Communautarisme : l’exemple des États-Unis

Guillaume Faye

L’exemple des États-Unis n’a pas été retenu. Dans les années soixante, dans la foulée de la grande vague libérale des civils rights et de l’utopie du melting pot, les autorités américaines ont activement favorisé la mixité de l’habitat et de la scolarité (busing) entre noirs, Latinos et Blancs.
Résultat : les blancs déménageaient des zones au delà d’un certain seuil d’allogènes, estimé à 12 %, et retiraient leur enfants des écoles où l’on imposait un pourcentage d’enfants d’autres origines. Le volontarisme des autorités n’a rien pu faire contre ce « réflexe ethnique ». Le sociologue William S. Cohen, figure de la gauche libérale antiraciste, notait avec ce pragmatisme anglo-saxon que les idéologues français ne comprendront jamais: « la politique anti-ghetto de mélange forcé a fait fuir les Blancs et renforcé les ghettos. Peut-on accuser de mauvaises intentions racistes une famille blanche qui déménage de son quartier ou retire ses enfants de l’école publique parce que, objectivement, la situation se dégrade du fait de la présence de nouvelles minorités ethniques ? » (Los Angeles Times, 03/11/1995).

Aujourd’hui au États-Unis, l’administration favorise la politique des ghettos selon la logique du « chacun chez soi », afin d’éviter les frictions ethniques. États, Comtés et pouvoir fédéral attribuent des « zones » aux Noirs, aux Blancs, aux Latinos et aux Asiatiques, selon la logique d’un apartheid de fait. Un rapport commandé par l’état de Californie en 1994 notait : « les tensions raciales les plus fortes ont lieu entre Extrême-orientaux (Chinois, Coréens, Japonais d’origine) et Noirs ; en revanche, les zones de cohabitation entre asiatiques et Blancs ne posent pas de difficultés ».

Aux États-Unis depuis cette discrète et systématique « politique des ghettos », les tensions ethniques et les émeutes urbaines sont beaucoup moins fortes qu’en France. Le Brésil a adopté la même politique, ainsi que le Mexique, autres pays multiraciaux.
Malheureusement, ce qui est possible aux États-Unis, immense pays-continent qui ne manque pas de place, ne l’est pas dans les pays d’Europe, les États-Unis sont intrinsèquement un pays d’immigration et, dès leur fondation, une société multiraciale. Le communautarisme de partition est viable en Amérique, pas en Europe. En Europe, l’impasse est absolue : la politique des ghettos est impossible, la politique de la mixité ethnique aussi.

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La société multiraciale

Guillaume Faye, [Extrait du livre, Les nouveaux enjeux idéologiques, Le Labyrinthe 1986.]

La plupart des pays européens se sont brusquement réveillés, au cours des dix dernières années, au cœur d’une forme radicalement nouvelle de société – qu’ils auraient pu prévoir vingt ans à l’avance mais qu’ils n’avaient pas prévue, forme que l’on croyait jusque-là réservée à l’Amérique : la société multiraciale, conséquence de la décolonisation, de l’immigration de main-d’œuvre et des taux démographiques inégaux entre le Nord et le Sud. Pour la première fois dans son histoire – tout au moins des mille dernières années – l’Europe de l’Ouest se retrouve l’hôtesse de minorités afro-asiatiques (entre 5 et 10%) en croissance rapide. Le choc est d’importance et c’est en France qu’il se manifeste le plus violemment. Voilà donc posée avec une brutalité et une urgence inconnues jusque-là la question de l’identité. Et ce défi permet – enfin – aux Européens de prendre conscience, ou à tout le moins de réfléchir, à la nature de leur spécificité.

L’identité, la densité du sentiment d’appartenance et la valeur de la notion de citoyenneté reposent évidemment sur une relative homogénéité ethno-culturelle des habitants de l’Europe. Ce qui implique de soulever la question du degré de « désirabilité » de la société multiraciale ou pluriculturelle. Fait nouveau, le débat public évoque ouvertement la question (jadis taboue) d’un éventuel et souhaitable retour au pays des minorités. Des courants d’opinion n’hésitent plus à remettre en cause la possibilité d’acquérir la citoyenneté d’un pays européen si l’on n’est pas de souche ethno-culturelle européenne [1].

La société multiraciale présente, en effet, deux inconvénients majeurs : tout d’abord, c’est une société « multiraciste », où prospèrent les ghettos, la haine raciale, les guerres sociales en tous genres, comme le démontrent les exemples des U.S.A., du Brésil, de l’Afrique du Sud, etc. Ensuite, ce modèle social équivaut à une new-yorkisation de l’Europe, selon la logique de l’Occident planétaire, où le déracinement, l’individualisme narcissique, le renforcement du caractère mécanique et marchand du corps social, la perte de l’identité culturelle, constituent la règle et vident de sens le concept de citoyenneté, tant pour les allogènes que pour les indigènes.

Pour des raisons d’hostilité à tout racisme, pour le droit de chaque homme à bénéficier d’une identité et d’une citoyenneté, pour la préférence d’un modèle communautaire sur la société massifiée qui montre aujourd’hui son caractère pathogène, et le respect de la culture européenne, porter le soupçon sur la société multiraciale doit devenir aujourd’hui une priorité. D’ailleurs, dans la mesure où les véritables enjeux, les nouveaux clivages opposeront de moins en moins une « droite » à une « gauche » – querelle socio-économique aujourd’hui secondaire et dépassée – mais les partisans du cosmopolitisme aux partisans de l’identité, qui se recrutent désormais à gauche comme à droite, la question de la société multiraciale devient centrale et s’instaure comme problème politique majeur de cette fin de siècle.

Ce que l’on baptise « immigration » en Europe revient en fait à une « colonisation de peuplement » de la part des peuples féconds des pays d’Asie et d’Afrique, selon l’expression d’Alfred Sauvy. Nous subissons le mouvement inversé de colonisation que nous avons fait subir aux autres. Si nous n’y prenons garde et si nous n’arrêtons pas notre déclin démographique, non seulement on pourra continuer à dire que « l’Allemagne est condamnée à disparaître, mais elle ne le sait pas encore », comme l’écrivait Pierre Chaunu, mais au début du prochain siècle une très forte proportion des habitants de l’Europe, surtout dans les classes jeunes, ne sera plus d’origine européenne et probablement pas non plus de « culture » européenne, puisque cette dernière a perdu sa faculté acculturante et que les populations immigrées auront le choix entre le « maxi-ghetto » et l’américanisation. C’est donc d’une perte d’identité ethno-culturelle (plus grave encore que la déculturation, car elle n’est pas rattrapable) qu’est très sérieusement menacée l’Europe. En fait, comme je tentais de le démontrer dans un essai récent [2], jamais, au cours de son histoire, l’Europe n’a été autant menacée de disparition qu’aujourd’hui et jamais ses dirigeants n’en ont été si peu conscients.

A l’heure où – bien sûr à juste titre – nous nous sentons atteints et concernés par les génocides qui frappent ou ont frappé, en totalité ou partiellement, d’autres peuples, nous demeurons indifférents et aveugles au génocide – ethnique, démographique – dont les Européens plus que tout autre peuple sont aujourd’hui menacés.

Les adeptes de l’assimilation des étrangers en Europe (comme ceux de leur intégration par le système des ghettos d’une société « pluriculturelle ») poursuivent exactement la même démarche que les messianiques convertisseurs des Indiens d’Amérique, que les niveleurs jacobins et surtout que les colonialistes du XIXe et du début du XXe siècle.

Seulement, c’est nous qu’ils veulent maintenant achever de coloniser. Par un piquant et tragique paradoxe de l’histoire, c’est l’Europe ex-colonisatrice qui se retrouve maintenant au premier rang des peuples en voie de colonisation définitive. Et, suprême ironie, les immigrés afro-asiatiques, fils de ceux que le colonialisme commença jadis à ethnocider et dont il détruisit l’identité, sont aujourd’hui les acteurs manipulés et utilisés pour faire perdre à l’Europe les restes de son identité, sont aujourd’hui les instruments de notre propre « hyper-occidentalisation » !

La société multiraciale est à la fois la réversion et la continuation de la société coloniale ; et la multiracialité apparaît comme l’hypostase du colonialisme. Dans les deux cas c’est le progressisme qui mène la danse et l’on peut comprendre, maintenant, que le colonialisme n’était que le stade infantile du multiracialisme…

Dans l’inconscient des progressistes et des sociaux-démocrates, il doit bien exister quelque part ce fantasme secret, mélange de masochisme et d’altérophobie, d’auto-racisme et d’altéro-racisme : il ne suffisait pas d’aller coloniser, occidentaliser et déculturer les peuples du Sud, il faut maintenant les faire venir à nous, pour que nous achevions ensemble, dans une grande partouze culturelle, de nous déculturer, de nous désidentifier mutuellement. Nous, qui avons été les vecteurs de votre déculturation, venez maintenant chez nous, pour nous et pour vous dépersonnaliser définitivement.

Laurent Fabius, fidèle en cela à l’idéologie de Jules Ferry, et en parfaite concordance avec l’esprit de la Révolution française comme de la Constitution américaine, rappelait que la République avait vocation à construire une société et une nation multiraciales, que les identités et les appartenances religieuses, culturelles et ethniques des citoyens étaient choses secondaires [3]. Autojustification ?

L’idéologie qui préside aujourd’hui à la multiracialité n’est donc nullement une nouveauté, en dépit de sa prétention à l’être. La doctrine de la « République française », en effet, poursuit explicitement le modèle « national » des monarques centralisateurs, se fondant sur l’assimilation forcée des populations et l’abolition de leurs identités. En France, la colonisation des peuples des « provinces » par l’Etat central, le colonialisme d’outre-mer et aujourd’hui la multiracialité et l’assimilation se prolongent tout naturellement. Le pouvoir actuel, « multiculturaliste », ne fait que poursuivre la doctrine de ses prédécesseurs. Paradoxalement, c’est l’identité française qui fait les frais de l’idéologie française… dans la mesure où il ne suffit plus d’intégrer des groupes ethniquement proches, comme ce fut le cas pendant des siècles. L’évidence que la société multiraciale crée les ghettos et institutionnalise le racisme nous est confirmée par le fait qu’au sein des institutions, au-delà d’un certain seuil de « gens de couleur », ces derniers revendiquent une autonomie fondée sur leur race. En Grande-Bretagne, au sein du parti travailliste, les Noirs ont revendiqué et obtenu – très logiquement – la constitution d’une « section noire » du Labour, véritable parti dans le parti (Daily Mail, 15 avril 1985). Ainsi, comme en Belgique avec le problème des Flamands et des Wallons qui contraint à doublonner toutes les institutions (mais avec une gravité démultipliée du fait de la profondeur du fossé ethnique), nous nous préparons peu à peu à une société où tous les secteurs seront découpés en fonction des races et des ethnies. Inutile de dire que le sentiment communautaire et la notion d’intérêt général comme de service public s’en ressentiront, et que ne subsistera plus comme liant social que les rapports marchands et contractuels d’intérêts économiques [4] – ce qui correspond au projet idéologique libéral.

