La dictature du bien-être

Guillaume Faye, revue Éléments n°28-29, mars 1979.

Aldous Huxley pensait avoir fait œuvre de fiction en situant son Brave new world au 3e millénaire. Il est mort en constatant que la société sans souffrances et sans besoins insatisfaits était en passe de devenir la triste réalité de notre temps et que, comme dans son Brave new world, tout individu libre ou faisant preuve de quelque pensée originale était déjà considéré comme malfaisant par des masses conditionnées par ce que le socio-anthropologue Arnold Gehlen a appelé la dictature du bien-être. Car la religion du bien-être est bel et bien devenue dictature.

Cette volonté, partout affirmée, de satisfaire les désirs matériels et la soif de consommation des hommes de notre temps n’est du reste pas choquante en soi : elle est intrinsèquement liée à l’existence même de la fonction de production telle que la connaissent les sociétés d’origine indo-européenne. Mais dans le système de tripartition du monde indo-européen, tel que l’a dégagé Georges Dumézil, la fonction de production demeure impérativement subordonnée à la fonction guerrière et, surtout, à la fonction de souveraineté. Or le drame est que nous assistons à une inversion de ce rapport de subordination, que la société entière se trouve dominée par ces exigences consuméristes, et que l’économie s’est investie du pouvoir de résoudre tous les problèmes humains.

En réduisant tous les facteurs sociaux à l’économie, la société marchande fait de celle-ci l’instrument d’un développement global, motivé par une fausse conception du bonheur, mélange illusoire d’abondance matérielle et de loisirs plus ou moins organisés. Ce qui laisse croire qu’il n’existe que des besoins et des désirs matériels, que ceux-ci ne sont qu’individuels, toujours quantitatifs et toujours susceptibles d’être comblés. Certains patrons n’hésitent d’ailleurs pas affirmer que “l’entreprise fait le monde”. Pour Entreprise et progrès, qui se veut le “poil à gratter” du CNPF [NB : ancêtre du MEDEF], les mutations de l’entreprise déterminent les mutations sociales, l’entreprise est le phénomène directeur de la société, phénomène auquel les Français auraient toutefois quelque peine à s’adapter en raison de leurs “tares culturelles” (sic).

Le pire est sans doute que la plupart des gens se laissent prendre à l’apparente générosité de ce totalitarisme économique. Les arguments de bon sens ne manquent pas. Valéry Giscard d’Estaing écrit : “Seules les économies de marché sont réellement au service du consommateur. Si on laisse de côté les idéologies pour ne considérer que les faits, force est de constater celui-ci : les systèmes économiques dont la régulation est assurée par une planification centrale offrent aux consommateurs des satisfactions incomparablement moins grandes en quantité et en qualité que ceux qui reposent sur le libre jeu du marché”. Mais au nom de la liberté individuelle d’accéder à la consommation de masse, ce totalitarisme diffuse un individualisme forcené – l’hypersubjectivisme dont parle Arnold Gehlen – qui décompose les groupes humains en détruisant les liens sociaux et organiques de leurs membres, en interdisant tout projet collectif, historique ou national.

Pourtant, à force de promettre le bonheur pour tous et tout de suite, le libéralisme marchand finit par engendrer des espoirs déçus et une ambiance d’insatisfaction collective. Le mythe égalitaire du bonheur obligatoire s’est ici couplé avec celui de la progression indéfinie du niveau de vie individuel, quelle que soit la prospérité des circuits économiques. Paradoxalement, chaque accroissement quantitatif de ce niveau de vie renforce l’insatisfaction psychologique qu’il était censé éliminer, provoquant dans le corps social une dépendance quasi physiologique à l’égard des désirs économiques, avec les multiples conséquences pathologiques qui en découlent. “La fausse libération du bien-être, écrit Pasolini, a créé une situation tout aussi folle et peut-être davantage que celle du temps de la pauvreté” (Écrits corsaires).

L’attente d’un progrès automatique et mécaniquement acquis rend les hommes esclaves du système et les dispense de faire preuve d’imagination et de volonté. La dictature du bien-être use les sensations et finit par user l’homme. Konrad Lorenz écrit : “Dans un passé lointain, les sages de l’humanité avaient déjà reconnu fort justement qu’il n’était pas bon pour l’homme de parvenir trop bien à son aspiration instinctive à atteindre au plaisir et à se soustraire à la peine”. Émoussé par l’habitude, le plaisir exige alors une surenchère permanente et entraîne à la perversion. Les consommateurs modernes veulent impatiemment avoir tout et tout de suite, mais cette hypersensibilité à la privation les rend en réalité incapables de goûter les joies de l’acquisition. Konrad Lorenz précise encore : “Le plaisir n’est que l’acte du consommateur. La joie est le plaisir de l’acte créateur”.
Arnold Gehlen a nommé pléonexie cette aliénation psychologique par laquelle la satisfaction d’une revendication égalitaire provoque un surcroît de désir égalitaire. Et il a nommé néophilie cette incapacité profonde des mentalités soumises à l’esprit marchand à se satisfaire d’une situation acquise. Ce qui conduit le système à entretenir un état de rebellion permanent, d’autant plus vif que cette insatisfaction paraît toujours plus insupportable. C’est une spirale sans fin. La hausse indéfinie du niveau de vie, promise et revendiquée dans n’importe quelle conjoncture, est un facteur de crise, tant et si bien qu’à la limite, cette dictature du bien-être menace le système même qui l’a engendrée tout en aliénant toujours plus profondément ses sujets.
Asservis au mythe égalitaire du bien-être, les consommateurs sont en effet en voie de domestication rapide. L’éthologie nous a enseigné l’histoire du Sacculina carcini, ce crabe d’apparence normale qui, dès qu’il se fixe en parasite sur un autre crabe, perd ses yeux, ses pattes et ses articulations pour devenir une créature en forme de sac – ou de champignon – dont les tentacules souples plongent dans le corps de l’animal parasité. “Horrible dégénérescence”, s’écrit Konrad Lorenz qui ne peut s’empêcher d’observer déjà des “phénomènes de domestication corporelle chez l’homme”. Ainsi l’humanité s’est-elle engagée dans une voie qui la laisse survivre mais qui la prive de sensibilité, vers une sorte de Brave new world peuplé de parasites “vulgarisés”…
Cet asservissement mental aux bienfaits illusoires du progrès continu fabrique, selon Raymond Ruyer, des peuples courts-vivants. Repliés dans leur cocon douillet et préservés du monde extérieur, ces peuples s’accrochent à des valeurs à court terme et se contentent d’actes aux conséquences immédiatement et directement mesurables ou quantifiables, exprimées en valeurs économiques convenues. Ce qui conduit nos hommes d’État à se définir comme “de bons gestionnaires de l’affaire France”, assimilant ainsi le pays à une sorte de “société anonyme par actions-bulletins de vote”.

L’individu court-vivant n’envisage plus son héritage et son après-mort : sa descendance et sa lignée deviennent pour lui des concepts incompréhensibles. Il gère au jour le jour son destin étroit et limité, se contentant de rendre des comptes sur ses activités aux gestionnaires placés plus haut que lui. Il navigue à vue, calculant même – grâce aux nouveaux économistes à qui rien n’est impossible – le prix de son enfant jusqu’à sa majorité. L’affection, non mesurable, est ainsi remplacée par des liens contractuels.

Dans le Manifeste du Parti Communiste (1848), Karl Marx écrit : “La bourgeoisie a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité à quatre sous dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange et, à la place des libertés si chèrement acquises, elle a substitué l’unique et impitoyable liberté du commerce (…) Elle force toutes les nations à adopter le style de production de la bourgeoisie, même si elles ne veulent pas y venir. Elle les force à introduire chez elles la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle forme le monde à son image”.

Comment mieux décrire les effets destructeurs, pour les cultures, de l’esprit marchand propagé par la bourgeoisie ? Ces cultures se trouvent ainsi réduites à de simples comportements de consommation et le seul langage admis est celui du pouvoir d’achat, potentiellement égal chez tous les peuples et sur toute la Terre. Cette volonté de diffusion d’un seul mode de vie menace à terme la richesse culturelle de l’humanité. De même que pour les marchands classiques, les frontières et les mœurs variées constituaient des obstacles intolérables, pour la société marchande, les différences ethniques, culturelles, nationales, sociales et même personnelles, doivent être inexorablement résolues. Le rêve universaliste d’un vaste et homogène marché mondial de la consommation annonce l’avènement de l’homo œconomicus.

Dépassant ainsi largement sa fonction de satisfaction des besoins matériels essentiels, l’économie est devenue le fondement même de la nouvelle “culture” universelle. Cette mutation a réduit l’homme à n’être plus que ce qu’il achète : pour employer un mot à la mode, il s’est réifié. Et Valéry Giscard d’Estaing de définir en ces termes son projet politique : “Promouvoir une immense classe moyenne de consommateurs”. Dictature du bien-être ? Dès 1927, Drieu La Rochelle nous mettait en garde : “L’étouffement des désirs par la satisfaction des besoins, telle est l’économie sordide, découlant des facilités dont nous accablent les machines, qui viendra à bout de nos races. L’abondance de l’épicerie tue les passions. Bourrée de conserves, il se fait dans la bouche de l’homme une mauvaise chimie qui corrompt les vocables. Plus de religions, plus d’arts, plus de langages. Assommé, l’homme n’exprime plus rien” (Le Jeune Européen).

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Dioses y titanes: Entrevista con Guillaume Faye sobre el paganismo

Christopher Gérard, director de la publicación sobre paganismo Antaios entrevista a Guillaume Faye.

Antaios: – ¿Como se definiría Ud., Sr. Faye?

Guillaume Faye: – Yo no me permito ninguna etiqueta. En cualquier evento soy multidimensional, no tengo ninguna especialización, soy “politeísta” en mi propia vida. Aunque tengo diplomas en ciencias políticas — licenciatura en historia y geografía, doctorado en ciencias políticas — nunca he percibido esos diplomas ni los he usado con el objetivo de ascender en la sociedad burguesa o entre la intelligentsia oficial. Fui vendedor de coches, hice numerosos guiones para la radio y la televisión, he escrito libros y artículos sobre numerosos tópicos, desde los muy serios hasta los mas frívolos.. Trabaje en el mundo de la publicidad, en la gran prensa y ahora escribo libros, doy conferencias a largo y ancho de Europa y recientemente empece a publicar el boletín “J’ai tout compris!!” (todo lo que entiendo), cuyo éxito me congratula.

