chaos guerrier, de remettre chaque aire de civilisation sur son espace autocentré propre, chacun à son rythme. Ce qui suppose la fin du modèle occidental de la modernité ou de la mondialisation, et une vision archéofuturiste du monde. Car le mélange, dans l’onirisme d’une civilisation planétaire, de nations, de races, de cultures, de religions totalement différentes est une impossibilité historique. Ce modèle est voué à un effondrement prochain. La recomposition de l’humanité ne pourra s’accomplir, au terme d’une crise terrifiante et salubre, que verra le XXIe siècle, que par la juxtaposition d’«aires» civilisationnelles et ethniques, relativement cloisonnées. Une utopie? Non, la loi naturelle, qui se rétablira après la petite parenthèse entamée au XVIIIe siècle par l’idéologiques des Lumières – celles qui attirent les mouches.

Le colonialisme européen ne nous aura amené que des ennuis. Il fut bien sûr motivé par des raisons géopolitiques et commerciales, mais aussi humanitaires, chrétiennes et universalistes : convertir des peuples dits « arriérés » à notre civilisation. Mais ce faisant, nous leur avons donné les moyens de développer (très mal) et, au final, de venir nous concurrencer et nous coloniser. Et aussi, en abaissant le taux de mortalité sans réduire en proportion la natalité, le colonialisme a été l’amorce du catastrophique boom démographique du tiers monde et des peuples de couleur.

Il aurait beaucoup mieux fallu se contenter d’exploiter les ressources minières et énergétiques de ces zones, par le biais d’enclaves, plutôt que de chercher à entrer en contact avec leurs populations ou de se préoccuper de leurs civilisations, dont beaucoup d’ailleurs étaient mourantes.

Il faut tordre le cou à un mythe rabâché depuis trente ans, celui du « néocolonialisme » des pays du Nord, qui exploiterait l’innocent tiers monde. Tout d’abord, il n’existe pas d’injustice du partage des richesses entre le Nord et le Sud. Les richesses se créent, elles ne sont pas un gâteau d’anniversaire qu’on découpe. Si le Nord est plus riche, ce n’est pas parce qu’il confisque et accapare, c’est parce qu’il travaille, invente, transforme, crée plus et mieux. Non seulement on ne trouve aucun pillage de notre part, mais par les dettes jamais remboursées, les dons, les aides, les transferts technologiques vers les « pauvres », l’accueil à l’intérieur de nos frontières, nous les couvrons avec naïveté de cadeaux qu’ils croient être des dus, sans aucune reconnaissances.
Je répète ma thèse, celle de l’autarcie des grands espaces et de la séparation de la planète en zones économiques étanches, viables, où chacun se développerait à son rythme et en fonction de son génie propre. L’Europe, ou plutôt une future Eurosibérie ethnocentrée, a intérêt à tourner le dos à la mondialisation et à délaisser les pays du Sud dans ses relations économiques. L’espace eurosibérien est si vaste et bien pourvu que nous n’avons pas besoin de leurs ressources, ni de leur main-d’œuvre peu qualifiée. Loin d’être nos valets exploités, ils nous ont un insupportable fardeau, le fameux fardeau de l’homme blanc. De plus, en les abandonnant à eux-mêmes (ils se disent surdoués!), en coupant les ponts, nous les responsabiliserons peut-être, nous les forcerions à se prendre en charge. Bien entendu, cette voie est aujourd’hui impraticable. Mais, compte tenu des catastrophes qui s’annoncent au XXIe siècle, qui marqueront l’effondrement de l’ordre actuel, ce sera probablement le modèle qui s’imposera.