La société multiraciale réussit ce tour de force de superposer au racisme ordinaire et à la désagrégation sociétale la dictature absolue du mercantilisme quotidien et revient à abolir tous les rapports humains qui ne sont pas fondés sur l’intérêt matériel. La société multiraciale, dont la croissance correspond au renforcement du type de la société marchande, à l’essor des doctrines néo-libérales et à la montée en puissance des pouvoirs techno-économiques au détriment des pouvoirs politiques en Occident, est également corrélative de l’apparition de la « Nouvelle Société de Consommation » [5], caractérisée par la tribalisation du corps social. Conséquence : les seuls rapports sociaux « chauds » seront les liens privés ou intra-ethniques (intra-tribaux) ; quant aux relations et aux « communications » qui s’opèrent à un niveau « national » ou macro-social, elles seront toujours plus froides, anonymes, techniques et mercantilisées. La société multiraciale contribue donc à accentuer ce trait pathologique des populations d’aujourd’hui : croissance de la massification et de l’individualisme anonyme, disparition des liens civiques et de l’altruisme communautaire.

A ceux qui disent : « Fort bien, nous allons perdre notre identité culturelle et anthropologique : pourquoi pas ? Une nouvelle civilisation, métissée, universelle, est en train de naître. Pourquoi ne pas l’accepter ? », il n’y a pas seulement à répondre sur le plan rationnel ou sur le plan moral. Il reste aussi à opposer un désir contraire, le même désir, la même volonté, que ceux que manifestent par exemple des Africains ou des Arabes de ne pas se laisser envahir par des Européens, de demeurer fidèles à leur identité léguée. En effet, de même qu’il est normal et légitime que l’Arabe, le Noir africain, le Japonais veuillent rester eux-mêmes, veuillent faire admettre et reconnaître qu’un Africain est nécessairement un homme noir ou un Asiatique un homme jaune, il est légitime, naturel et nécessaire que soit reconnu le droit à un Européen de refuser la multiracialité et de s’affirmer comme homme blanc. Traiter de racisme une telle position est une inadmissible forfanterie. Les véritables racistes sont au contraire ceux qui organisent en Europe la constitution d’une société multiraciale.

Soyons logiques : de même qu’il fallait combattre le colonialisme et l’oppression que les Blancs envahisseurs faisaient subir aux peuples de couleur, de même il faut refuser l’implantation en Europe de ces mêmes peuples de couleur. Et ce, précisément au nom de l’antiracisme. Parce que l’histoire démontre que les sociétés constituées sur des mélanges ou des juxtapositions brutales de populations par l’origine très éloignées finissent par donner lieu, comme le cas des Etats-Unis ou du Brésil le démontre, à des sociétés obsédées par le poison de la question raciale, substitut de la question sociale, à des sociétés dont le racisme de masse, le racisme quotidien constitue l’irréfragable toile de fond.

Les sociétés américaines du Nord et du Sud nous montrent que l’assimilation des diverses ethnies dans un ensemble communautaire et culturel échoue et que seule subsiste la juxtaposition hiérarchisée des groupes humains – avec toutes les tensions qui en découlent. Croit-on sérieusement que notre modèle socioculturel actuel, qui ne possède déjà pas pour des indigènes de souche de pouvoir consensuel, pourra fédérer au mieux des populations d’origines très différentes ?

C’est donc au nom de l’antiracisme qu’il faut condamner la société multiraciale et ses apologistes. C’est au nom de l’antiracisme qu’il faut dénoncer ceux qui nient l’existence des races et des identités, et dont les ennemis sont aussi bien l’Européen de souche que l’Africain fier de son ethnie. Les partisans du cosmopolitisme multiracial visent en réalité à constituer une organisation sociale du monde de caractère profondément raciste : ils veulent construire une civilisation planétaire, de culture occidentalo-américaine, où les Blancs dominent les métis et les gens de couleur (puisque ces derniers auront plus de mal à s’intégrer au modèle culturel occidental, qui est « blanc » malgré tout), où chaque pays soit un melting pot hétérogène dans lequel dominera une caste occidentalisée. C’est exactement l’extension à la terre entière du modèle raciste de la société américaine. Diviser pour régner. Les totalitarismes veulent des sociétés éclatées…

A ce modèle, par antiracisme, par respect des races et des peuples, nous préférons celui d’un monde hétérogène de peuples homogènes (et non point l’inverse), seule garantie du respect de l’Autre. On respectera en Europe l’homme africain ou l’homme arabe lorsqu’ils ne seront plus sommés de s’intégrer et de disparaître en tant qu’hommes spécifiés ou de se réfugier dans leurs ghettos, lorsqu’ils pourront être appréciés en tant qu’étrangers disposant d’une patrie et non comme parias en mal d’assimilation.

Conséquence de la multiracialité – mais pas uniquement d’elle – le racisme, ce mal des sociétés égalitaires implicitement contenu dans l’assimilationisme des droits de l’homme, a refait depuis quelques années une entrée fracassante dans les débats publics. C’est au niveau le plus bassement biologique que racistes déclarés (en privé, car l’expression est sanctionnée, comme jadis l’homosexualité) ou antiracistes professionnels posent aujourd’hui le problème de l’identité des peuples. La question raciale prend donc aujourd’hui le même statut que la question sociale, et à certains égards que la question sexuelle, voici quelques décennies. Et, par une fatalité tragique, plus on « tabouise » le racisme, plus on légifère contre lui, plus il s’instaure comme discours implicite de référence en arrière-fond de tous les débats et de tous les comportements quotidiens… Le racisme, stade final, stade cancéreux des identités en perdition, promène désormais son spectre parmi nous.

La question raciale n’est pas seulement devenue le démon intérieur du monde occidental du simple fait de la planétarisation de l’histoire, de l’abolition des distances ou des doctrinaires politiques du racisme des XIXe et XXe siècles dans les pays anglo-saxons, en Allemagne et en France – patrie de la naissance du racisme théorique, comme le montre bien Zeev Sternhell [6] ; la responsabilité de l’obsession raciale repose en majeure partie sur la social-démocratie, qui se proclame antiraciste mais qui apparaît historiquement responsable, depuis une centaine d’années, du colonialisme, puis du néo-colonialisme caché sous le paravent de la « décolonisation », et enfin de l’organisation de l’immigration et de la société multiraciale en Europe. Mais il n’y a pas que cela. Un autre facteur, plus ponctuel, est intervenu dans l’installation de l’obsession raciale.

Paradoxalement, mais logiquement, ce sont les milieux dits antiracistes, humanistes militants, qui ont le plus contribué, par leur mise en avant obsessionnelle et pathologique du « fascisme », du « nazisme », dans des sociétés où ces doctrines avaient en fait disparu après la guerre, à en faire resurgir la tentation et la présence. On se trouve là en face d’un des plus étonnants effets d’hétérotélie sociale qu’il nous soit permis de constater.

Hitler demeure en vie, comme mythe, présence latente et deuxième conscience souterraine, grâce au zèle de ses prétendus dénonciateurs, qui ne cessent d’en annoncer fantasmagoriquement le retour, alors qu’il avait en fait, pendant les années soixante, réellement disparu.

Il n’est pas de jour qui ne nous présente une douteuse publication « historique » sur les méfaits du nazisme, un film télévisé racoleur sur la déportation, l’« holocauste », la résistance, etc.

La fascination pour le phénomène fascisme-racisme-nazisme s’exprime dans les médias, sous le prétexte pédagogique d’en immuniser les populations, mais souvent avec l’arrière-pensée de faire une bonne affaire commerciale, comme le démontrent les scandaleuses et douteuses affaires du « Journal d’Anne Frank » (un faux) ou du film « Holocauste », film aux accents morbides sous un discours « anti-nazi » de façade.

Une psychanalyse de ces syndromes obsessionnels, de plus en plus virulents quarante ans après, montrerait, chez les promoteurs du discours de « dénonciation » pédagogique de la triade fascisme-racisme-nazisme, une angoisse fascinée d’attraction-répulsion, un désir irrépressible d’« en parler », un besoin d’exprimer et de masquer à la fois une obsession raciale et un racisme profonds sous l’apparence de leur repérage (chez les autres) et de leur dénonciation permanente. Des intellectuels comme Jean-Pierre Faye, Bernard-Henri Lévy, Albert Jacquard (ce dernier coutumier des lapsus racistes), pour ne pas parler de Simone Veil, qui passent leur vie à débusquer des hitlériens imaginaires ou le retour de Mussolini derrière le moindre phénomène social xénophobe, sont en réalité responsables de la propagation de ce « mythe aryen », de la « racialisation » idéologique de notre société [7] et du maintien de l’ombre de Hitler dans l’imaginaire des Européens d’aujourd’hui.

Un tel syndrome peut se comparer à ce qui se passait pour le sexe dans les milieux chrétiens il n’y a pas si longtemps. Les curés « anti-masturbateurs » de nos collèges, les dames patronnesses dénonciatrices de partouzes imaginaires ou les pères de famille chasseurs de pédérastes, manifestaient, eux aussi, une profonde attirance pour les faits – imaginaires – qu’ils dénonçaient, et surtout, en suscitaient chez les autres la fascination et la tentation. L’obsédé du sexe ou de la race, de l’antisémitisme ou de la pédérastie, en créant son psychodrame de soupçons et de tabous, propage son obsession et ses tentations et rend possible l’émergence d’un phénomène qu’apparemment il dénonce [8].