Varias generaciones de mis ancestros vivieron en las regiones galas de Charente y Limousin, donde las tradiciones celtas y romanas se combinaron exitosamente. Ellos me educaron en el espíritu del nacionalismo francés y del bonapartismo, pero el resultado fue paradójico: me convertí en un patriota europeo. El medio, donde crecí, es el medio de la burguesía parisina importante. Lo conocí muy bien pero nunca compartí sus ideales conformistas y materialistas ni tampoco lo envidie porque el estilo de vida que me proponía, nunca me intereso.

A: – ¿Como ha sido su formación intelectual?

G.F.: – No me gusta la palabra “intelecttual”. Déjame hacer una observación al respecto. Yo siempre he considerado que los intelectuales tienen la misma relación con el intelecto que el onanismo tiene con el amor. “Intelectuales” son aquellas personas de tipo narcisista, herederos de los teólogos bizantinos, que buscan refugio en el plano de las ideas limpias (pero también en un 95% falsas), y que gastan su vida en vano y fuerzan a otros a hacer lo mismo. No olvidemos que esa palabra, que apareció en la década de los 90 del siglo XIX, inicialmente tenia un sentido despectivo y designaba a la clase de los profesores, panfletistas y periodistas, para quienes los dogmas ideológicos estaban por encima de la realidad. No hay nada menos pagano que los “intelectuales”, porque personifican la ruptura mortal entre el intelecto y el alma viviente.

Nietzsche fue el primero en despertarme espiritualmente, con libros como “la Gaia ciencia” y “El Anticristo.” Los leí gracias a mi profesor de filosofía, cuando estudiaba con los Jesuitas en París. Esta corporación religiosa me dio solo una enseñanza cristiana formal, ya que estaba mas interesada en el humanismo grecolatino de la antigüedad. Así, aunque parezca paradójico, las dos fuentes de mi paganismo, Nietzsche y la cultura grecolatina, llegaron a mi gracias a los Jesuitas.

Yo aprendí de forma autónoma durante mucho tiempo y obtuve una formación muy electica, que incluye el conocimiento de lenguajes antiguos, ciencias políticas, historia, geografía, filosofía y economía. Esto me permitió evitar la especialización y permanecer un “conocedor de todo”. También me influencio el método marxista de pensamiento, aunque no las ideas ni la utopía marxista. Mi cosmovisión fue formada por diferentes influencias, solo en pequeño grado francesa. Descartes, Montesquieu, Bergson y otros nunca me han influenciado como, por ejemplo, Charles Maurras. Los filósofos alemanes y anglosajones me han interesado mas: Nietzsche, Hegel, Heidegger, Simmel, Tönnies, Schmitt, Spencer, C. Lasch, etc. Sin embargo, nunca he confiado en los científicos, ni en los autores de un solo libro, ni en los compiladores. No pertenezco a ninguna secta teórica o ideológica y siempre he intentado pensar independientemente.

Pero, en el fondo, influyeron en mi no tanto en el sentido literal, sino en mi vida. No tengo “maitres a penser” ni soy aficionado a las citas, ni mucho menos soy “un intelectual de los cromos”, esa manía típica de las personas autodidactas. No colecciono los libros como otros hacen con los soldados de plomo o las estampillas del correo. Prefiero reflexionar independientemente, crear nuevos conceptos, en la base de la realidad cotidiana y en mi intuición, excitada por la lectura (muy personal e iconoclasta) de un autor u otro, por cualquier conversación, observación, o comunicación en la prensa. Pienso intuitivamente, por iluminación, pero no pertenezco a ninguna “escuela ideológica” o corriente. En mi biblioteca solo hay 100 libros, los mas importantes, porque los otros los regale o vendí.

Han tenido una influencia importante en mi los etologos, economistas, sociólogos y filósofos alemanes, la Escuela de Francfort, Habermas y autores diversos como Koestler, Heidegger, Spencer, Audrey. A diferencia de los americanos francófilos, siempre he considerado insuficiente a la escuela estructuralista francesa (Lacan, Foucault y otros). Entre los franceses que admiro están autores como Julien Freund, Mafessoli, Henry Lefebvre, Deleuze y Guy Debort. En un tiempo participe en el movimiento situacionalista, que me intereso por la fuerza de su critica de la sociedad occidental. Luego, ingrese en los años 70 en el grupo GRECE y en el movimiento de la “Nueva Derecha”, al que di importantes contribuciones. Pero me aleje de ese movimiento en 1986, porque sentí que las ideas, que yo desarrolle dentro de su marco, dejaron de coincidir con las tendencias de sus lideres. Pero allí conocí a personas como el filosofo Giorgio Locchi, el historiador Pierre Vial, Pierre Krebs, el politologo Robert Steuckers y otros, que me ofrecieron nuevos caminos cuando abandone esa familia ideológica.

A: – ¿Como ha sido su camino espiritual?

G.F.: – En mi paganismo no hay nada espirituaalista o místico, es carnal, viviente, diría que incluso es poético y totalmente personal. Mi camino no es “espiritual”, es puramente emocional. La riqueza del paganismo, que no posee ninguna otra “religión”, es que permite una variedad de posibilidades en la actitud frente a lo sagrado: hay un paganismo del bosque, un paganismo de las ranas y un paganismo de las deidades del fuego solar, un paganismo de la primavera y las ninfas, y un paganismo de las batallas, también hay un paganismo de las hadas y un paganismo de los reactores, hay un paganismo de los grandes dioses patrones y un paganismo de los espíritus del hogar domestico. El genio del paganismo es que nos acerca a un espacio orgánico donde todas las pasiones humanas se subliman. El paganismo es el reflejo del cosmos viviente.

Nunca me atrajeron los textos esotéricos ni los impulsos o razonamientos místicos sobre el simbolismo. Para mi el paganismo, es en primer lugar, poesía, estética, entusiasmo e intuición, mas no teoría, ni secta o instrumento alguno.

Me siento mas cercano al paganismo griego y romano. Esto es producto de los diez años en los que aprendí griego y latín para leer los textos de Ovidio o Xenophon y entenderlos. Por supuesto, también me agrada la actitud de los paganos célticos, germánicos, escandinavos e hindúes. Es una lastima que yo conozca tan poco del Hinduismo, el paganismo contemporáneo mas importante, pero espero superar ese obstáculo.

Recuerdo el juramento de Delfos, enunciado en este lugar sagrado, a comienzos de los años 80, en la mañana, en el aeropago de los jóvenes europeos. Fue creado por iniciativa de Pierre Vial y nuestro amigo fallecido Jason Hadgidinas. Habían europeos de todos los países presentes. He permanecido fiel a este juramento durante toda mi vida. Fue una fuerte experiencia religiosa. Acciones concretas en el mundo en el nombre de los valores paganos es el objetivo principal de este juramento.

La “espiritualidad” incorpórea siempre me pareció extremadamente vacía quizás porque nunca la entendí. De Evola solo yo tomo sus teorías políticas y sociológicas, porque el “evolianismo” siempre lo he considerado inaceptable, y los textos de Güenon (quien se convirtió al Islam) son completamente absurdos. Mi paganismo, apolineo y dionisiaco — en su esencia, no esta basado en meditaciones, es intuitivo, acepta el movimiento, la acción, la belleza de la fuerza (mas no de la oración). Para mi es la misma esencia de la fuerza vital, de la voluntad de vivir. La historia proporciona la memoria sobre los actos, y no es la contemplación abstracta ni teorías inútiles condenadas a muerte. Solo la acción es efectiva y es el único motor tanto del pensamiento como de las tendencias estéticas del alma.

La principal amenaza que pesa sobre el paganismo, es el intelectualismo, el dominio de la idea abstracta y árida desligada de la vida y de sus necesidades. El paganismo no es una tesis científica ni un conocimiento frío, sino una actitud frente la acción en esta vida, una praxis. Lo que es importante no son las palabras ni la idea, sino esas acciones concretas, que nos llevan a esas ideas y palabras. La idea, en si misma, no es interesante, sino el hecho de que haga posible cambiar la situación y personificar cierto proyecto de vida. Este es el enfoque de la epistemología pagana frente a la judeocristiana, para la cual la idea es valorable por si misma, y lo material y real es relegado a un segundo lugar. Siempre me impresiono el hecho de que en el paganismo grecolatino, germánico y céltico nunca hubo nada contemplativo, sino que fue en su mas alto nivel activo y marcial.

Muchos judeocristianos piensan en forma bíblica que la voluntad de poder es un pecado contra Dios y que, según el estudio de los padres de la iglesia, solo hay un solo poder aceptable “el reino desmaterializado que gobierna dentro de cada uno.” Esta visión es característica de los dualistas ontológicos: por un lado lo “espiritual”, reverado frente al “absurdo” de una autoridad terrenal. Pero, a diferencia, yo considero que el materialismo y el sentido de lo que el revela esta íntimamente conectado en el paganismo, si, por supuesto, le damos un significado distinto al “materialismo” del usual.

Otra cosa bastante extraña que me hizo “pagano” en la tierna infancia, cuando aún no entendía, era esa gran admiración que sentía por la naturaleza salvaje: por el bosque, el mar y las montañas. Historia curiosa: en la adolescencia amaba recorrer a pie uno de los mas bellos escenarios naturales de Europa, el bosque de La Coubre en mi tierra natal, Charente, y ver la masa de arboles de pino y robles, torcidos por el viento. Mientras mas me acercaba a la costa del océano Atlántico, mas apreciaba claramente la fuerza de Helios. Entonces alcanzaba las dunas, donde finalizaba la fila de arboles de pino, sintiendo las ráfagas del viento, lo que me abría a la sublimidad de Poseidon: lo salvaje, que amenaza indiferente al lloriqueo humano. Enormes olas se agitaban contra la costa, Yo formaba vórtices, y tableros frente a la inscripción de pie en la tira interminable de arena blanca: “se prohibe bañarse.” Siempre me capturo este lado salvaje y peligroso de la naturaleza, amenazador, representante de la fuerza de los dioses.

