Appel aux jeunes européens

Guillaume Faye, Revue Réfléchir & Agir N°09 (été 2001)

Pour éviter de me répéter, je vous rappelle tout d’abord le constat que j’ai fait au début du Manifeste Pourquoi nous combattons. Résumons maintenant, à la suite de ce constat, quelques suggestions évoquées dans ce Manifeste. Compte tenu de cette situation parfaitement nouvelle dans l’histoire, je préconise une stratégie inspirée de certains chefs révolutionnaires qu’il est inutile de nommer (1).

1 – Il importe tout d’abord d’unir, à l’échelle européenne, toutes les forces identitaires de résistance autour, d’une doctrine et d’un programme révolutionnaire minimums.

En oubliant les querelles idéologiques ou affectives secondaires qui ne sont souvent que l’expression de nationalismes d’appareil, de guerres sectaires de chapelles ou de querelles de barons. Lénine: « nous viderons nos querelles après la révolution». De grâce, il faut cesser les si délicieuses disputes internes (faites de ragots, d’excommunications et de paranoïas) et réserver les coups au véritable ennemi. Concentrons-nous sur l’essentiel, sur ce qui rassemble, car nous sommes confrontés à l’urgence absolue (L’Ernsfall, théorisée par Carl Schmitt). Observons les musulmans qui cessent de s’entre-déchirer dès qu’il s’agit de mener la djihad contre l’infidèle.

2 – Pour nous l’ennemi commun et principal (celui qui envahit concrètement, physiquement), c’est la colonisation de peuplement allogène sous la bannière de l’islam; évidemment, on peut partager des valeurs communes avec son ennemi, mais il ne faut pas tomber dans ce piège et se laisser attendrir. J’ajoute que l’ennemi bénéficie de collabos, bons Européens ethnomasochistes, qui sont les plus dangereux. Quant à l’adversaire commun (celui qui cherche à nous affaiblir et nous dominer), ce sont les USA, alliés objectifs du premier.

3 – Notre courant, celui de la pensée radicale (et non pas “extrémiste”) détient le monopole de la dissidence et du projet révolutionnaire, puisque nous sommes les seuls à souhaiter le renversement total des valeurs et des formes de cette civilisation (l’Umwertung de Nietzsche).

4 – Les trois piliers d’une idéologie et d’un projet européens unitaires sont la prise de conscience ethnique de la défense prioritaire d’un germen biologique commun menacé, d’une part; la régénération des valeurs ancestrales d’autre part, dont l’oubli est la cause première des tragédies actuelles; et enfin l’affirmation créatrice d’une doctrine politique européenne englobante et révolutionnaire.

5 – Comme l’indique l’excellent titre de votre magazine, réfléchir est capital, mais il faut aussi agir dans le même sens. Mais comment agir ? Que faire ? Eternelle question centrale. En constituant, autour de ce “programme commun idéologique” un réseau européen de résistance, de solidarité et d’action. Il ne doit pas exclure le politique, mais l’inclure. Tout d’abord, il est trop tard pour conquérir le pouvoir par les urnes et la démocratie parlementaire (2). Il faut faire le pari suivant (risqué comme tout pari, mais c’est la seule chance, en ces temps crépusculaires) : nous allons, dans les 10-15 ans à venir vers une crise majeure (“chaos”) qui prendra la forme d’un conflit ethnique de grande ampleur sur fond probable de paupérisation économique ; ce qui pourrait faire basculer les mentalités des masses, aujourd’hui gavées comme des oies et sous perfusion mass-médiatique néo-totalitaire.

Il s’agit donc de prévoir l’après-chaos” et de se préparer à la tempête en constituant un tel réseau européen horizontal, en étoile, informel, polymorphe, regroupant et formant des minorités actives et révolutionnaires ; un réseau de solidarité, une internationale européenne de résistance et de formation. “Le Réseau” ne doit prendre aucune dénomination ni aucune forme institutionnelle. C’est ce que j’ai appelé la stratégie du cobra. Doivent alors se connecter, de manière souterraine mais inébranlable, du Portugal à la Russie, cadres ou élus des partis politiques, associations et cercles de toutes natures, individus, éditeurs, entreprises, financiers, internautes, médias, etc. Avec trois objectifs: agit-prop tous azimuts, formation et recrutement, prise de poids médiatique. Bref, le programme d’une école de préparation à l’affrontement inévitable. Il s’agit, dans les dix ou quinze ans à venir, d’être prêts et puissants le jour où se lèvera l’ouragan, cet ouragan qui est notre seule chance, le seul levier du basculement. D’autre part, cessons de penser que “le système est d’une force invincible”. Il n’est fort que de notre faiblesse et de notre désorganisation actuelles. En troisième lieu, il faut délaisser ce culte psychopatique de la défaite, du “dernier carré”, de la manie persécutoire. Ne gagnent que ceux qui sont des optimistes tragiques qui se pensent comme le “premier carré”.

Lorsqu’un tel réseau existera, il sera temps de passer à l’étape suivante (directement politique) qu’il est impossible de programmer aujourd’hui. Commençons donc par le construire avec patience, détermination et professionnalisme. Et débarrassons nos rangs des incapables, des médiocres, des exaltés et des déséquilibrés. Car un tel réseau, uni autour d’une doctrine claire et commune, doit aussi et surtout constituer une rigoureuse élite. De la Résistance à la Reconquête, de la Reconquête à la Révolution.