En effet, un des principaux résultats sociologiques auxquels sont parvenus les B.H. Lévy et autres Le Roy Ladurie (dans la lignée, d’ailleurs, d’Hanna Arendt), dans leur dénonciation du retour de l’« esprit d’Auschwitz », c’est de créer une atmosphère fascinatrice de « tabouisation » du phénomène, notamment chez les jeunes générations. Alors que le « Hitler-connais-pas » aurait pu immuniser contre une renaissance de doctrines racistes ou fascistes en les faisant sombrer dans l’oubli et la banalité du rétro, la permanente mise en garde contre la renaissance toujours imminente de la bête immonde a objectivement recréé des sectes néo-nazies. De même, la stupide litanie sur le thème « la race, ça n’existe pas » a tout naturellement développé une contre-réaction raciste. La mise en garde contre le « grand-aryen-blond-nazi-raciste » [9] a fait naître une fascination pathologique pour ce mythe que l’on prétendait évacuer (voir l’utilisation provocatrice de symboles nazis par des jeunes qui se veulent en marge, en rupture, par rapport à un monde d’adultes pour eux vide de sens, enfermé dans son égoïsme et son hypocrisie). Les écrits d’un Bernard-Henri Lévy montrent une fascination douteuse pour le thème racial aryen et une protestation implicite contre une soi-disant « barbarité » inhérente à tout ce qui relèverait d’une culture européenne « pure ».

Dans l’esprit d’un public qui échappe de plus en plus à ce qu’on a pu appeler la culture politique classique, l’excès de discours et de sermons sur le racisme, le fascisme, le nazisme, la provocation permanente à la prétendue renaissance d’un antisémitisme de masse, la sempiternelle et stupide association (comme dans le film de Roger Hanin, Train d’Enfer) de l’« Aryen blond » brutal, tortionnaire, raciste et d’extrême-droite, et de sa victime, représentée par un Juif ou un Méditerranéen, contribuent à entretenir et à développer une sorte de « mythe aryen négatif » dont les effets sont rigoureusement les mêmes que ceux du « mythe aryen positif ».

Un parallèle peut de ce point de vue être fait : de même que les démocraties occidentales, comme les démocraties populaires, tentent de se légitimer, de faire oublier leurs échecs immenses et de laver le sang qu’elles ont sur les mains depuis 1945 en désignant comme ennemi fantasmagorique le « totalitarisme fasciste » (processus morbide de légitimation négative fantasmée), de même, notre société ne cesse de commémorer sa victoire sur Hitler et Mussolini pour faire oublier les problèmes contemporains qu’elle ne peut pas concrètement résoudre : « le ventre de la bête immonde est toujours fécond », tel est le mythe fondateur et légitimant, d’après la célèbre formule de Brecht, d’une société qui ne parvient plus à s’auto-justifier qu’en se présentant comme le rempart d’un fascisme-racisme-nazisme toujours prêt à renaître, toujours latent par essence, jamais vaincu.

Le mythe du fascisme latent contient implicitement l’idée que la culture européenne – française et allemande en particulier – est par nature coupable de donner toujours lieu à de tels « démons » (une Europe identitaire et autonome est barbare pour les B.H. Lévy et les André Glucksmann) et qu’elle doit donc demeurer sous surveillance et perdre, par cosmopolitisme, son identité culturelle ou ethnique (c’est la thèse de l’Eglise qui recommande, par un moralisme de culpabilisation, l’adoption d’enfants extra-européens et encourage le métissage). Mais ce mythe permet aussi de banaliser et de faire oublier les forfaits que, depuis Dresde et Hiroshima, les démocraties occidentales comme les démocraties communistes, liées aux premières par le même « antifascisme » fantasmé, n’ont cessé de perpétuer dans tous les domaines : populations déportées et/ou massacrées en Europe après la guerre, acceptation des annexions arbitraires de l’Union soviétique, goulags et système concentrationnaire soviétique, crimes de guerre innombrables des démocraties occidentales et des Etats communistes dans tous les conflits qui ont agité le Tiers Monde depuis 1950, etc.

Bref, le cadavre d’Adolf Hitler, embaumé et soigneusement entretenu depuis la guerre, sert à tout cet immense courant idéologico-politique « égalitaire, humaniste et démocratiste » (englobant, des communistes aux libéraux, tous les participants du prétendu « front antifasciste », tous ceux qui sont les héritiers idéologiques d’un judéo-christianisme qui, lui aussi, a les mains bien rouges), à légitimer son totalitarisme implicite et à minimiser la portée de ses méfaits, dont les derniers, qui ne sont pas les moindres, sont les crimes de guerre et les tentatives de génocide perpétrés par Israël au Liban, mais que l’on tente de nous faire pardonner parce qu’ils sont le fait des « rescapés d’Auschwitz ».

Jamais, depuis 1981, date de l’installation des socialistes au pouvoir, on n’aura vu autant Hitler à la télévision française. Il n’est pas de jour sans « dénonciation » du racisme hitlérien, condamnation de l’antisémitisme, grand débat sur la « résurgence du racisme », le tout sur fond obsessionnel de marches militaires nazies, de films sur les camps de la mort et de cours de morale civique par les grands prêtres de l’antiracisme et de la bonne conscience appointée.

L’effet de ce bombardement médiatique est – évidemment – l’inverse de ce qui a été recherché. Racisme, antisémitisme et hitlérisme s’installent dans l’imaginaire collectif comme des présences démoniaques, des mythèmes diaboliques qui, même s’ils ne séduisent pas tout de suite, restent néanmoins présents dans la profondeur des cerveaux… C’est, éternellement recommencée, la vieille histoire des apprentis sorciers.

Ce sont donc, paradoxalement, les « dénonciateurs » du nazisme qui l’ont fait perdurer – et qui l’ont même amplifié – sous forme de mythe, donnant ainsi raison a posteriori au fâcheusement célèbre Martin Bormann… La fureur pédagomane à dénoncer et à poursuivre le racisme et l’antisémitisme, même et surtout là où ils n’existent – heureusement – pas, en cristallisent définitivement l’idée dans la conscience populaire. Bien des gens qui ne faisaient pas la distinction entre un Juif et un non-Juif (en tout cas pas plus qu’entre un catholique ou un protestant, un Breton et un Antillais) ont été « informés » par les professeurs de lutte contre l’antisémitisme que le Juif n’était peut-être pas un citoyen comme un autre, que la judéité n’était peut-être pas une différence comme une autre, et que l’antisémitisme était une forme « spéciale » (aggravée) de racisme. Julius Streicher et Drumont n’auraient pas espéré mieux. Le résultat des campagnes obsessionnelles contre le racisme et l’antisémitisme entreprises depuis le début des années soixante-dix a été de désigner le Juif et de racialiser les rapports sociaux.

Ce que les sectes néo-nazies n’ont pas fait, les milieux « antiracistes » et les sectateurs des droits de l’homme l’ont accompli. Certes, ce n’était pas volontaire de leur part, il faut leur rendre cette justice. Ils étaient plus bêtes que pervers. Mais en matière de propagande politique, la bêtise est impardonnable parce qu’elle peut mener au pire et aux résultats les plus inattendus. Ces résultats sont clairs aujourd’hui : l’antisémitisme progresse de nouveau en France, et ailleurs, dans le peuple et chez beaucoup d’élites, d’autant plus puissamment qu’il prend la saveur douteuse du fruit défendu. Quant au racisme ordinaire, inutile même d’en évoquer la prégnance…

Néanmoins, au-delà de l’aveuglement, il est possible de déceler chez les professionnels de l’antiracisme certaines attirances troubles. Les multiples gaffes et lapsus d’un Albert Jacquard [10] ou les fantasmes hitléromaniaques et racioïdes d’un Bernard-Henri Lévy, dont le dernier roman est une anthologie d’obsessions nazimorphes, le déchaînement de tel autre auteur contre l’hitléro-fascisme qu’il croit entrevoir derrière chaque porte comme les vieilles demoiselles le Violeur, tout cela ne s’apparente-t-il pas plus ou moins à un désir refoulé ?

Fascination négative, certes, mais, comme cette floraison de publications douteuses qui prétend, pour mieux dénoncer le « péril nazi », en montrer les aspects « historiques », reconnaissons que cette fascination trouve un marché de fascinés de plus en plus conséquent…

L’idée raciste ayant pris force et forme d’archétype, demeure désormais, au panthéon des valeurs, comme recours possible. De même que les chrétiens suscitèrent messes noires et cultes démoniaques, de même, nos bons démocrates et nos obsédés du fraternalisme antiraciste ont-ils très logiquement favorisé la naissance d’une « culture » raciste. Dans bien des cas, c’est aujourd’hui l’antiracisme qui crée le racisme et non l’inverse ; plus exactement l’antiracisme, en qualifiant à tort et systématiquement de « raciste » soit des comportements xénophobes tout à fait classiques où la haine raciale n’existe pas à l’origine, soit des attitudes sociales banales dépourvues de racisme, finit par rendre effectivement racistes lesdits comportements. De même, l’atmosphère de suspicion raciste créée par les chasseurs d’antiracisme laisse supposer aux gens de couleur qu’ils sont partout en butte à la discrimination, ce qui les conduit sociologiquement à se comporter eux-mêmes de manière radicalement discriminante.

D’où, autre conséquence extrêmement néfaste, le fait que tout discours d’affirmation d’une identité européenne risque de se voir incapacité comme « raciste », ce qui est tout de même le comble, puisque le racisme désigne l’infériorisation de l’Autre et non pas l’affirmation de soi ! Il convient donc de dénoncer comme fauteurs de racisme tous ceux qui tentent d’établir un lien entre l’affirmation parfaitement légitime d’une identité ethnique européenne et le racisme.

Tous les Européens, de ce fait, sont atteints, à des degrés divers, par l’autoculpabilisation. Celle-ci se manifeste à l’occasion des psychoses antiracistes qui saisissent les médias et l’opinion publique dès qu’une affaire mêlant un extra-Européen défraye la chronique judiciaire. Le psychodrame antiraciste prend des allures pathologiques et joue le rôle d’une sorte d’auto-thérapie morbide de la société. Il s’agit d’exorciser un démon que l’on porterait en soi, en dénonçant un racisme imaginaire (la vague des soi-disant « crimes racistes » à propos des rixes les plus banales) ou, de la part des autorités, en refusant de sanctionner des délits commis par des extra-Européens, de peur d’être suspectées du péché capital. Ce syndrome masochiste exacerbe encore le racisme de masse.