Pero esta paz pagana también la siento frente a las ciudades colosales y la arquitectura monumental, que armónicamente combinan el poder y la belleza: Versalles, Estrasburgo y las catedrales góticas, la escuela alemana de arquitectura, la escuela de Chicago, el neoclasicismo de los años 30, la belleza de los submarinos nucleares y la aviación militar y así sucesivamente, esa celebración del poder y el orden, que emana de la naturaleza y del hombre, determinó mi paganismo personal. La razón de mis acciones nunca fueron el racionalismo abstracto ni el estasis místico, sino siempre la sensación directa. Un amigo cristiano me acuso de “soñador pagano.” Estaba en lo cierto, pero desconociendo que el sueño personal es el medio por el cual los dioses envían sus mensajes. Los dioses hace tiempo que inventaron el Internet.

A: – Así, siendo pagano, sensible a las señales, un sismógrafo viviente. ¿Que significa el paganismo para Ud. hoy?

G.F.: – Mi paganismo es positivo, no es una rreacción a algo. No es anticristiano, es a-cristiano y pos-cristiano. No lo practico con un calculo detrás. El paganismo precedió al cristianismo y permanece en los corazones de los europeos. Estoy sólidamente convencido del hecho de que el paganismo es eterno. Como escribiste en tu libro “Orientaciones paganas” (autor: Christopher Gérard), el paganismo esta organizado en tres ejes: la conexión entre las generaciones y la conexión con su tierra, la naturaleza y sus ciclos eternos y una “búsqueda”, que puede consistir tanto de búsquedas en la esfera de lo invisible (Piteas, Alexander, la escuela pitagórica, etc) y aventuras sin un plan determinado. Es en ese sentido que el paganismo es la mas antigua y la religión mas natural del mundo. Esta profundamente integrada en el alma europea. A diferencia del monoteísmo, es posible decir que es la mas autentica de las religiones, porque “liga” al pueblo con el mundo real y concreto, en contraste con el Cristianismo o el Islam, las religiones normativas, que consisten de mandamientos universales obligatorios que deben seguir los individuos atomizados para “comprar” la salvación de parte del Dios omnipotente.

Otras características remarcables del paganismo son la unidad de lo sagrado y lo profano, el concepto cíclico o esférico del tiempo (frente a la escatología de la salvación o el progreso, donde el tiempo tiene un propósito que es la salvación fuera de un mundo que es considerado degradado), el rechazo a considerar a la naturaleza como propiedad privada del hombre, que puede explotarla y destruirla de forma arbitraria; la alternación de la sensualidad y la estética, una apología constante de la fuerza vital (“si a la vida” de Nietzsche); la idea según la cual el mundo no es creado, sino que es un cambio constante, sin principio ni final; el sentido trágico de la vida y el rechazo de todo nihilismo; el culto a los ancestros, la sucesión de las generaciones, la fidelidad a los amigos, a los familiares y a las tradiciones (lo que no implica un tradicionalismo de museo), el arraigo en una patria, y el rechazo de cualquier revelación universal y por ende de cualquier universalismo, fanatismo, fatalismo, dogmatismo y proselitismo forzado. Y agregare que el paganismo reconcilia constantemente a los opuestos en una unidad armoniosa, alejada de cualquier uniformidad.

También yo sostengo que la ética pagana, por ejemplo, aquella de Aurelio, impone demandas mas altas que la cristiana. El paganismo que yo suscribo, el grecolatino, requiere del hombre autodisciplina, respeto por las normas publicas y el orden vital, normas que no son impuestas por un dios omnipotente ni que deben ser seguidas para recibir recompensas de este, sino que nacen desde dentro y son aceptadas psicológicamente como “responsabilidades” necesarias.

Los dioses de los panteones paganos no son moralmente superiores al resto de las personas. Ellos simplemente son seres inmortales. Son “supra-hombres”, que han ido mas allá del hombre común. En el paganismo los hombres no se arrodillan frente a la deidad como ocurre en el monoteísmo bíblico. En la “Iliada” los dioses luchan en uno u otro bando y comparten las mismas deficiencias humanas, especialmente las pasiones del pueblo.

He sido influido por dos versiones opuestas pero complementarias del paganismo: el paganismo de la naturaleza y el paganismo de la fuerza. Mi paganismo como correctamente remarco mi amigo Michel Maffesolli, luego de leer mi libro “Arqueofuturismo”, es prometeíco, es decir que rompe con los limites de lo permitido. Alain de Benoist llamo mi visión “titánica”, usando las categorías filosóficas de Ernst Jünger. Yo no disputo este análisis a pesar del hecho de que Alain de Benoist, quien se ha declarado pagano, ha permanecido parcialmente judeocristiano (en la versión agnóstica contemporánea): en su ideología, actitud e intereses.

Europa nunca ha dejado de estar bajo la influencia del subconsciente pagano, como evidencia la mayoría de la poesía y el arte europeo. Las obras poéticas puramente cristianas no impresionan, pero el arte católico esta marcado por la huella del paganismo. ¿Como se explicaría esa constante representación de la fuerza de Dios en las obras artísticas, pese a los mandamientos iconoclastas del monoteísmo bíblico? Siempre me irrito en el Cristianismo actual, especialmente luego del Concilio Vaticano II (que ya no tiene nada en común con el cristianismo de la época de las cruzadas) su preferencia por la debilidad, el victimismo, por los conquistados, que el orgullo haya sido declarado pecado, que la sensualidad, incluso aquella moderada, fuera también condenada. La lectura de Nietzsche, pero sobretodo, la observación de los sacerdotes contemporáneos y sus fieles, me convencieron de la naturaleza poco saludable e innatural de la moral cristiana, la moral del enfermo, la racionalización de la desesperación. Esa idea del sufrimiento no tiene nada en común con la idea pagana de la muerte heroica, es mas afín con el odio de la vida. Por consiguiente, para mi es inaceptable la idea del pecado original, que también nos hace responsables de los sufrimientos de Cristo. Mas que otra religión, el paganismo garantiza simultáneamente tanto el pluralismo y el orden, el pluralismo de creencias y actitudes. Esta basado en la lógica del “a cada cual”, mas no en la quimera del ecumenismo caótico. Su modelo social esta ligado a los conceptos de validez, orden y libertad, lo que al mismo tiempo le hace basarse en la disciplina. Procede del principio de que la humanidad es diversa y que su destino no esta escrito, que la historia es impredecible y esta en una formación sin fin. Asume la existencia de una humanidad plural, que consiste de pueblos diferentes, frente al uniformismo de los monoteísmos, y su política es la afirmación de la pluralidad de las polis, sacralizada por las deidades, que también son guardianes de su respectiva polis. La visión orgánica pagana del cosmos considera que los pueblos son comunidades de destino. Como observamos en el ejemplo del paganismo griego, el concepto de la polis, solidificado en el patriotismo y la consciencia de su particularidad (que es un reflejo de la variedad de los dioses y la naturaleza), es fundamental en el paganismo, donde los dioses patrones de cada estado tienen un aspecto claramente político.

Además del paganismo apolineo-dionisiaco, tengo una tendencia hacia lo que es posible llamar “titanismo” (con momentos fausticos y prometeicos), basado en la estética y la ética de la fuerza, en la idealización del suprahombre (así el Arqueofuturismo rechaza cualquier relación con el mundo del “presente”), porque en el mito contra Heracles y en la Iliada — expresiones explícitas de este titanismo — los héroes son elevados al nivel de los dioses. Recordemos que Aquiles y Agamenon, personajes de la mitología y tragedia griegas, superhombres, intentaron al alcanzar una naturaleza divina.

Para mi — se que esto asombrara a algunos paganos — el paganismo esta ligado no solo a la estética de la “naturaleza terrible”, con la visión de las deidades como esencias con una cierta pizca de crueldad y de salvajismo vindicativo (la caza salvaje, acompañada por la estela de la brujería y las invocaciones, la novela fantástica “El Gran Dios Pan” de Arthur Machen, en la que los dioses antiguos resurgen de nuevo en la Inglaterra moderna para tomar venganza), sino también con el titanismo prometeico de las ciencias y la tecnología (no desde un punto de vista socio-ideologico), que siempre ocupó una parte importante del alma pagana — recordemos a la deidad de Vulcano, ell dios patrón de los herreros. Pero la técnica de poder debe ser distinguida de la técnica orientada hacia el confort, y el europeo siempre intentó inconscientemente competir con la fuerza divina y dominarla. La tradición judeocristiana es explícita en su oposición a tal tendencia: Yahve requiere que el hombre reprima su “orgullo”, que no toque el árbol del conocimiento, que no cree instrumentos, que compiten con una naturaleza perenne, creada por el creador. Por otro lado, recordemos los nombres de los cohetes americanos y los programas espaciales de los tiempos de von Braun: Thor, Atlas, Titán, Júpiter, Delta, Mercurio, Apolo. Ninguno de ellos fueron llamados “Jesús”, “Perdón y amor” o “Biblia”, y esto sucedió en el país donde el cristianismo mas fundamentalista es la religión mayoritaria. El nombre del cohete espacial europeo: Arianne, los de los misiles nucleares franceses: Plutón y Gades, los del ejercito indio: Agni Los buques de guerra británicos: Hermes, Ajax, Hercúles.. Así, hay una cierta conexión espiritual entre la mitología pagana y la “técnica de poder” contemporánea. En las transmisiones de radio y en los tebeos de “Avant-Guerre” yo idealice alegóricamente la ciencia y la tecnología, especialmente la espacial y biológica. El mismo tema suena constantemente en las novelas de ciencia ficción del americano Phillip Dick (pagano explícito), autor fructífero, que es mas conocido en Europa que en su propio país. Constatemos también la oposición constante de las personas de mentalidad cristiana a la ingeniería genética y la biotecnología (como en el pasado se opusieron a las investigaciones medicas): porque les parece una profanación de la creación de Dios.

Solo Dios puede cambiar la naturaleza, no el hombre. Si el hombre quiere cambiarse a si mismo (con la ayuda de la ingeniería genética), él comete el peor de los pecados, un pecado que es producido por “mejorar” lo que fue creado por Dios. El segundo pecado que comete es contra el antropocentrismo. El hombre fue creado para ser diferente del resto de la naturaleza, animales y plantas, que son tomados por simples mecanismos biológicos (sin ningún carácter divino ni sacro). ¿Que sucedería si el hombre se declara su propio creador, comenzando a manipular su vida? Completaría el doble pecado: se pondría al mismo nivel que los animales, negando su alma y origen divino, se sumergiría en el flujo de la evolución biológica, lo que subrayaría su similitud al resto de la vida y lo que seria peor, se consideraría con derecho a intervenir en su propia naturaleza, lo que es propiedad exclusiva de Yaveh: esto seria el pecado de usurpación.

Los monoteísmo dualistas siempre rechazaron esos dos sacrilegios. Empezando con la alegoría sobre el Golem (una creación artificial y demoniaca del hombre) y finalizando con la lucha reciente contra las teorías evolutivas, siempre han negado el derecho del hombre a convertirse en demiurgo. Siempre han visto en él una criatura subordinada. Esa idea es inaceptable para el pagano: su naturaleza no es creación del espíritu santo. No fue creada ni es buena todo el tiempo. El hombre esta sumergido en un flujo de cambios sin fin. No hay oposición entre lo “natural” y lo “artificial” en el hombre, porque todo es natural, incluso la “super-naturaleza” artificial, creada con ciencia humana, que es también naturaleza. Para el pagano la cuestión consiste en que sí una u otra creación artificial (especialmente biológica) es útil o dañina, no condena lo artificial a priori. Por consiguiente, el ecologismo radical es judeocristiano en esencia.

Así la pregunta ¿son éticos la clonación, las incubadoras, los organismos genéticamente modificados y la tecnología nuclear? generada por la consciencia monoteísta, debe ser sustituida por otra, mas practica y cercana a la realidad: “¿Será detrimetral o útil este o aquel cambio en la estructura o en el material del genoma?” La mentalidad pagana esta mas allá de toda metafísica, permanece “física” simplemente porque esta convencida de que nada será capaz de privar a la naturaleza de su carácter sagrado. En el libro “Arqueofuturismo”, intento mostrar que la mentalidad judeocristiana e islámica no será capaz de aceptar la biotecnología (que con los nuevos medios informáticos causara cataclismos en el siglo XXI) ni la ciencia y la tecnología del futuro, con su esencia prometeica-titanica. Solo la mentalidad pagana puede enfrentarse exitosamente a los desafíos de esa fuerza. Por ultimo, es significativo resaltar que hay tres esferas culturales, no tocadas por el monoteísmo, es decir India, Japón y China, donde la ingeniería genética es considerada como completamente natural.

Diré en el lenguaje simbólico de los profetas que hay un “sol negro” del paganismo, su centro subterráneo incandescente – que Heidegger llamo “el mas peligroso”, es decir la esencia trágica del destino. La ciencia y la tecnología en combinación con la voluntad de potencia, la sinergia de la estética y la afirmación propia, el intento de devenir dios — todo esto que es parte de ese universo espiritual, que no puede ser definido claramente y que debe permanecer en las sombras – en “una oscuridad benéfica” como diría Ovidio. Este aspecto demiurgico es inherente en el paganismo europeo. Esos carbones están calientes y en cualquier momento pueden convertirse en volcán. Esto es expresado con gran fuerza en la novela “esfera dorada”, que me produjo gran impresión. Esos presentimientos intuitivos fueron expresados en la transmisión de ciencia ficción “Avant-Guerre” en la radio. Las ilustraciones respectivas fueron realizadas por el artista Oliver Carré. Los textos fueron preservados, e indudablemente serán algún día publicados, aunque en otra forma porque podrían ser malinterpretados. Llamamos a esto el retorno de los dioses cambiantes. Hay una familia secreta del paganismo europeo, que se parece a todas las mitologías antiguas, al ciclo arturico, que no revela su naturaleza, su secreto, cuya esencia (“¿Grial?), es, en mi opinión, es inaccesible a la mente, un secreto que Heidegger intuitivamente percibió y le impresiono. Juzgándole por su libro “Senderos del camino”, Heidegger, me parece a mi, que conocía perfectamente que esos senderos conducían a algún lugar. Di esta interpretación poco común en el numero de la revista “Nouvelle école” dedicado al filosofo alemán Heidegger. Heidegger se asusto de su propia clarividencia y ahogó sus presentimientos intuitivos en el silencio. Desde entonces se ha intentado distorsionar y neutralizar sus ideas. Sin embargo ¿a donde conduce el sendero de nuestra historia? A la posible victoria de los titanes y de Prometeo. Se que Zeus se ofenderá, pero yo deseo esa victoria, pese a que en su manifestación ocurrirá una explosión estética, la coronación del demiurgo, y entonces el eterno retorno, del que hablo Nietzsche. Específicamente, Nietzsche asusto a Heidegger, que le entendió muy bien.

A: – ¿Como es la existencia del paganismo en esta época?

G.F.: – En Europa el paganismo, que fue su antigua religión, esta presente en las esferas mas variadas: en la forma de “folklore”, principalmente el paganismo céltico-escandinavo y sus tradiciones, en el panteísmo étnico sin la fe en los dioses personificados; esta presente también en el abandono masivo de la iglesia católica, en la celebración del fin de los ciclos de las temporadas y los solsticios, en el resurgimiento de la fiesta céltica del día de los muertos — estos son buenos ejemplos. También el carácter pagano de la celebración de la Navidad, contra la que la iglesia lucho constantemente, iniciada en el siglo 4 de nuestra era. Después de 1500 años de cristianización de esta celebración del solsticio de invierno es aún el mas importante símbolo del paganismo antiguo, espontaneo y popular.

Debería ser notada también la constancia de motivos claramente paganos inconscientes en las artes, la literatura, la filosofía e incluso en los comics. El paganismo revive no solo nominalmente, sino también como un comportamiento vital y visión del mundo. John Borman, Michel Maffezoli y muchos otros continúan las tradiciones paganas eternas mas que ciertos individuos que se denominan paganos.

En mi opinión, a pesar de la relación explícita entre ambas cosmovisiones, hay una gran diferencia entre el paganismo hindú y el europeo. El primero no conoce interrupciones en su desarrollo histórico y permanece muy cercano a la religiosidad popular de la antigüedad europea, en la India el pueblo cree realmente en el panteón de deidades. En Europa no podemos retornar a esa situación. La cortina de hierro ha caído encima de nuestro paganismo europeo y por consiguiente debe existir bajo las sombras. Durante el interregno, en la víspera de las grandes batallas, el paganismo revivirá para llenar el vacío dejado por la iglesia oficial, la cual ha capitulado. Hoy en Europa estamos a la espera de la generación de un neopaganismo. Pero aún no podemos visualizar su forma ni predecirla.

A: – ¿Como será en el futuro?

G.F.: – En el 2020 Europa será una mezcla caóóttica de religiones y creencias diferentes. Se espera la descomposición completa del cristianismo. La lucha será entonces entre el paganismo y el Islam. ¿La lucha será espiritual o militar? Eso no lo sabemos. El paganismo es la mas seria de las religiones. El poder y la invencibilidad del paganismo se explican por su unión con las fuerzas vitales; por lo tanto es indestructible, no puede desaparecer, a diferencia de los monoteísmos, que son religiones históricas con un principio y un final y ligadas a periodos específicos, esto explica su necesidad de las teorías dogmáticas y su intransigencia. Sin embargo, se excluye la posibilidad de que Europa retorne a los cultos paganos del pasado como sucede en la India de hoy o en la Europa pre-cristiana. Los cultos druidicos contemporáneos (por ejemplo, en Bretaña, Irlanda, Inglaterra, etc.) no solo son minoritarios en la practica, sino que son artificiales, de naturaleza folklorista y superficial, no religiosos realmente. Visualizo la aparición en los próximos 20 años del siguiente marco:

1. El Islam será la religión mas practicada (por razones demográficas y como resultado de la rotación al Islam de los residentes locales), lo cual será catastrófico.

2. A pesar del deterioro de la situación socioeconómica y del incremento de las amenazas (lo que siempre crea un entorno favorable para las religiones monoteístas de la salvación), la iglesia católica será incapaz de expanderse, en tanto que continuara ocupada por el sindicalismo y la política: su decadencia se acelerara al igual que su marginalización. Por lo tanto no pienso que ocurra una “reacción católica masiva” y el resurgimiento del catolicismo en el siglo XXI, como quería Juan Pablo II.

3. Preveo la aparición de muchas sectas o “tribus” (según la expresión de Maffesoli) de sentido cristiano, pequeñas pero que florecerán: tradicionalistas, carismáticas, sincrético-místicas, etc, no reconocidas por el Vaticano.

4. Se espera la propagación lenta pero continua del Budismo a la occidental – un reflejo distorsionado de la religión budista asiática original.

5. En la futura Edad de Hierro veremos el retroceso del ateísmo y de la indiferencia agnóstica, y luego el retorno de una forma atractiva de paganismo, de la cual no podemos decir nada aún. Las religiones que yo llamo salvajes (sin el sentido peyorativo de la palabra), constituidas por la mezcla de elementos malos y muy interesantes, aparecerán, pero solo para formar el terreno en el que el retorno de un paganismo europeo regenerado se asentara. Tales “religiones salvajes” ya existen, pero corresponden a la necesidad de revivir una parte olvidada de la memoria.

Así que pienso que veremos en el siglo XXI la aparición de formas impredecibles de paganismo y la metamorfosis de los dioses. Cualquier cosa será posible en este caos, del cual nacerá un nuevo orden. Por otro lado, no debemos impresionarnos por los hechos (citados por paganos e integristas) que parecen hacer imposible el resurgimiento del paganismo. El paganismo esta diametricamente opuesto al desorden y a la destrucción de las energías vitales que se observa en el Occidente contemporáneo. Su espacio comienza (de la palabra griega “cosmey”, organizar) con la unión de los opuestos aparentes, las fuerzas dionisiacas de la sensualidad y el disfrute y con la necesidad apolinea de control y orden. Todo aquello que dañe la existencia saludable del pueblo, la naturaleza orgánica de la polis o el Estado (en el sentido romano del termino) no puede ser llamado “pagano”. El pagano no debe ser ni puritano ni pansexualista (que como extremismos están muy cercanos unos a otro) ni anárquico ni tirano (el segundo se origina del primero).