Les milieux politiques et idéologiques qui ont intérêt au déracinement des Européens, à leur perte d’identité, jouent un rôle particulièrement actif dans l’exacerbation de ce racisme, selon une double stratégie : favoriser d’une part la société multiraciale et cosmopolite qui entretient les ghettos et provoque le déracinement tant des autochtones que des allogènes ; et susciter, d’autre part, un racisme populaire, en incitant les autorités comme les citoyens à ne pas appliquer les lois envers les allogènes, en dressant les uns contre les autres, par de subtiles campagnes de presse, les Européens contre les étrangers, bref, en criant sans cesse « au loup », afin de faire, précisément, venir le loup. Cette stratégie vise à transformer la société européenne en une réplique de la société américaine : à la fois multiraciale et multiraciste. A l’image des Américains, les Européens doivent devenir des individus sans identité, enfermés dans leur prison ethnique et fédérés par le mode de vie occidental et matérialiste ou la « communication » d’un audio-visuel débile.

Dès lors qu’on a pris conscience de cette réalité, on peut, sur la question du racisme, renverser totalement les termes du problème tel qu’il est présenté par le discours officiel. Le racisme est du coté de ceux qui veulent, pour l’Europe et éventuellement d’autres ensembles historiques, une société multiraciale : le racisme est du coté de ceux qui s’arrogent le monopole de l’antiracisme ; le racisme est du coté de ceux qui dévalorisent l’appartenance et la conscience raciales, c’est-à-dire l’ethnicité des peuples du monde, qui entendent faire disparaître les races – aujourd’hui encore richesse inestimable de l’espèce – en les ravalant au rang de simples catégories biologiques individuelles, de simples « curiosités » ethnographiques et superficielles. Le racisme est du coté de ceux qui nous font croire que la reconnaissance du fait racial et des identités ethniques conduit au complexe de supériorité xénophobe, alors que, tout au contraire, le mépris des autres races, la paranoïa comme la haine raciale naissent dans les sociétés de juxtaposition égalitaire (Etats-Unis). Le racisme, en bref, est du coté de ceux qui dévalorisent l’identité ethnique, entendue au sens le plus riche, c’est-à-dire bioculturel, au profit de fausses appartenances, d’identifications déculturantes et primitives à des modèles strictement politiques (« démocratie occidentale », culture des « droits de l’homme », etc.).

A l’inverse, la véritable opposition au racisme passe par la reconnaissance de la légitimité de l’affirmation de la conscience et du fait ethniques par tous les peuples, le sien compris. Le droit à l’identité, pour un peuple, c’est aussi le droit à une relative homogénéité ethnique et le droit à une territorialité, c’est-à-dire à une souveraineté sur une unité politique, de manière à ce que s’observe une coïncidence entre l’ethnicité et l’ensemble territorial indépendant ; en effet, le droit d’un peuple à l’identité n’est pas garanti s’il cohabite au sein d’une vaste unité politique avec d’autres minorités et s’il ne détient pas la souveraineté sur un territoire où son ethnie soit très majoritairement représentée. Une telle juxtaposition d’ethnies dans le cadre d’une « macro-société » donne systématiquement lieu à une mosaïque sociale où règnent les ghettos et la haine raciale, culturelle et religieuse. A des titres divers, les Etats-Unis, le Liban, les pays d’Afrique occidentale, l’Afrique du Sud, l’Union soviétique, illustrent la nocivité de la cohabitation ethnique et donnent le spectacle de nations tribalisées où règne le colonialisme intérieur.

Notes

[1] Voir sur ce point Jean-Yves Le Gallou, La préférence nationale, Albin Michel, Paris 1985.

[2] Cf. Guillaume Faye, Nouveau discours à la nation européenne, Albatros, Paris 1985.

[3] Cf. Le Monde, 9 mars 1985 : relation d’un discours de L. Fabius à Toulouse.

[4] Un intéressant rapport très confidentiel a été publié par l’administration française des Postes sur l’apparition préoccupante de « réseaux » et de « filières » fondés sur l’ethnie à l’intérieur des hiérarchies officielles, et donnant lieu à des discriminations raciales endémiques dans un sens comme dans l’autre.

[5] Guillaume Faye, La Nouvelle Société de Consommation, Le Labyrinthe, Paris 1983.

[6] Zeev Sternhell, La Droite révolutionnaire en France, Seuil, Paris 1978.

[7] Cf. sur ce point Alain Griotteray, Les immigrés, le choc, Plon, Paris 1984.

[8] Il faut mentionner à ce propos l’incroyable campagne de propagande organisée en France en 1985, avec l’appui du pouvoir, par l’association SOS-Racisme et une partie de la presse, en faveur de la société multiraciale. L’objet subtil de cette campagne était tout à la fois de dévaloriser l’identité française (« La France est comme une mobylette, elle marche au mélange »), de créer des tensions ethniques, notamment anti-arabes et de présenter la société multiraciale comme un fait acquis. La jeunesse était notamment moralement sommée de porter un badge antiraciste vendu à des centaines de milliers d’exemplaires, ceux qui le refusaient étant explicitement culpabilisés. Le résultat le plus probant de cette campagne aura été de diviser la population sur la question raciale, qui revenait ainsi au grand jour pour la première fois depuis 1945, et de faire croître dans des proportions considérables les partisans d’une expulsion brutale des gens de couleur… On peut même dire que, sociologiquement, à partir de cette année 1985, la France est le premier pays européen où la question raciale soit ouvertement et explicitement posée, où le problème de l’identité soit formulée en termes ethniques et biologiques et où le racisme soit devenu un sentiment courant, aussi bien d’ailleurs chez les gens de couleur que chez les autres.

[9] Thème récurrent dans les séries télévisées et les innombrables films « pédagogiques » qui fleurissent depuis le milieu des années soixante-dix, et pas seulement autour du sempiternel thème de la « superbe brute SS », dont il ne se passe pas de semaine sans que les journalistes des grands médias écrits et audiovisuels n’évoquent avec délice le spectre.

[10] Au cours d’une émission télévisée sur la 2ème chaîne française consacrée au racisme – une de plus. Albert Jacquard, qui se prétend par imposture généticien mais qui est la risée des milieux scientifiques, s’évertue, depuis plus de dix ans, à expliquer aux Français que les races n’existent pas, mais ne cesse, pour démontrer cette contre-évidence, de se faire l’apologiste de la société multiraciale. Ou bien elles existent, ou bien elles n’existent pas…

Cf. également B.H. Lévy, Le Diable en tête, Grasset, Paris 1985.

De la oscuridad al amanecer

Guillaume Faye, discurso en Moscú, Mayo de 2005

Nunca desde la caída del Imperio Romano, Europa había experimentado una situación más dramática. Europa afronta la mayor amenaza de su historia sin saberlo o más bien sin querer darse cuenta de ello.

Los europeos son invadidos, ocupados y colonizados por los pueblos del Sur y por el Islam de forma rápida y masiva. También se encuentran y sólo por su propia culpa, bajo el control de los Estados Unidos, que les hacen una despiadada guerra económica. Sin olvidar el derrumbe demográfico: no renovación de las generaciones y envejecimiento generalizado. Están cegados por ideologías decadentistas y nihilistas, que les hacen ver con optimismo una regresión de la cultura y de la educación al primitivismo y al materialismo. Europa es el enfermo del Mundo. Tanto las clases políticas como las élites intelectuales son las colaboradoras de este suicidio étnico. La tesis que defiendo es que no se trata de una “inmigración” sino de una colonización y de una invasión que están modificando el fondo biológico y etno-cultural de Europa, sin embargo también defiendo que no hay que ceder a la desesperación, que los combates no hacen más que comenzar, que los pueblos del mismo origen deben unirse.

La destrucción de la base etno-biológica

El balance demográfico de la invasión alógena de Francia y de Europa es aterrador. Un demógrafo reconocía en un libro reciente, “La Francia africana” que si nada cambia en 2040 más del 50% de la población será negra o árabe. Ya en Francia y en Bélgica el 25% de los escolares no son de origen europeo y más del 30% de los recién nacidos. Actualmente en Francia, de los 61 millones de habitantes hay muchos más de 10 millones de personas de origen extra-europeo, en constante crecimiento, con una natalidad muy superior a la de los autóctonos. Cada año 100.000 no europeos son nacionalizados franceses y 300.000 alógenos, de los cuales la mayoría son ilegales, penetran en Francia, cuyas fronteras ya no están protegidas. La situación es la misma en toda Europa y estos hechos quizás anuncien el final de una civilización común. Evidentemente las clases dirigentes aparentan no ver nada.

Matemáticamente la raza blanca declina en el mundo entero, también en los Estados Unidos. Se dice que la superioridad tecnológica lo compensará, yo no lo creo: no existe otra riqueza más que los hombres. Una civilización se sustenta principalmente en lo que los romanos llamaban “germen”, es decir, la base etno-biológica, las raíces del árbol que alimentan la cultura y la civilización.

Esta invasión étnica masiva fue voluntariamente provocada en Francia y en Europa, a partir de los años 60, por el laxismo de los políticos tanto de izquierdas como de derechas, contaminados por las ideas trotskistas y marxistas, por el oportunismo de una patronal ávida de mano de obra barata, por la influencia de los intelectuales judíos que exigían una “sociedad multirracial”, por el imperativo de la religión de los derechos humanos, cuyo origen está en una laicización de la moral cristiana.

Estos “colaboradores de la invasión”, en Francia y en Europa, han instaurado una auténtica preferencia extranjera en detrimento de los ciudadanos autóctonos: los inmigrantes ilegales apenas son expulsados, se benefician de numerosas ventajas sociales y todo tipo de privilegios; en virtud del “imperativo antirracista”, son impunes y están protegidos por leyes discriminatorias, pese a que su presencia haya hecho explotar la criminalidad en proporciones colosales (más de 1000% en cincuenta años).

Somos invadidos tanto por las maternidades como a través de las fronteras porosas. La inmigración, junto con el declive demográfico será también para Europa un desastre económico. El coste de esta inmigración ha sido evaluado en 18 billones de dólares al año para Francia, acumulando el precio de la inseguridad y de las innumerables ayudas sociales que reciben los inmigrantes, incluyendo los ilegales. Todo esto funciona como una bomba aspirante. Es mucho más interesante ser un parado subvencionado en Europa que trabajar en el tercer mundo. Los trabajadores cualificados y los creadores se expatrian, principalmente a los Estados Unidos y son remplazados por poblaciones no cualificadas venidas de África, que son bocas a alimentar y no brazos y cerebros.

Todo esto sumado al envejecimiento de la población significa que en el siglo XXI la economía europea amenaza con “tercermundizarse” y caer en una inevitable depresión.

La tercera ofensiva histórica del Islam

A este fenómeno de colonización étnica y masiva, se añade el hecho de que el Islam se pone a la cabeza de la ofensiva. Desde hace 1300 años, esta religión-ideología, totalitaria y agresiva, tiene como objetivo la invasión de Europa. Sufrimos la tercera ofensiva histórica que se extiende hoy de Gibraltar a Indonesia. La primera fue detenida en Poitiers, Francia por Carlos Martel en 732; la segunda en 1684 frente a los muros de Viena; la tercera tiene lugar hoy. El Islam tiene una larga memoria y su objetivo es la instauración sobre todo nuestro continente de lo que Khomeini denominaba “califato universal”.

La invasión de Europa ha comenzado y las cifras son alarmantes. El continente, incluida Rusia, cuenta más de 55 millones de musulmanes, que aumentan un 6% cada año. En Francia se cuentan más de 6 millones de mahometanos. Como en Bélgica y en Gran Bretaña, exigen estar asociados al poder político. El gobierno francés se equivoca al tomarse en serio el objetivo de transformar el país en una “república islámica” después del 2020, cuando el peso demográfico de los arabo-musulmanes se convierta en determinante. El Estado financia la construcción de mezquitas para comprar la paz social; se cuentan ya 2.000, es decir, el doble que en Marruecos. El Islam es la segunda religión de Francia después del Catolicismo y la primera practicada. Jacques Chirac declaró recientemente “Francia es ahora una potencia musulmana”.

Por todas partes en Occidente se instala la creencia estúpida de que existe una diferencia entre el Islam y el “islamismo” y que un Islam “laico”, occidentalizado y moderado es posible. No lo es. Todo musulmán es un mudjaidin en potencia; el Islam es una teocracia que confunde lo espiritual con lo temporal, la fe con la ley y que quiere imponer en todas partes la Sharia, cuyos preceptos son irreconciliables con los de nuestra civilización.

Los estados musulmanes que colaboran con los Estados Unidos en su “lucha antiterrorista”, son absolutamente hipócritas, en particular Arabia y Pakistán. Cuando el Islam es todavía débil, practica el imperativo coránico de ardid y disimulo, pero el djihad, la guerra de conquista es el deber supremo. El terrorismo tanto como la invasión por la inmigración, están implícitamente recomendados en el Corán.
Los inicios de la guerra civil étnica en Europa

La criminalidad y la delincuencia en Europa occidental, cuyas causas son la inmigración de masas y el derrumbe de los valores cívicos, han alcanzado niveles insoportables. En Francia en 2004, más de 100.000 coches han sido quemados y más de 80 policías han sido asesinados (Faye dice esto antes de los disturbios de finales de 2005, parece ser que dichos disturbios son una confirmación más de sus tesis). Todas las semanas disturbios raciales estallan en los extrarradios de las ciudades (ya antes de que lo viésemos por la televisión). En las escuelas públicas la violencia es una epidemia y el nivel escolar se derrumba en las clases “multinacionales”. Entre los jóvenes de menos de 20 años hay un 20% de iletrados. Las agresiones contra los blancos se multiplican y sin embargo son negadas en nombre de la vulgata antirracista según la cual sólo los europeos pueden ser racistas. Al mismo tiempo en varios países se ha puesto en marcha un arsenal represivo digno del comunismo soviético, que nos hace salir progresivamente del Estado de Derecho y entrar en un derecho ideológico y subjetivo. En la práctica, toda crítica al Islam y a la inmigración está prohibida. Yo mismo he pasado por múltiples procesos judiciales y he sido condenado al pago de una enorme multa por uno de mis libros “la colonización de Europa”.

Una guerra civil étnica es previsible en varios países de la Unión Europea (hace poco vimos las primeras batallas en Francia y las perdimos). Guerra intestina, muchísimo más grave que el terrorismo, ya que un remplazamiento de la población, una especie de genocidio está ocurriendo con la complicidad o la ceguera de las clases dirigentes políticas y mediáticas, cuya ideología está dominada por el odio hacia la identidad étnica de sus propios pueblos y la pasión mórbida hacia el imperativo de mestizaje.

El estado francés fracasa totalmente en su utopía de “integración en la República”, porque se imagina que una coexistencia pacífica es posible en un territorio entre alógenos y autóctonos. No han leído a Aristóteles, que pensaba que en cualquier estado, la armonía y la democracia no son posibles más que si existe una homogeneidad y una connivencia étnicas, un parentesco cultural, noción a la que llamaba “philia” o “amistad natural”. Las sociedades europeas se sumergen hoy en un caos étnico incontrolable.

Por ejemplo, yo que soy nativo del sudoeste de Francia, a orillas del Atlántico y que no hablo ni una sola palabra de ruso, me siento infinitamente más próximo de un ruso que de un árabe o de un africano francófonos e incluso con la ciudadanía francesa.

Crisis moral y arqueofuturismo

Esta situación se explica clínicamente por una especie de “sida mental”. Las desgracias que sufrimos son provocadas por el virus de un nihilismo interior, que Nietzsche había percibido ya, un derrumbe de las defensas vitales. Los europeos han entrado en un proceso de suicidio por propia iniciativa. Abren voluntariamente las puertas de sus ciudades.

El primer síntoma es la “xenofilia” o preferencia sistemática por el extranjero, por el “Otro” antes que por el prójimo. El segundo es el “etnomasoquismo” es decir, la vergüenza y el odio hacia su propia civilización y sus orígenes. El tercero es la “desvirilización”, es decir el culto a la debilidad, del arrepentimiento y también de la preferencia que se da ahora a la homosexualidad masculina. Los valores evidentes que constituyen la fuerza y condicionan la supervivencia de los pueblos en la Historia, son hoy considerados en Occidente como taras ridículas, honor, fidelidad, familia, fecundidad demográfica, orgullo de su civilización, patriotismo, voluntad de supervivencia en la Historia etc. Pero esta decadencia es también consecuencia de la laicización de los principios de caridad universal del cristianismo y de su postulado central de igualitarismo individual, lo cual a dado lugar a la ideología de los derechos humanos.

Los europeos quizás deban inspirarse de que todavía existen en Rusia según lo que se me ha dicho. Por ejemplo, la conciencia explícita de pertenecer a una civilización superior y la afirmación de un “derecho a la distancia”. Hay que romper con el “etnopluralismo”, que es una forma de igualitarismo y revindicar el “etnocentrismo” y el derecho a vivir en nuestra casa sin el “Otro”. Hay que desculpabilizar el “cada uno en su casa”. De hecho, sólo los occidentales creen en las virtudes del mestizaje y ven el mundo futuro como un crisol. Sólo la ingenua Europa cree en el cosmopolitismo. El siglo XXI estará dominado por el refuerzo, sobre todo en el Sur y el Oriente, de grandes bloques etno-religiosos homogéneos. El “fin de la Historia” de Francis Fukuyama no tendrá lugar. Es a una aceleración de la Historia a lo que vamos a asistir, en un contexto de “choque de civilizaciones”. Por lo tanto los europeos deben romper con el “presentismo” en el que han caído y considerarse de nuevo a sí mismos (a imagen del Islam, China o la India), como “pueblos de larga vida”, portadores de futuro. No podrán operar esta revolución mental más que en el contexto de una crisis general, un choque violento que se producirá probablemente y del que hablaré más adelante.

Los tiempos venideros, serán, tal como expliqué en un libro de título epónimo, “arqueofuturistas”, es decir que se cerrará el paréntesis envenenado y anti-vital de la modernidad. Asistiremos al resurgir de los valores arcaicos y vitales y no lo superarán más que los pueblos que sean capaces de asociar a la ciencia futurista, el retorno de las tradiciones y del orden sociobiológico. Para los europeos, incluidos los rusos, los valores arqueofuturistas son a la vez fáusticos y ancestrales, a la imagen del árbol cuyas raíces se hunden en el suelo mientras que el tronco y las ramas suben hacia el cielo.

El nuevo imperialismo americano

Los europeos deben afrontar también lo que he llamado en uno de mis últimos libros “nuevo imperialismo americano”, mucho más duro que el de la guerra fría pero también más torpe. Desde la caída de la URSS, los gobernantes americanos han elegido la desmesura, la “ubris”. Buscando de manera fantasmagórica una dominación mundial, mediante una especie de simulacro de nuevo Imperio Romano. Todo ello se explica por la ideología de los neoconservadores, muy ligados a los grupos de presión sionistas y animados de un mesianismo de “misión divina” que está próximo a la patología.

¿Cuáles son los objetivos de este nuevo imperialismo americano? Cercar y neutralizar a Rusia, impedir toda alianza entre esta última y una gran Europa (pesadilla del pentágono). Eliminar toda resistencia por parte del rival europeo haciendo entrar el Islam en Europa (por ejemplo Turquía, a la cual los americanos apadrinan), controlando completamente a los países de Europa central y oriental del antiguo imperio soviético, llevando a cabo una despiadada guerra económica a la Unión Europea, a la cual esta última ni siquiera se atreve a responder. La cruzada americana para imponer por todas partes la “democracia”, sobre todo en la periferia de Rusia, está clara, democracia significa “régimen pro-americano”.

Pero no debemos quejarnos de este juego americano, conforme a un deseo geoestratégico y talasocrático de dominar el continente. En la Historia, cada cual es responsable de su suerte.

Es por lo que siempre me he opuesto a lo que llamo “antiamericanismo obsesivo e histérico” muy presente en Francia y contraproductivo, victimizante y desresponsabilizador. Hay que distinguir el “adversario principal” del “enemigo principal”, el primero busca dominar y debilitar, el segundo matar. No olvidemos la fórmula de Carl Schmitt: “no eres sólo tú quien designa al enemigo, es sobre todo él quien te designa a ti”. América y sobre todo sus dirigentes, son el “adversario principal” para Europa y Rusia en el plano geoestratégico, económico y cultural. El “enemigo principal son los pueblos del Sur, que frecuentemente bajo la bandera del Islam, proceden a la invasión del continente, sin olvidar a sus cómplices, todos los colaboradores de la clase política e intelectual, que les abren las puertas, evidentemente para gran satisfacción de Washington, que desea una Europa mestiza y sin identidad (Lo mismo quiere para los propios Estados Unidos).

Sin embargo, tanto los atlantistas como los antiamericanos pasionales sobreestiman a los Estados Unidos sin comprender que sólo son fuertes comparados con nuestra debilidad. Su catastrófica y contraproductiva ocupación del pequeño Irak, está ahí para demostrarlo. En el siglo XXI los Estados Unidos ya no serán la primera potencia del mundo. Lo será la China o, si nosotros lo quisiéramos. Lo que llamaré a continuación “Eurosiberia”, es decir, la alianza unitaria entre la Europa peninsular y Rusia.