El paganismo tampoco puede ser confundido con el dogmatismo intolerante ni con la tolerancia absoluta. Bajo el pretexto de un “paganismo cívico” algunos paganos superficiales aplauden la desintegración de la sociedad en tribus y comunidades, ignorando que todos los autores paganos de la Grecia antigua, comenzado con Aristóteles, con su concepto de filia (amor por los vecinos), siempre alertaron contra la idea de pueblos diferentes conviviendo en el mismo lugar, en tanto que eso crea las circunstancias favorables para la violencia y el despotismo. Pero los monoteísmos, al contrario, protegen la idea del mestizaje para asentarse entre las masas desarraigadas, ya no unidas por la solidaridad etnocultural. Esos paganos corruptos como los obispos contemporáneos saludan el Islam como un “enriquecimiento del ecumenismo” (sin entender la lógica totalitaria y monopolista de la religión de Mahoma) como resultado de una visión abstracta y falsa del futuro, constituido por una pretendida paz politeísta y un mundo conectado en red, sin pueblos y naciones, lo que les hace confesar su tolerancia por las tribus marginales y un cosmopolitismo ilimitado. Este ultimo es completamente ajeno a la visión pagana de la polis y es mas afín al concepto político paulino (pero no judaico) y del judeocristianismo primitivo del “pluriverso”. No olvidemos que el paganismo grecorromano estuvo subordinado a la autoridad jerárquica de los grandes dioses patronos, ligados al Estado o polis y cuyo orden político preferido era el de la comunidad nacional-popular y no la defensa de los derechos y fuerzas centrifugas de algunas “comunidades” alógenas.

Por otro lado, yo rechazo el paganismo puramente negativo, que no es mas que un anti-cristianismo emocional. Yo escribí en el prefacio de un libro dedicado al culto mariano sobre el hecho obvio de que el culto a la madre de Dios tiene su raíz en la mentalidad pre-cristiana europea y que los paganos deben rendirle honor. ¿De que otra manera podría explicarse el enorme éxito del culto a María y los santos en el pueblo? Además, los sacerdotes de la iglesia católica contemporánea (este es el origen de su impopularidad) intentan minimizar esos cultos sospechosos de “politeísmo.” No obstante, mas allá de las diferencias entre el paganismo contemporáneo y el cristianismo, yo sostengo, como el especialista medieval Pierre Vial, que enfatiza en su ultimo libro “Una tierra, un pueblo”, que el paganismo no es anti-cristiano, es a-cristiano y poscristiano. Siguiendo a Nietzsche, él indica que la ruptura entre la cosmovisión judeocristiana y pagana consiste en el hecho de que los cristianos prefieren el martirio al heroísmo, glorifican la fuerza expiatoria del sufrimiento, prefieren el masoquismo, el sentimiento de culpa y arrepentimiento frente a la estética de la vida y la voluntad de poder, la moral del pecado frente a la ética del honor.

Ahora me arriesgo a hacer una predicción histórica en la base de una clara intuición. Puede probarse cierta o ser incorrecta. En la Europa del siglo XXI ocurrirá una marginalización radical del Cristianismo, y un paganismo regenerado se enfrentara con un Islam agresivo. La minoría de católicos se unirá a un campo o a otro. Pero como ha escrito Monterlant en su libro profético poco reconocido “Solsticio de Junio” en la futura guerra de los dioses, retornara el gran dios Pan como el rostro de la consciencia europea, que ha superado las amenazas.

A: – ¿Que piensa del Cristianismo?

G.F.: – En mi opinión, la razón para la victooria del Cristianismo sobre el paganismo europeo fue el caos étnico que sufrió el Imperio Romano a finales del siglo II de nuestra Era. Un Dios único salvador para todas las personas sin importar origen, era muy atractivo para individuos desarraigados, separados de su culturas y desorientados, que se sentían abandonados por sus dioses y por un mundo plagado por desordenes y guerras. Mi posición, que no debería sorprender a nadie, es esta: el Cristianismo y el Islam fueron sectas apocalípticas, que usaron el caos imperante para sustituir a las religiones naturales y devenir cultos oficiales. Tiempo después nacen el catolicismo romano y la ortodoxia greco-eslava como resultado de compromisos históricos y del sincretismo con el paganismo, rompiendo decisivamente con el judeocristianismo de los orígenes, al que la Iglesia Católica después del Concilio Vaticano II desea retornar y que ha provocado el abandono en masa de las iglesias por parte de los europeos.

No soy historiador, pero sostengo la hipótesis de que la gran ruptura histórica no fue tanto la separación entre el Judaísmo en el mas estrecho sentido del termino y el cristianismo universalista de Pablo, sino la paganización del judeocristianismo en la Edad Media (Catolicismo y Ortodoxia) y en consecuencia su diferenciación del judeocristianismo inicial. Esto fue lo que permitió que el cristianismo se afirmase en Europa. La segunda ruptura ocurrió en dirección opuesta en la mitad del siglo XX, cuando el Catolicismo, siguiendo el camino erróneo del protestantismo, comenzó a eliminar su “paganismo” y adquirir una naturaleza laica. Resultado: el abandono masivo de la iglesia no se detuvo sino que se acelero. También, ha ocurrido una rejudaización del catolicismo. Aunque no devino Judaísmo completo — siendo esta una religión positiva enn el sentido de que es nacional, y que no tiene nada en común con el catolicismo humanitario contemporáneo y su difuso concepto del “amor”, predicado con entusiasmo neurótico por sus sacerdotes y creyentes. No tengo nada contra el catolicismo tradicional, que en el fondo es un paganismo enmascarado, pero como religión cometió suicidio con el Vaticano II, cuando rechazo su lenguaje sagrado (latín) y sus rituales.

Después de ser transformado en monoteísmo absoluto, se convirtió en la copia, siendo ya incapaz de luchar contra los originales: el Islam y el Judaísmo. Así, el destino del Cristianismo es dramático. Fue afirmado gracias a la paganización y a la negación de sus principios originales. Entonces, al querer retornar a esos principios (Concilio Vaticano II), ha realizado un segundo sincretismo con las ideas del presente, las ideas del liberalismo, aunque son sus propias ideas en versión laica. La idea de lo divino en la iglesia contemporánea es reducida a encantaciones con el nombre de Cristo y su amor por la moral difusa de la ideología de los derechos humanos, el altruismo abstracto y un pacifismo insostenible…El cristianismo ha devenido ideología, donde ya no hay nada transcendente y solo hay política. Sobre esa transformación ha escrito el pensador católico Thomas Molnar. Ya no es mas la fe de cuando se erigieron las catedrales.

En mi libro arqueofuturismo yo visiono el futuro luego de la reconquista europea en el que catolicismo pagano medieval renace, y donde las elites siguen un neopaganismo con la estampa de Aurelio y Prometeo. ¿El destino nos preparara para esta solución?

En esencia, la mentalidad pagana, a diferencia de la cristiana, corresponde a la actitud de los antiguos paganos hacia sus dioses: los dioses no pueden ser buscados para lograr confort. Los dioses solo respetan el orgullo y la fuerza, no el victimismo. El hombre solo puede ser feliz y saludable con la fuerza de su espíritu y con la afirmación de su voluntad. El pagano no inclina su cabeza ni se arrodilla frente a sus dioses, él los trata de igual a igual y les agradece cuando es correspondido por ellos. El cristianismo desarrollo la teología de la castración, al declararnos a todos llenos de defectos y culpables de pecado original. El pagano conversaba o argumentaba con sus dioses, los monoteístas se humillan y se degradan frente a su Dios.

Por otro lado, el judeocristianismo como el Islam, no pueden resolver un problema sino silenciándolo: si Dios es infinitamente bueno e infinitamente fuerte, ¿Por que permite el sufrimiento y no crea un paraíso en la tierra para todos? ¿Dios no miente? O él es infinitamente bueno, pero permite el mal, porque no es infinitamente fuerte, o es infinitamente fuerte, pero permite el mal porque es cruel. Este es el notorio “problema del mal.” Los teólogos monoteístas de las religiones salvacionistas no pueden resolver este enigma, el cual los filósofos paganos de Grecia y la India resolvieron: la deidad no es totalmente bondadosa ni altruista. Ella como nosotros, esta sumergida en el espacio y esta subordinada al destino. Esta diferencia filosófica prueba, en mi punto de vista, que la mentalidad pagana, mas cercana a la realidad, tiene un futuro mucho mas prometedor en comparación a las otras. Y después de haber dicho esto, repito que experimento una profunda simpatía hacia el catolicismo tradicional y la ortodoxia, porque el pagano discute siempre concretamente y sin fanatismo.

A: – ¿Que indica con el termino de “Arqueofuturismo”?

G.F.: – Este es un neologismo introducido porr mi. En el libro homónimo yo planteo pistas para la reflexión y desarrolló cuatro ideas básicas:

1. Después del periodo utópico del presente (continuación laica de los sueños judeocristianos) el mundo del futuro retornara a los principios arcaicos, mas no paisajistas, sino milenarios que rigieron los destinos de las comunidades y abandonara los valores suicidas del Occidente contemporáneo.

2. La civilización occidental, en tanto que no esta basada en el orden natural, sufrirá la convergencia de catástrofes en todos sus aspectos. Debe esperarse el caos y prepararnos para este periodo de interregno hacia el sistema que le sucederá.

3.Los logros presentes y futuros de la ciencia y la tecnología contradicen la ética cristiana, origen de la ética laica dominante y solo la ética prometeica del rechazo a las prohibiciones, característica de la mentalidad pagana antigua y cercana a la ética del humanismo griego, para la que cualquier ley transcendental no es superior a la voluntad humana, podría asumir sus desafíos.

4. Esta contradicción entre la ley natural y el prometeismo solo podrá ser transcendida rechazando el igualitarismo: la humanidad descenderá a una economía a “dos velocidades”.

Para entender mejor estos conceptos, recomiendo leer mis libros.

A: – ¿Ud también ha publicado un libro polémico sobre la colonización de Europa por el Islam? ¿Que puede decirnos sobre eso?

G.F.: – La supremacía del Islam en el 2002 — por razones demográficas — no es un prospecto del que podamos alegrarnos. Frente al avance del Islam y del ateísmo materialista, la debilidad del cristianismo deriva del hecho de que esta estructurada como religión de la salvación, organizada como estado en torno al clero, dogmas y regulaciones estrictas. Pero cada organización es mortal y con el tiempo cederá frente a una organización política, económica o religiosa contrincante. El cristianismo hoy retrocede frente al Islam en el plano físico y moral. El catolicismo padece un estado de anemia progresiva. Cometió el suicidio teológico en el Concilio Vaticano II, después de rechazar su lenguaje sagrado — el latín, mientras que el Islam no ha rechazado el Arabe.