La convergencia de las catástrofes

He formulado la hipótesis de que la civilización mundial actual, fundada sobre “creencias en los milagros” y el mito del desarrollo indefinido, corre el riesgo de derrumbarse en el medio del siglo XXI. Existen por primera vez en la historia de la humanidad “líneas dramatúrgicas”, amenazas de crisis gigantes que convergen en el horizonte de 2010-2020 que pueden provocar un punto de ruptura: degradación del ecosistema planetario y cambios climáticos, agotamiento de las energías fósiles (petróleo) y de los recursos agrícolas o piscícolas, fragilización de una economía mundial especulativa y endeudada, retorno de epidemias, aumento de los nacionalismos, de los terrorismos y de la proliferación nuclear, agravación de la ofensiva mundial del Islam, envejecimiento dramático de la población de los países ricos que conjugada con la inmigración de masas puede traducirse en una regresión económica sin precedentes.

Tenemos que prepararnos para esta catástrofe gigante, que será el paso de una era a otra, que barrerá la “modernidad” y que quizá verá instalarse por un tiempo una nueva edad media. Esta catástrofe podría ser la ocasión de un renacimiento, ya que en la Historia, toda regeneración de una civilización pasa por el caos, sobre todo cuando esta civilización es, como la nuestra, “metamórfica”.

Eurosiberia

La Europa futura no puede considerarse según la forma fluida e ingobernable de la Unión Europea actual, que es una medusa sin poder soberano, de fronteras abiertas, dominada por el dogma librecambista, sometida a la voluntad a americana y a la OTAN. Hay que pensar en una futura Gran Europa imperial y federal. Étnicamente homogénea (es decir, europea), fundamentada sobre grandes regiones autónomas y sobre todo, indefectiblemente aliada a Rusia. Este enorme bloque continental al que he nombrado “Eurosiberia”. Este erizo gigante que no será en absoluto ofensivo sino simplemente inatacable, será con diferencia la primera potencia mundial (el mundo venidero será el de los grandes bloques) y sobre todo deberá ser autocentrado y romper con los peligrosos dogmas de la mundialización. Existirán perfectamente los medios de practicar la “autarquía de los grandes espacios” Concepto que he desarrollado junto con el Premio Nobel francés de economía Maurice Allais. El destino de la Europa peninsular no puede separarse del de la inmensa Rusia por razones etno-culturales y geopolíticas. Por supuesto, impedir el nacimiento de tal Eurosiberia es un imperativo vital para la talasocracia mercante americana que (en contradicción con su supuesta lucha contra el terrorismo islámico) fomenta cínicamente la implantación del Islam en la Unión Europea y Rusia.

No he venido aquí a hablar del estado de Israel, diré unas palabras sin embargo. Por razones demográficas, creo que la utopía sionista fundada por Hertzl y Buber y materializada desde 1949 no durará más que la utopía comunista y que el Estado hebreo está condenado. Actualmente estoy preparando un ensayo sobre la “nueva cuestión judía”, que espero que será traducido al ruso.

Conclusión

Nunca se debe ser fatalista. La Historia está siempre abierta y presenta con frecuencia caprichos y vueltas de tuerca inesperadas. No olvidemos la fórmula de Guillermo de Orange: “allí donde hay una voluntad hay un camino”. Por el momento estamos en una fase de resistencia y de preparación para acontecimientos muy graves que se anuncian, por ejemplo la conjunción de las guerras étnicas y de una recesión económica gigante. Por lo tanto, desde ahora hay que pensar en lo que vendrá después del caos y organizarse en consecuencia. Para terminar, he aquí la consigna que suelo difundir: “de la resistencia a la reconquista, de la reconquista al renacimiento”.

La sociedad multirracial

Guillaume Faye, [Extractos del libro de Guillaume Faye, Les nouveaux enjeux idéologiques, Le Labyrinthe 1986]

Durante los últimos diez años, la mayoría de los países europeos han testificado precipitadamente la instalación en su seno de un nuevo tipo de sociedad – que habrían podido prever hace veinte años pero que no habían previsto, una forma que se creía reservada, hasta ahora a América: la sociedad multirracial, consecuencia de la descolonización, de la inmigración de mano de obra extraeuropea y de la desigualdad demográfica entre el Norte y el Sur. Por primera vez en su historia – al menos la de los últimos mil años – Europa del Oeste acoge minorías afroasiáticas de rápido crecimiento (entre 5 y 10%) . El choque es de importancia y es en Francia donde se manifiesta lo más violentamente posible. Queda allí pues abierta con una brutalidad y una urgencia desconocida la cuestión de la identidad. Y este reto finalmente permite a los Europeos tomar conciencia, o al menos reflexionar, sobre la naturaleza de su propia especificidad.

La identidad, la profundidad del sentimiento de pertenencia y el valor del concepto de ciudadanía se basan obviamente en una relativa homogeneidad etnocultural de los habitantes de Europa. Lo que implica preguntarnos sobre la “deseabilidad” de la sociedad multirracial o pluricultural. Frente a esta nueva realidad, el debate público menciona abiertamente la proposición de un posible y deseable devenir en un país de minorías. Sin embargo, diversas corrientes de opinión no dudan ya en poner en entredicho la posibilidad de adquirir la ciudadanía de un país europeo si no se es de origen etnocultural europeo [1].

La sociedad multirracial presenta dos inconvenientes principales: en primer lugar, es una sociedad ” multirracista”, dónde prosperan los ghettos, el odio racial, las guerras sociales en todas las clases, como lo demuestran los ejemplos de EE.UU., de Brasil, de Sudáfrica, etc, en segundo lugar, este modelo social equivale a la new-yorkisación de Europa, según la lógica del Occidente planetario, donde el desarraigo, el individualismo narcisista, el refuerzo del carácter mecánico y comercial del cuerpo social, la pérdida de la identidad cultural, constituyen la norma y vacian de sentido el concepto de ciudadanía, tanto para los alógenos como para los indígenas.

Por razones de hostilidad a todo racismo, por el derecho de cada hombre a beneficiarse de una identidad y de una ciudadanía, por la preferencia de un modelo comunitario frente a la sociedad masificada que muestra hoy su carácter patógeno, y por respeto de la cultura europea, cuestionar la sociedad multirracial debe pasar a ser hoy una prioridad. Por otra parte, en la medida en que lo que está en juego es crucial, la nueva oposición no será entre una “derecha” y una “izquierda” – división puramente socioeconómica ya secundaria y obsoleta – sino entre los partidarios del cosmopolitismo y los partidarios de la identidad, que se reclutaran dentro de la izquierda como de la derecha, el problema de la sociedad multirracial se hace central y se instaura como el problema político principal de este fin de siglo.

Lo que se bautiza como “inmigración” en Europa es, en realidad, una “colonización demográfica” por parte de los pueblos fértiles de los países de Asia y África, según la expresión de Alfred Sauvy. Sufrimos el movimiento inverso de colonización que hicimos sufrir a los otros. Si no rechazamos y detenemos nuestra decadencia demográfica, no solamente se realizara la idea de Pierre Chaunu según la cual “Alemania esta condenada a desaparecer, pero ella no lo sabe aún”, sino que a principios del próximo siglo una muy fuerte proporción de los habitantes de Europa, sobre todo entre la juventud, ya no será de origen europeo y probablemente ni de “cultura” europea, puesto que esta última habrá perdido su facultad de integración y porque las poblaciones inmigradas elegirán abiertamente la americanización. Enfrentamos una pérdida de identidad etnocultural (más grave aún que la desculturización, ya que no es recuperable) que amenaza muy seriamente a Europa. En realidad, como intenté demostrarlo en un ensayo reciente [2], nunca, durante su historia, Europa ha estado tan amenazada de desaparición como ahora ni sus dirigentes han sido tan inconscientes.

A la hora en que (con mucha razón, por supuesto) nos sentimos abrumados y afectados por los genocidios que afectan o afectaron, total o parcialmente a otros pueblos, seguimos siendo indiferentes y ciegos al genocidio – étnico, demográfico – del que se encuentran amenazados los europeos.

Los adeptos de la asimilación de los extranjeros en Europa (como los de su integración en el sistema de ghettos de una sociedad “pluricultural”) siguen exactamente el mismo planteamiento que los mesiánicos convertidores de los Indios de América, que los niveladores jacobinos y sobre todo de los colonialistas de los siglos XIX y XX.

Solamente, con la diferencia que es a nosotros a quienes quieren ahora acabar de colonizar. Por espinosa y trágica paradoja de la historia, es la Europa excolonizadora quien se encuentra ahora a la espera de su colonización definitiva. ¡Y, suprema ironía, los inmigrantes afroasiáticos, hijos de los que colonialismo antes domino y destruyó su identidad, son ahora los protagonistas dirigidos y utilizados para hacer perder a Europa los restos de su identidad, son también los instrumentos de nuestra propia “hyperoccidentalización” !

La sociedad multirracial es a la vez la reversión y la continuación de la sociedad colonial; y el multirracialismo aparece como la hipóstasis del colonialismo. En los dos casos es el progresismo quien lleva la danza y se puede comprender, ahora, que el colonialismo no era más que la fase infantil del multirracialismo…

Debe existir en alguna parte del inconsciente de los progresistas y socialdemócratas, este fantasma secreto, mezcla de masoquismo y altérofobia, autorracismo y altérorracismo: no bastaba con ir a colonizar, a occidentalizar y desculturizar a los pueblos del Sur, es necesario ahora traerles a vivir con nosotros, para que acabásemos juntos desculturizados y desidentificados mutuamente. Quienes fueran los vectores de su desculturalización, vienen ahora a nuestra casa para ayudar a nuestra desculturalización definitiva. Laurent Fabius, fiel en eso a la ideología de Jules Ferry, y en perfecta concordancia con el espíritu de la Revolución francesa como de la Constitución americana, recordaba que la República tenía vocación que construir una sociedad y una nación multirraciales, donde las identidades y las pertenencias religiosas, culturales y étnicas de los ciudadanos pasaran a un segundo lugar [3]. ¿Autojustificación del etnocidio?

No es pues una novedad, la ideología que preside hoy al multirracialismo, a pesar de su pretensión a serlo. La doctrina de la “República Francesa”, en efecto, prosigue explícitamente el modelo “nacional” de los monarcas centralizadores, asentándose en la asimilación forzada de los pueblos y la abolición de sus identidades. En Francia, la colonización de los pueblos de las “provincias” por el Estado central, el colonialismo de ultramar y el multirracialismo y la asimilación de hoy se prolongan naturalmente. El poder actual, “multicultural”, no hace más que proseguir la doctrina de sus antecesores. Paradójicamente, es la identidad francesa que paga los gastos de la ideología francesa… en la medida en que no basta ya con integrar grupos étnicamente cercanos, como fue el caso durante siglos. La evidencia que la sociedad multirracial crea los guetos e institucionaliza el racismo nos es confirmada por el hecho de que en las instituciones, más allá de un determinado límite máximo de “gente de color”, estos últimos reivindican una autonomía racial. En Gran Bretaña, en el partido laborista, los Negros reivindicaron y obtuvieron (además, con mucha lógica) la constitución de una “sección negra”, verdadero partido dentro del partido (Daily Mail, 15 de abril de 1985). Así pues, como en Bélgica con el problema de los Flamencos y Valones que ha obligado a duplicar todas las instituciones (pero con una gravedad múltiple a causa de la profundidad de la diferencia étnica), nos acercamos poco a poco a una sociedad en la que se asignaran todos los sectores en función de las razas y etnias. Es innecesario decir que el sentimiento comunitario y el concepto de interés general como servicio público se menoscabaran, y que no subsistirá ya otro lazo social que aquel de las relaciones comerciales y contractuales de intereses económicos [4] – lo que corresponde al proyecto social liberal.

La sociedad multirracial intenta superponer al racismo ordinario y a la desintegración de la sociedad, la dictadura absoluta del mercantilismo diario, lo que equivale a suprimir todas las relaciones humanas que no están basadas en el interés material. La sociedad multirracial, cuya instalación refuerza a la sociedad comercial, al desarrollo de las doctrinas neoliberales y a la potenciación de los poderes tecnoeconómicos en detrimento de los poderes políticos en Occidente, es también correlativa de la aparición de la “Nueva Sociedad de Consumo” [5], caracterizada por la tribalización del cuerpo social. Consecuencia: los únicos lazos sociales “calientes” serán los vínculos privados o intraétnicos (intratribales); tan ajenos a las relaciones y a las “comunicaciones” que operan a un nivel “nacional” o macrosocial, serán cada vez más fríos, anónimos, técnicos y mercantilizados. La sociedad multirracial contribuye pues a acentuar estas características patológicas de los pueblos de hoy: incremento de la masificación y del individualismo anónimo, desaparición de los vínculos cívicos y del altruismo comunitario.

A los que dicen : “Muy bien, vamos a perder nuestra identidad cultural y antropológica:” ¿¿por qué negarnos a ello? Una nueva civilización, universal, mestiza está naciendo. ¿¿Por qué no debemos aceptarlo? “, no hay sino que responderles a nivel racional o a nivel moral.” Queda también por oponer un deseo contrario, el mismo deseo, la misma voluntad, que manifiestan por ejemplo, los Africanos o Árabes de no dejarse invadir por Europeos, de seguir siendo fieles a su identidad. En efecto, así como es normal y legítimo que el Árabe, el Negro africano, el Japonés quieran seguir siendo ellos mismos, que se reconozca que un Africano es necesariamente un hombre negro o un Asiático un hombre amarillo, es legítimo, natural y necesario que se reconozca el derecho a un Europeo a rechazar el multirracialismo y a afirmarse como hombre blanco. Tratar de racismo tal posición es una fanfarronada inadmisible. Los verdaderos racistas son, al contrario, los que organizan en Europa la constitución de una sociedad multirracial.

Que sean lógicos: así como era necesario combatir el colonialismo y la opresión que los Blancos invasores hacían sufrir a los pueblos de color, así mismo es necesario rechazar la implantación en la Europa de estos mismos pueblos de color. Y ello, precisamente en nombre del antirracismo. Porque la historia demuestra que las sociedades constituidas sobre mezclas o yuxtaposiciones brutales de poblaciones de orígenes muy distantes terminan por dar lugar, como el caso de los Estados Unidos o de Brasil lo demuestran, a sociedades obsesionadas por el veneno de la cuestión racial, sustituto de la cuestión social, a sociedades infectadas por el racismo de masas, el racismo diario constituye el irrefrenable telón de fondo.

Las sociedades americanas del Norte y el Sur nos muestran que la asimilación de etnias distintas en un conjunto comunitario y cultural falla y que sólo subsiste la yuxtaposición jerarquizada de los grupos humanos – con todas las tensiones que se derivan. ¿¿Se cree seriamente que nuestro modelo sociocultural actual, que ya no posee para los autóctonos ningún poder consensual, podrá federar a poblaciones de orígenes muy diferentes ?

Es pues en nombre del antirracismo que es necesario condenar a la sociedad multiracial y a sus apologistas. Es en nombre del antirracismo que es necesario denunciar al que niega la existencia de las razas e identidades, y cuyos enemigos son tanto el europeo como el Africano orgullosos de sus orígenes. Los partidarios del cosmopolitismo multirracial realmente se proponen constituir una organización social del mundo de carácter profundamente racista: quieren construir una civilización planetaria, de cultura americana occidental, donde los Blancos dominan a los mestizos y a la gente de color (puesto que estos últimos tendrán más difícil su integración en el modelo cultural occidental, que es “blanco” a pesar de todo), dónde cada país sea un melting pot heterogéneo en el cual dominará una casta occidentalizada. Es la extensión planetaria del modelo racista de la sociedad americana. Dividir para reinar. Los totalitarismos quieren sociedades fragmentadas…

A este modelo, por antirracismo, por respeto de las razas y los pueblos, preferimos el de un mundo heterogéneo de pueblos homogéneos (y no al revés), la sola garantía del respeto al otro. Se respetará en Europa al hombre africano o el hombre árabe que no se integren y desaparezcan como hombres diferentes o ni se refugien en ghettos, que puedan apreciarse como extranjeros que dispondrán de una patria y no como unos parias malasimilados.

Consecuencia del multirracialismo (pero no solamente de él) el racismo, este mal de las sociedades igualitarias implícitamente contenido en el asimilacionismo de los derechos humanos, incrementa en una forma que escandaliza a la opinión publica. Es en este nivel más vil que los racistas declarados (en privado, ya que su expresión publica se sanciona, como la homosexualidad antes) y los antirracistas profesionales plantean hoy el problema de la identidad de los pueblos. La cuestión racial toma pues hoy el mismo carácter que la cuestión social, y en algunos aspectos que la cuestión sexual hace algunas décadas. Y, por una fatalidad trágica, cuanto más el racismo es hecho tabú, y más se legisla contra él, más se instaura como discurso implícito de referencia en el trasfondo de todos los debates y de todos los comportamientos diarios… El racismo, fase final, fase cancerosa de las identidades en perdición, pasea en adelante su espectro entre nosotros.

La cuestión racial se convirtió en el demonio interior del mundo occidental no solo por culpa del simple hecho del planetarizacion de la historia, de la abolición de las distancias o de la creación de doctrinas políticas como el racismo de los siglos XIX y XX en los países anglosajones, en Alemania y Francia (patria del nacimiento del racismo teórico, como lo muestra bien Zeev Sternhell) [6]; sino que la responsabilidad de la obsesión racial la tiene la socialdemocracia, que hoy se declara antirracista pero que fue históricamente responsable, desde hace un centenar de años, del colonialismo, luego del neocolonialismo ocultado bajo la mampara de la “descolonización”, y finalmente de la organización de la inmigración y de la sociedad multirracial en Europa. Pero también otro factor, más específico, impulso la instalación de la obsesión racial.

Los medios denominados antirracistas, humanistas militantes, que por su obsesión y persecución patológica del “fascismo”, y “nazismo”, han contribuido a su resurgir en sociedades donde estas doctrinas en realidad habían desaparecido después de la guerra. Encontramos allí uno de los más asombrosos efectos de hétérotelia social que podramos constatar.

Hitler permanece vivo, como mito, presencia latente y segunda conciencia subterránea, gracias al celo de sus pretendidos denunciadores, que no dejan de anunciar fantasmagóricamente su regreso, mientras que en realidad, durante los años sesenta, había desaparecido realmente.

No hay pues un día en que no se nos presente una dudosa publicación de “antología” sobre las fechorías del nazismo, una película televisada triste sobre la deportación, el “holocausto”, la resistencia antifascista, etc.

La fascinación por el fenómeno fascismo-racismo-nazismo se expresa en los medios de comunicación, bajo el pretexto pedagógico de inmunizar a las poblaciones, pero en realidad se hace para incrementar el beneficio económico de unos pocos, como lo demuestran los escandalosos y dudosos affaires del “Diario de Ana Frank” (un fraude con bolígrafo) o de la película “Holocausto”, película que apela a la morbosidad bajo un discurso “antinazi” de fachada.

Un psicoanálisis de estos síndromes obsesiónales, que ocurren en mayor virulencia cuarenta años después, mostraría, que los promotores del discurso de “denuncia” pedagógico de la tríada fascismo-racismo-nazismo, sufren una angustia de atracción-repulsión, un deseo irreprensible de “hablar”, una necesidad de expresar y encubrir a la vez una obsesión racial y un racismo profundos bajo su proyección (en otros) y su denuncia permanente. Intelectuales como Jean-Pierre Faye, Bernard- Henri Lévy, Albert Jacquard (este último usual de los lapsos racistas), por no hablar de Simone Veil, que pasa su vida persiguiendo hitlerianos imaginarios o visualizando el retorno de Mussolini en el mas minúsculo fenómeno social xenófobo, son responsables de la propagación de ese “mito ario”, de la “racialización ” ideológica de nuestra sociedad [7] y del mantenimiento de la sombra de Hitler en el imaginario de los Europeos de hoy.

Tal síndrome puede compararse a lo que pasaba con el sexo en los ambientes cristianos no hace mucho tiempo. Los curas “antimasturbadores” de nuestros órganos colegiados, las damas protectoras denunciadoras de orgías imaginarias o los padres de familia cazadores de pederastas, manifestaban, también, una profunda atracción por los hechos – imaginarios – que denunciaban, y sobre todo, suscitaban en otros la fascinación y la tentación. El obseso del sexo o la raza, del antisemitismo o la pederastia, al crear su psicodrama de sospechas y tabúes, propaga su obsesión y sus tentaciones y hace posible la aparición del fenómeno que denuncia [8].