Por otro lado, el catolicismo cometió el gran error de modernizar tanto los rituales y los textos sagrados como su teología. Esta modernización será fatal. La fuerza del Islam radica en su inmovilidad. A diferencia, el paganismo en comparación con la tendencia monolítica de la religión revelada, personifica el impulso vital, pero no la organización que se manifiesta en la necesidad de un dogma. Su flexibilidad resulta de su escepticismo y realismo. El cristianismo retrocede en Europa frente al Islam, porque su hermano mas fuerte y competidor resiste mejor. El paganismo no interferirá en ese conflicto familiar. Es totalmente diferente. Por consiguiente, en su ataque renovado a Europa el Islam no tendrá mayor enemigo que la mentalidad pagana. Y yo sé que hay algunos paganos que simpatizan con el Islam. Cometen ese error por ignorar lo que el Islam les tiene reservado a ellos en tanto que infieles e idolatras. Mientras que en el orden político islámico los judíos y cristianos pueden vivir ocupando una posición de subordinación (dhimmi), a los paganos no les queda sino la muerte. Es suficiente para convencerse con leer la cuarta sura del Corán, que los imanes predican en todas las mezquitas europeas y estudian en las escuelas islámicas.

Algunos cristianos se sorprenden cuando les explico que los paganos nos oponemos a la transformación de las iglesias en mezquitas. Quiero recalcar que yo no siento odio hacia el Islam. Simplemente como pagano yo rechazo su proyecto político y espiritual para mi pueblo. Le conozco muy bien porque le he estudiado por largo tiempo. Leí el Corán, a diferencia de los intelectuales parisinos, simpatizantes del multiculturalismo. Los musulmanes me han invitado a hablar “contra el Islam”. Ellos estaban fascinados con el hecho de que yo conocía muy bien su deseo de conquistar Europa y convertirla en Dar-al- Islam y que sus discursos sobre el Islam laico y republicano, capaz de una integración armónica, son hipócritas. Ellos siguen las recomendaciones del profeta y se preparan para la conquista de un nuevo territorio (“besa la mano, mientras no la puedas cortar”). Esos musulmanes – árabes y pakistaníes – no refutaron nada. Solo sonrieron y me dijeron: “afortunadamente, pocos europeos nos conocen tanto como tu.”

Sobre la amenaza islámica yo estoy completamente de acuerdo con uno de los mejores expertos contemporáneos de este problema, el joven investigador Alexander del Valle. Él pertenece a ese circulo de cristianos tradicionalistas que entienden que debido a la amenaza mundial del Islam es necesario unirse con las fuerzas paganas de Europa e India. El Islam, ese universalismo marcial, es el mas absolutista de todos los monoteísmos revelados. Es una cosmovisión teocrática, totalitaria en todo el sentido de la palabra, donde la fe se confunde con la ley. Es cierto que apoya algunos buenos valores y se opone correctamente a la decadencia occidental, sin embargo, sigue siendo incompatible con nuestra mentalidad y tradiciones. Yo no tengo nada contra el Islam en su propia tierra, pero su avance continuo en Europa occidental (ya es la segunda religión en Francia y Bélgica) me preocupa mucho.

A: – ¿Que deidades le inspiran?

G.F.: – Cada deidad representa una de las facetas de la naturaleza humana, por lo que no puedo rechazar a Venus-Afrodita o a Mercurio-Hermes, o a los lares, los guardianes del hogar familiar. Sé bien que otros paganos critican mi interpretación prometeica del paganismo. En la actualidad existen dos formas de paganismo que pueden ser combinados: el paganismo popular, que es encontrado en todos los pueblos de la Tierra, excepto en el mundo islámico, que incluye la superstición y que no debe ser rechazado: porque es necesario para el orden social; y el paganismo de los filósofos, que no creen en la existencia objetiva de los dioses, pero que en los días de las dudas mas trágicas reconocen la existencia de “algo” supernatural, que no pueden explicar. Rechaza el materialismo ateo y respeta a todas las religiones de la Tierra como participes de la verdad, aunque rechaza enteramente la idea de la revelación. Según los brahmanes indios y los druidas célticos, hay una fuerza, simultáneamente telúrica y espacial no reconocida por las religiones salvacionistas de la revelación. Esta fuerza no puede ser expresada por el dogma. Esta abierta a la dedicación espontanea de pueblo y la aristocracia. El paganismo esta orientado a los pueblos y las comunidades que son conscientes de su especificidad, y para masas sin raíces e individuos abstractos. Permite tanto la superstición popular como la disciplina espiritual. Combina las creencias mágicas en las deidades animales y del bosque (polo dionisiaco) con la serenidad de Apolo. Todas las deidades me inspiran, pero me atrae especialmente Dionisio, símbolo de la fertilidad y la eternidad de la vida. Este dios sonriente (pero de terrible sonrisa) simboliza la alegría de la vida, la protesta contra los dogmas y el orden fosilizados, es también el dios del disfrute y el de la sucesión de las generaciones y de la continuación de la vida. No por casualidad los cristianos le adscriben algunas de sus características a Satán. Mas que los otros dioses griegos, Dionisio es el que mejor resiste la cosmovisión monoteísta judeocristana que ha hundido nuestra civilización. Nietzsche entiendo esto perfectamente y le hizo su dios principal en su panteón personal. Dionisio también es la figura mas trágica entre todos los dioses: juega, ríe, pero al mismo tiempo se prepara para un fin mortal inevitable. Es, como mostró Pierre Vial, el complemento preciso de Apolo, el dios solar. Reconozco que mi atracción por ese dios fue producida por la gran impresión que me dejo el libro “La sombra de Dionisio” de Michel Maffesoli, en la que me mostró la invencibilidad del dios del vino. Sin embargo, no suscribo las nociones sociológicas de este autor. Sino que me guío por mi intuición y no absolutizó.

Apolo no es olvidado. Uno de los mejores poemas franceses, “Eva” de Paul Valery, se muestra la contradicción y la relación de la sensualidad dionisiaca de una joven muchacha en el momento del despertar matutino (simbolizando la eternidad de una vida, que se renueva pero que es efímera) y la noción majestuosa del sol. Siempre he considerado este poema como uno de los mas paganos en la poesía francesa. Una joven muchacha, desnuda bajo una hoja, despierta como un animal joven y …

desde la altura de los cielos, las personas son alcanzadas por los rayos

el caliente disco solar, juega el papel de sacerdote

se posa en el azul celeste del altar

y el tiempo sigue su trayectoria hasta el final

Dionisio renueva las formas vitales por medio de la metamorfosis, mientras Apolo en su movimiento constante protege y asegura esta metamorfosis. En el par Apolo-Dionisio lo cambiante y lo constante son combinados armoniosamente. Así, para mi el paganismo es en esencia, el culto a la realidad y la vida en todas sus medidas (biológicas, astronómicas, físicas, etc.). A diferencia de las religiones de la salvación, no rechaza el mundo real en beneficio de una ilusión extramundana, sino que asume la tragedia de la vida con sus lados placenteros y amargos.

Regresando a Valery, recomiendo la lectura de su poema musical decasílabo “cementerio marítimo”, que en mi opinión, es el manifestó pagano mas impresionante desde los tiempos romanos. Repito que la base del paganismo es la estética, comenzando con la apolinea y la dionisiaca. El arte, la poesía y la arquitectura de nuestra época, que consideran el canon estético como un obstáculo y frecuentemente justifican con el racionalismo su feísmo, contradicen el espíritu pagano.

Respondiendo a tu pregunta, quiero decir que es necesario visualizar nuevos dioses. La mentalidad épica es una tendencia característica del europeo. “Con los nuevos dioses florecerá nuestro futuro”. Entiendo que mis respuestas podrían incluir algunas contradicciones. Pero no intento la coherencia mecánica. No soy como esos entomólogos científicos que descubren las contradicciones en otros. Toda creación es el resultado de contradicciones.

Jeune Resistance entrevista a Guillaume Faye

Entrevista a Guillaume Faye [Jeune Resistance, N°22]

1.) ¿Cree Ud. que la evolución lógica de la inmigración es una guerra étnica de importancia. ¿No piensa que el sistema sera capaz de administrar la situación durante mas tiempo y de mantenerla limitada a una “guerra étnica de baja intensidad”?

Por supuesto que el sistema es capaz. Pero también puede ser incapaz, como fue incapaz de administrar los primeros flujos migratorios o de evitar la implosión del sistema de Educación nacional. Por otra parte, tenemos en frente un Islam abiertamente conquistador (basta con informarse sobre lo que se predica en las mezquitas y lo que publica la prensa interna musulmána en toda Europa), y una masa importante de alógenos que quieren imponerle, por espíritu de venganza. Por otra parte, vivimos actualmente la transcisión de una situación de fuerte criminalidad a la de una guerra étnica inminente, que no tiene ya solamente un carácter delincuencial sino tambien político. Con una tolerancia increíble de parte de las autoridades hacia los actos de violencia exponenciales de los alógenos.

No es necesario que una explosión se produzca para que se llegue a una guerra civil total, del estilo de la guerra de España. Todo es asunto de rebasar el límite máximo de tolerancia por parte de la población, y éste es muy bajo. Por otra parte, por razones estructurales, creo que ocurrira el desencadenamiento de una crisis económica gigante en Europa en algunos años, sinónimo de un empobrecimiento masivo, a causa del cambio demográfico (envejecimiento): cada vez menos activos y cada vez más pensionistas y personas subvencionadas, incluidos inmigrantes. Es que lo se llama la bancarrota del sistema de Bienestar. Son mis largas conversaciones con Maurice Allais, unico Premio Nobel francés de Economía, lo que me condujo a esta hipótesis. Mientras haya dinero, los desórdenes étnicos, incluso los de fuerte intensidad, no causarán reacciones por parte de los autóctonos. Pero con la conjunción de un empobrecimiento importante y de una guerra civil rampante, los dos fenómenos multiplicándose, existen oportunidades de llegar a lo que Carl Schmitt llamaba el Ernsfall (una situacion de excepcion).

Pero, por supuesto, no soy profeta. Estimo que hay un 50% de oportunidades para una guerra civil étnica de aquí al 2010, que al ser desbordadas las instituciones, el sistema sera incapaz de administrar. Atención, que no debemos sobrestimar al sistema, como ocurre frecuentemente en los medios radicales, actitud en la que hace tiempo tambien caí.

A algunos de mis detractores que me imputan un romanticismo de la catástrofe, les respondo dos cosas: 1.) no es bueno tener una visión irénica y pacificista de la historia, en la cual las catástrofes definitivamente serían rechazadas y manejadas por un sistema neoliberal racional y poderoso. 2.) la futurología puede equivocarse, pero también puede no equivocarse. Vease a aquellos que, en 1910 y en 1938, preveían una Guerra Mundial, los que, a partir de los años 70 anunciaban la caída de la URSS, etc.

2.) ¿Esa misma creencia en una conflagración, una guerra étnica futura, no es desmobilizante? ¿No es una nueva versión de aquellos mitos salvadores”de espera” a los que la derecha nacional es aficionada? ¿Después de haber esperado el golpe de Estado del ejército, el despertar de la mayoría silenciosa, etc vamos esperar “la guerra étnica que nos dará la victoria”?

Esa una objeción clásica, pero no valida. Enunciar probabilidades no es nunca desmobilizador. Lo que es desmobilizador, es el discurso liberal de que todo va bien, todo se administrará, dormid en paz, valiente gente. O el hecho de minimizar las consecuencias de la conjunción catastrófica de nuestra sumersión étnica con la invasión por el islam. Al contrario de intelectuales de derechas que hablaban de abstracciones, yo hablo de cosas bien reales y urgentes, de un incremento objetivo de los peligros que se desarrolla bajo nuestros ojos, de manera rapida. El golpe de Estado del ejército o el despertar de la mayoría silenciosa eran especulaciones fantasmagóricas y abstractas. En cambio, la guerra civil étnica es una posibilidad sociológica extremadamente fuerte, que es predicha y temida por muchos observadores franceses y extranjeros que no tienen nada de derecha. Por otra parte, algunos de sus protagonistas no se ocultan. Hablan abiertamente de la conquista política, religiosa, étnica, etc de Europa. Por otra parte, no he dicho nunca que la guerra étnica nos dará la victoria, ni que yo me alegrara de su ocurrencia. Dije simplemente y escribí (lo que me valió entre otras cosas un juicio, prueba que el sistema no está loco y reprime las verdades) que la guerra étnica era una de las posibles oportunidades para solucionar en caliente un problema que sabemos que no se le puede encontrar una solucion racional y pacífica en frío, porque no hay punto de retorno. En la historia, es en las crisis donde las mentalidades y la creatividad afloran. ¡Por supuesto, no se trata de esperar con alegria y pasivamente esa confrontación (posible pero no determinada), como una especie de milagro salvador! Es necesario simplemente prepararse para lo que tenga lugar, y también para lo que no tenga lugar, es decir, en este caso, para una muy larga resistencia y a una posible reconquista. En los dos casos, mi análisis es movilizador y positivo.

3.) ¿Orienta su denuncia de la inmigración solo contra los árabes musulmanes? ¿Eso quiere decir que considera que algunos inmigrantes son preferibles a otros? ¿Prefiere a un Tamil politéista o a un Ruandés católico que a un Argelino musulmán?

Objetivamente, la inmigración afro-magrebina musulmana es la que da mas problemas. Por otra parte es la más numerosa, y de lejos.

Pero es necesario decir que mi posición es etnicista y sociobiologica. Más allá de ponerme a escojer entre inmigrantes buenos y malos, razono, como lo haría un Indio, un Árabe, un Chino o un Zulú: por principio, rechazo la alteracion del substrato etnico de mi pueblo, en tanto que es la base de la civilización. Se puede revertir una désculturización, pero no una alteración de la base antropológica, corroída por el mestizaje y la colonización demografica ajena. Mi posición se decanta a tres puntos: 1) aprecio a todos alógenos pero No en mi casa. ¡Ellos también razonan igual! 2) Toda inmigración masiva es nociva y peligrosa, para cualquier pueblo, ya que significa a largo plazo la sustitución de una población biológica por otra, lo que se produce bajo nuestros ojos, en las cifras. 3) Concretamente, la más peligrosa inmigración-colonización se refiere también a la más numerosa: la de los magrebíes afromusulmanes, más agresivos y conquistadores. La prioridad queda pues clara. Lo que no quiere decir, que me alegre por la llegada de politeistas o cristianos de otros continentes.

4.) ¿Hacer hincapié en los problemas causados por los inmigrantes no es denunciar los efectos sin denunciar las causas? ¿No piensa que el verdadero responsable de la situación son los que hacen venir a los inmigrantes – es decir, la patronal en su conjunto – más que los propios inmigrantes?

Ese es un argumento que frecuentemente oigo. Tengamos en cuenta que razonamos en tiempos de excepción, lo que no era el caso hace veinte años. Estoy muy de acuerdo en que las causas de la inmigración-colonización deben en primer lugar buscarse entre nosotros mismos. ¿Y entonces? Cuando un barco se hunde, hay dos soluciones: solucionar el problema o hacer una investigación para saber quien o que es responsable del problema; cuando una casa se incendia, podemos o llamar a los bomberos o reflexionar doctamente sobre las causas del incendio. Elijamos. Es necesario combatir a la vez las causas y denunciar los efectos. Al mismo tiempo rellenar los hoyos y reflexionar para que no vuelva a ocurrir.

Pues, yo soy perfectamente partidario de reflexionar sobre las causas de esta colonización de poblacion, lo que no dejo de hacer en mis escritos y mis conferencias. ¡Pero es necesario no equivocarse de causas! He indicado que, desde más de quince años, los nuevos colonos ya no son llamados por la patronal, que ya no son tan explotados como antes, sino subvencionados atraídos por los beneficios que inspiran nuestras leyes sociales y la ideología humanitaria. Es necesario terminar con esa tesis sesgada del inmigrante-víctima, el inmigrante-esclavo, el inmigrante-explotado. Razonemos de manera política como lo hacen todos los pueblos de la Tierra que defienden su suelo y su sangre, y no de manera moralista.

Por otra parte, en esta materia, combatir la causa y el efecto es la misma cosa rigurosamente, lo que me esfuerzo en realizar: ya sea volviendo a dar a los Europeos una conciencia étnica, alejandoles de su patología humanitarista y multiculturalista, de su etnomasoquismo, de su xenofilia, denunciando la complicidad de las élites manipuladoras neotroskistas o neoliberales, es obviamente incitarles a la resistencia y a la reconquista. ¡Ahora bien, es eso lo que no dejo de hacer! Denuncio las verdaderas causas y no las falsas causas y no me dejo impresionar, al contrario de muchos en la derecha, por el mito del inmigrante pobre y explotado. Decididamente, siempre he preferido la frialdad de Maquiavelo a los sollozos de los discípulos de Bernanos… [Escritor moralista cristiano frances de los años 30s, N. del.T]

5.) ¿En sus libros mas recientes denuncia con fuerza la homosexualidad masculina y femenina como componentes de la decadencia del pueblo europeo. Ahora bien, en su libro Sexé et ideologíe publicado por Ed. Le Laberinthe en 1983 Ud. tenia una posición mucho “más abierta” en la que manifestaba, por ejemplo, que prefería a “los gays, las putas y los travestidos” que a los “beatos”. ¿Es que su opinion cambió sobre este punto o fue la evolución del movimiento gay lo que modificó su opinión?

Solo los imbéciles son los que no cambian nunca de opinion, decía Paul Valéry, añadiendo: que solo son esponjas que adhieren ideas. Ahora bien, como no soy necesariamente un imbécil ni una esponja, cambié de opinion sobre ese tema (como sobre el islam, del cual era un simpatizante a principios de los años 80, y del cual ya no soy, respecto a los hechos y a mi conocimiento del tema).

Yo no tengo nada contra los homosexuales, asi como no tengo nada contra los vegetarianos, los coleccionistas de botellas de cerveza o los admiradores de los Ovnis. ¡Simplemente constato que, de normales y legítimas peticiones de tolerancia privada, los homos, por una clase de frustración en tanto que ya no son reprimidos, llegan ahora a la exigir una especie de superioridad moral, derechos públicos a la diferencia y, al final, numerosos privilegios! Es la homofilia obligatoria, sinónimo para mi de la desvirilizacion de una sociedad. El Orgullo Gay es un espectáculo que indica, la existencia no de una sociedad joven y dinámica, sino de una sociedad envejecida y fantasmagorica.

Hay una conjunción objetiva entre la homofilia, el antinatalismo, el etnomasoquismo y el feminismo de los cupos. Lo digo en tanto que estoy muy lejos ser un puritano, ya que hace tiempo trabaje en lo que se llama el genero X.
La homosexualidad es una desviacion, que ridiculiza la ley natural. A este respecto, solo puede tolerarse en la esfera privada, pero no puede serlo en la esfera pública, ni adquirir un estatuto social y/o politico.

6.) ¿La lectura de su libro no debería conducir lógicamente a un gran cambio en las posiciones ideologicas en el movimiento nacionalista inspirado por la ND: Por ejemplo, el abandono del apoyo a la política exterior de tipo gaullista y el regreso a una solidaridad occidental “entre pueblos europeos”?

No tengo totalmente la culpa de eso, pero son necesarias algunas precisiones. En primer lugar, la Nueva Derecha (es decir, el GRECE, esencialmente tres o cuatro intelectuales principales, una revista trimestral y dos publicaciones anuales de escasa tirada) ya no es sino la sombra de lo que era cuando la he dejado en 1986: reduccion de la audiencia y la difusión, hemorragia de cuadros, etc. La única influencia política de la ND fue volver antiamericano al Front National. El movimiento nacionalista no puede inspirarse más en la ND, en la medida en que esta última no deja de despreciarle y criticarle con virulencia (véase a este respecto el último libro de A. de Benoist), y que ultimamente ha desarrollado unas tesis que son objetivamente las de la izquierda hegemonica. Lo que por otra parte en lugar de aumentar su publico lo ha reducido. Ha tomado completamente las posiciones de Le Monde Diplomatique [Importante mensual frances de izquierdas y faro intelectual del movimiento antiglobalizacion, N. del. T], al que admira abiertamente pero que no le vuelve obviamente la cortesía. La ND cometió el error estratégico inevitable de querer volverse presentable a los ojos de los intelectuales del sistema, por medio de una escalada intelectualista. Resultado: ha perdido a sus amigos, no ha dejado de ser diabolizada erroneamente por los mismos de siempre, puesto que sus posiciones no son ya disidentes y su discurso pertenece al de la disidencia intelectual politica tolerada por la ideología hegemónica. Se convirtió en una falsa oposición, una disidencia simulada.

Las tesis actuales de la ND (y que yo compartí antes cuando era uno de sus ideólogos oficiales, pero que he abandonado) son invariables sobre la base de hace 25 años y no corresponden a la realidad actual, ni al paisaje ideológico. Esta ND anticuada analiza mal el mundo presente y futuro, paralizada por las rejillas intelectuales de la modernidad de los años 60, que le fascinan aún. ¡Consiste en mantener todavia bajo distintas formas el imperativo etnopluralista y la creencia (1967) de Mac Luhan en una aldea mundial planetaria, interconectada, en el futuro, con multiculturalismos, localismos, y otras antiguas lunas, mientras que, como yo mostré en el Archéofuturisme el futuro será (y ya es) el regreso de los pueblos, las naciones, de los bloques étnicos, de una geopolitica de fuerza! Dicho esto, elabore una crítica objetiva y no polémica de la ND histórica, que hizo un hermoso trabajo pero que sería necesario sustituirle por una segunda ND (sin el nombre, obviamente).

La ND, sin embargo tiene su mérito en tanto que nunca ha dejado de ser gaullista, y se pronuncia, como yo (es nuestro único punto de convergencia serio) por una Europa completamente independiente de los Estados Unidos y por nuestra retirada de la OTAN, el instrumento de su imperialismo y su hegemonía. Sobre Kosovo, por ejemplo, estábamos de pleno acuerdo. En cambio, estoy en profundo desacuerdo con las opiniones de la ND sobre el islam, la inmigración, la forma de la Europa futura, la economía, la ética, la geopolitica, etc y mi objetivo es que el conjunto del movimiento nacionalista (y mas alla) comparta mis nuevas posiciones, lo que está por otra parte produciéndose. Es decir, esencialmente:

1) Contra el principio de una Europa etnopluralista y multiculturalista, que incluiria al Islam, por una Europa etnocentrada, asociada con Rusia (Eurosiberia) y basada en una política de potencia.
2) Abandono radical del tercermundismo, verdadera miopía etnomasoquista, capricho de periodistas mal informados y acomplejados por la ética hipócrita de izquierdas.
3) Oposición a los objetivos de la hegemonía norteamericana, pero sin olvidar que el objetivo a largo plazo es una solidaridad, no occidental (esta palabra ya no quiere decir nada y pertenece al arsenal conceptual de la vieja derecha), que agruparia a todos los pueblos de origen europeo dispersos en el mundo, entre los que se incluye a parte de la poblacion de los EE.UU, Australia, Argentina y de otros lugares, pueblos que se enfrentan global y socarronamente a la misma gran amenaza.

Añadiría obviamente la importancia del imperativo ecológico. A condición de formularlo bien, de una manera que no sea romántica y pasional. Más generalmente, intenté resumir, en un libro que debe aparecer en marzo de 2001, Pourquoi nous combattons, manifiesto de la resistencia europea los puntos esenciales de esta visión ideológica, filosófica y política del mundo que sustituye a la de la antigua ND, como el segundo piso del cohete con relación al primero. Pero el primer piso tuvo su importancia; fue esencial, es necesario rendirle homenaje; no rechazo nada, ya superado en tanto que es importante siempre ir adelante, subir hacia arriba. ¿No se inscribe esto en la tradición prometeica de los Europeos? Gracias a la ND, fue necesaria en su epoca. Como cantaba Sheila: todo ha terminado. Ahora, como lo dijera mi preferido poeta, Paul Valéry: el viento se levanta, es necesario intentar vivir. ¡Y de superarle!

7.) Otro cambio de posición, luego de la reanudación de la intifada es que una parte notable del movimiento nacionalista se encuentra más en simpatía con la entidad sionista que con el movimiento de liberación nacional palestino. ¿Cuál es su opinion sobre este punto?

Definí mi posición durante un coloquio en Bruselas y en dos otros, en Madrid y Roma, donde se me planteó esta pregunta. Mi respuesta es clara: no tenemos que tomar partido ni por los Hebreos ni por los Palestinos. No debemos dejarnos instrumentalizar por un conflicto interno entre pueblos del desierto. Las peleas entre Beduinos no nos interesan. El romanticismo pro-árabe como el apoyo américano-occidentalista a Israel son causas que nos desvían de los problemas propiamente europeos. A largo plazo, el búnker israelí, por simples causas demográficas, no tiene futuro, pese al apoyo americano. Sobre este tema les remito a un artículo que publicare en una próxima entrega de la revista Terre et Peuple, de Pierre Vial.

Es necesario por supuesto tener perfectamente conciencia de que los Palestinos (como los Tibetanos, de los que nadie habla) son víctimas de una agresión injustificada. ¿Pero, ellos, nos apoyarian si estuviesemos pasando por una situación similar? Cada pueblo razona egoisticamente y nunca de manera moralista, sino de forma política y cínica. A partir del momento en que el Islam se propone abiertamente invadir Europa, no veo porqué debemos defender a sus mártires en Oriente Próximo. En cuanto al sionismo, el destino del pueblo judío, me es tan indiferente como el de los Inuits, de Patagones o el de… Palestinos. Los propios Hebreos son bastante mayores para defenderse, con la ayuda (que no les durará eternamente) de sus guardias norteamericanos. No tenemos que tomar partido ni a favor del sionismo ni a favor del arabismo. No debemos entrar en los problemas de familia. Soy partidario del égoismo etnopolítico: cada uno que se ocupe sus propios problemas.

Lo que me diferencia de mi querido amigo Jean-Edern Hallier [Editor de L’Idiot International y amigo de la ND, N. del. T] y lo que causó entre nosotros debates muy apasionados, es que él era partidario de la causa de los pueblos, de todos los pueblos, mientras que yo era más bien partidario de la causa de mi pueblo. ¿En ese sentido, creo que tanto un Israelí como un Palestino estarán de acuerdo conmigo, no?

8.) Con respecto a su juicio los militantes de Unité Radical habían presentado por escrito propuestas a vuestro editor para llevar a cabo una campaña nacional a vuestro favor. Ni siquiera tuvieron una respuesta. ¿Se debe concluir que los radicales no tienen lugar en sus Comités de apoyo?

En absoluto. Simplemente, el juicio no se termina, puesto que todavia hay mas. Una campaña no se puede producir antes del primer juicio. Es un problema militar: la contraofensiva deberá hacerse más tarde, en el momento del juicio definitivo, cuya fecha todavia no se fija. Una campaña en mi favor deberá coordinarse con mucha destreza. Hago la guerra, arriesgo muy mucho, ellos lo saben bien; no soy uno de esos intelectuales burgueses que hacen viajes a Venecia y tienen cenas finas, los pies en sus pantuflas, pijos que se imaginan aristócratas rebeldes y que huyen de los riesgos. Esta es la razón por la que los radicales tienen perfectamente su lugar en mi futuro Comité de apoyo. Será necesario simplemente, llegado el tiempo, organizar una coordinación, sin iniciativas descontroladas y con mi aprobación, siguiendo un plan de batalla particular.

9.) Se encuentran en sus libros muchas tesis defendidas en otro tiempo por Francis Parker Yockey y Jean Thiriart. ¿Es una casualidad o Ud. es un deudor ideológico de ellos?

Leí Imperium de Yockey. Conozco bien las tesis de Thiriart. Se trata de convergencia y no inspiración. Solo tengo un verdadero deudor ideológico, de guía intelectual, Nietzsche (y quizá también Giorgio Locchi). ¿Thiriart y Yockey? Comparto su visión de las cosas 100%. Es la de la Eurosibéria etnocentrada (primer círculo) y la organización mundial de las élites europeas conscientes en todo el mundo (segundo círculo). Pero vuestra observación es pertinente: con Yockey y Thirart, me siento en el mismo mundo, el de la aplicación del precepto de la voluntad de poder europea y en consecuencia, de resistencia.

10. ) Para terminar, ¿puede hablarnos de sus proximos proyectos?

Concretamente:
1) Seguir la progresión de las suscripciones de mi boletin mensual de desintoxicación ideológica J’ai Tout Compris ! que, al cabo de siete meses, ya es un gran éxito. Y, si es posible, transformarlo en gran revista mensual ampliamente difundida.
2) Después la publicacion de Pourquoi nous combattons, manifeste de la résistance européenne, que sale en marzo de 2001 por AEncre y que será un diccionario ideológico de 177 conceptos clave de nuestra corriente politica, tengo en vista la publicacion de otros dos libros, que saldran un poco más tarde, destinados al público en general.
Y luego, mi participacion también en un proyecto de Web-TV y de radio en Internet.
3) Seguir mis giras de conferencias y coloquios en Francia y Europa y profundizar en mi colaboración con todas las buenas voluntades, sin ninguna exclusion.

Convendría inspirar una red de resistencia europea donde se agrupen todas las fuerzas en torno a ideas claras e interelacionadas; una red creativa y solidaria, sin peleas de capillas, sin guerras de centuriones, sin nombre oficial, y que federe de manera flexible y orgánica a todos los resistentes. Basta ya de sectarismo. Hay lugar para todos, excepto obviamente a los que se acercaron a la doctrina ideológica del sistema. Y, evitando obviamente a la provocación extremista y torpe (la policía ideológica solo espera eso) que es lo contrario del pensamiento radical.

Las estrategias políticas, métapoliticas, asociativas, individuales, de información son todas bienvenidas si se coordinan de manera proteiforme. Exactamente como lo hacen nuestros adversarios. Se trata, en lo que se refiere, de incitar a la creación de una red europea de acción ¿Es pedir demasiado? Pero no seré el organizador, simplemente el inspirador, el instigador.
Mi proyecto no es intelectual o filosófico, no es charlar eternamente sobre la verdad, sino proporcionar municiones ideológicas y políticas concretas a los que resisten y que luchan por nuestro pueblo, que tengan culpa o razón. Admiro este proverbio inglés que dice: wrong or true, my people.

Gracias por vuestro apoyo. Vuestro valiente combate tambien es el mío.