En efecto, uno de los principales resultados sociológicos a los cuales llegaron los B.H. Lévy y Roy Ladurie (compañeros de raza, por otra parte, de Hanna Arendt), en su denuncia del resurgir del “espíritu de Auschwitz”, es la creación de una atmósfera de “sacralización” del fenómeno, en particular, en las generaciones mas jóvenes. Mientras que el “desconocimiento de Hitler” les habría podido inmunizar contra un renacimiento de las doctrinas racistas o fascistas haciéndolas hundirse en el olvido y la trivialidad de lo retro, la advertencia permanente contra su renacimiento ha reconstruido objetivamente a las sectas neonazis. De la misma forma, la estúpida letanía sobre que “la raza no existe” ha desarrollado naturalmente una contrarreacción racista. La advertencia contra el “racista grande-ario y rubio” [9] hizo nacer una fascinación patológica por ese mito que se pretendía evitar (véase como ejemplo, la utilización provocadora de símbolos nazis por jóvenes marginados, en ruptura con un mundo de adultos que para ellos esta vacio de sentido, encerrado en su egoísmo y su hipocresía). Los escritos de un Bernard- Henri Lévy muestran una extraña fascinación por el tema racial ario y una protesta implícita contra la “barbarie” inherente a todo lo que estaría incluido en la cultura europea “pura”.

En el espíritu de un público cada vez mas alejado de lo que se pudo llamar la cultura política clásica, el exceso de discurso y sermones sobre el racismo, el fascismo, el nazismo, la provocación permanente respecto al supuesto renacimiento de un antisemitismo de masas, la sempiterna y estúpida asociación (como en la película Train d’Enfer de Roger Hanin) del “Ario rubio” brutal, torturador, racista y de extrema derecha, y de su víctima, representada por un Judío o un Mediterráneo, contribuyen a mantener y desarrollar una especie de “mito ario negativo” cuyos efectos son los mismos rigurosamente que los de un “mito ario positivo”.

Desde este punto de vista puede hacerse un paralelo: de la misma forma que las democracias occidentales, como las democracias populares, intentan legitimarse, hacer olvidar sus fracasos inmensos y de lavar la sangre que tienen aún sobre las manos desde 1945 designando como enemigo fantasmagórico al “totalitarismo fascista” (en un proceso mórbido de legitimación negativa), nuestra sociedad no deja de conmemorar su victoria sobre Hitler y Mussolini para hacer olvidar los problemas contemporáneos que no puede solucionar concretamente: “el vientre de la bestia inmunda esta fértil aún”, tal es el mito fundador y de legitimación, según la famosa fórmula de Brecht, de una sociedad que no llega ya a justificarse mas que presentándose como el oponente de un fascismo-racismo-nazismo siempre listo para reaparecer, siempre latente por esencia, nunca completamente vencido.

El mito del fascismo latente contiene implícitamente la idea de que la cultura europea – francesa y alemana en particular – es, por naturaleza, culpable de engendrar tales “demonios” (una Europa identitaria y autónoma es el demonio para los B.H. Lévy y los André Glucksmann) y que debe, pues, permanecer bajo vigilancia y perder, por cosmopolitismo, su identidad cultural o étnica (es la tesis de la Iglesia que recomienda, por un moralismo de culpabilización, la adopción de niños extraeuropeos y fomenta el mestizaje). Pero este mito permite también trivializar y hacer olvidar los delitos que, desde Dresde e Hiroshima, las democracias occidentales como las democracias comunistas, vinculadas a las primeras por el mismo “antifascismo” fantasmagórico, no dejaron de perpetuar en todos los ámbitos: poblaciones desplazadas y/o destrozadas en Europa después de la guerra, aceptación de las anexiones arbitrarias de la Unión Soviética, gulags y sistema de concentración soviético, crímenes de guerra innumerables de las democracias occidentales y Estados comunistas en todos los conflictos que agitaron el Tercer mundo desde 1950, etc.

Resumidamente, el cadáver de Adolf Hitler, embalsamado y mantenido cuidadosamente desde la guerra, sirve a toda esta inmensa corriente político-ideológica “igualitaria, humanista y democrática” (englobando, de los comunistas y los liberales, a todos los participes del “frente antifascista”, todos los que son herederos ideológicos de un judeocristianismo que, también, tiene las manos bien ensangrentadas), para legitimar su totalitarismo implícito y a minimizar el alcance de sus fechorías, que son los crímenes de guerra y las tentativas de genocidio perpetrados, por ejemplo, por Israel en el Líbano, pero que se intenta los perdonemos porque son hechos por los hijos de “los mártires de Auschwitz”.

Nunca, desde 1981, fecha de la instalación de los socialistas en el poder, se había visto tanto a Hitler en la televisión francesa. No hay un día sin “denuncia” del racismo hitleriano, sin una condena del antisemitismo, sin un “gran” debate sobre el “resurgimiento del racismo”, sin los fondos de marchas militares nazis, sin películas sobre los campos de la muerte y sin un curso de moral cívica impartido por los grandes sacerdotes del antirracismo y de la buena conciencia.

El efecto de este bombardeo de información es – obviamente – el revés de lo que se ha buscado. Racismo, antisemitismo e hitlerismo se instalan en el imaginario colectivo como presencias demoníacas, mitemas diabólicos que, incluso si no seducen inmediatamente, siguen estado, sin embargo, presentes en la profundidad de los cerebros… Se repite una vez mas, la vieja historia de los aprendices de brujo.

Son pues, los “denunciadores” del nazismo quienes permiten su permanencia – y que incluso lo profundizan – en forma de mito, dando así, desgraciadamente, razón a posteriori al famoso Martin Bormann… “La furia pedagógica que denuncia y condena el racismo y el antisemitismo, sobre todo allí donde no existen, afortunadamente no hace sino cristalizar definitivamente tal idea en la conciencia popular.” Los profesores han hecho que mucha gente que antes no hacía distinción entre un Judío y un no judío (en cualquier caso no más que entre un católico o un protestante, un Bretón y un Antillés) “fuese informada” que en la lucha contra el antisemitismo, el Judío no era un ciudadano como otro, que la judaidad no era una diferencia como otra, y que el antisemitismo era una forma “especial” (terrible) de racismo. Julius Streicher y Drumont no lo habrían soñado mejor. El resultado de las campañas obsesiónales contra el racismo y el antisemitismo realizadas desde el principio de los años setenta fue distinguir racialmente al Judío del resto de la población.

Lo que las sectas neonazis no hicieron, los medios “antirracistas” y los sectarios de los derechos humanos lo realizaron. Ciertamente, no fue voluntario de su parte, pero es necesario señalarles los hechos. Han sido más estúpidos que perversos. Pero en cuanto a propaganda política, la idiotez es imperdonable porque puede conducir a lo peor y a los resultados más inesperados. Estos resultados quedan claros hoy: el antisemitismo progresa de nuevo a Francia, y por otra parte, en el pueblo y en muchas elites, es cada vez mas atractivo en tanto que toma el sabor del fruto prohibido. En cuanto al racismo ordinario, es inútil mencionar su extensa difusión…

Sin embargo, más allá de la ceguera, es posible detectar en los profesionales del antirracismo algunos deseos turbios. ¿Los múltiples gritos y lapsus de un Albert Jacquard [10] o los fantasmas hitléromaniacos y racioides de un Bernard-Henri Lévy, cuya última novela es una antología de obsesiones nazimorfas, las iras de cualquier otro autor contra el fascismo hitleriano nos deja entrever que detrás cada puerta como las viejas señoritas frente al Violador, todo esto no se vincula más o menos con un deseo negado?

Es una fascinación negativa, ciertamente, pero esta afloración de publicaciones dudosas que pretenden, para denunciar mejor el “peligro nazi”, mostrar los aspectos “históricos”, reconoce que esta fascinación encuentra un mercado de fascinados cada vez mas creciente.. La idea racista que, por arquetipo toma fuerza y forma, ingresa en adelante, en el panteón de valores, como recurso posible. Así como los cristianos suscitaron misas negras y cultos demoníacos, del mismo modo, nuestros buenos demócratas y obsesos del fraternalismo antirracista han favorecido lógicamente el nacimiento de una “cultura” racista. En muchos casos, Hoy es el antirracismo quien crea racismo y no al revés; o más exactamente el antirracismo, al calificar errónea y sistemáticamente de “racista” los comportamientos xenófobos totalmente clásicos donde el odio racial no existe en origen, o actitudes sociales banales desprovistas de racismo, termina por volver efectivamente racistas dichos comportamientos. Del mismo modo, la atmósfera de sospecha racista creada por los cazadores de brujas del antirracismo deja suponer a la gente de color que están por todas partes dispuestos a ser discriminados, lo que les conduce sociológicamente a discriminar ellos también.

¡De allí se pasa a otra consecuencia extremadamente dañina, el hecho de que todo discurso de afirmación de una identidad europea corra el riesgo de verse neutralizado como “racista”, lo que es el colmo, puesto que el racismo es la inferiorización del Otro y no la afirmación de Sí! Conviene pues denunciar como promotores de racismo a todos los que intentan establecer un vínculo entre la afirmación perfectamente legítima de una identidad étnica europea y el racismo.

Todos los Europeos, por lo tanto, son alcanzados, en distintos grados, por la autoculpabilización. Ésta se manifiesta con motivo de las psicosis antirracistas que los medios de comunicación y la opinión pública extienden cada vez que un extraeuropeo aparece en la crónica judicial. El psicodrama antirracista toma aspecto patológico y desempeña el papel de una especie de autoterapia mórbida de la sociedad. Se trata de exorcizar a un demonio del que se sospecha que se lleva en sí, denunciando un racismo imaginario (la observación de riñas más banales como una oleada de ” crímenes racistas”) o, por parte de las autoridades, negándose a sancionar los delitos cometidos por extraeuropeos, por temor del pecado capital. Este síndrome masoquista exacerba aún más el racismo de masas.

Los medios políticos e ideológicos que tienen interés en desarraigar a los Europeos, en la pérdida de su identidad, desempeñan un papel especialmente activo en la exacerbación de este racismo, según una doble estrategia: favorecer por una parte la sociedad multirracial y cosmopolita que mantiene los ghettos y causa el desarraigo tanto de los autóctonos como de los alógenos; y suscitar, por otra parte, un racismo popular, incitando a las autoridades como a los ciudadanos no aplicar las leyes hacia los alógenos, poniendo a unos contra otros, por sutiles campañas de prensa, los Europeos contra los extranjeros, resumidamente, gritando sin cesar “lobo”, con el fin de hacer, precisamente, que venga el lobo. Esta estrategia tiene por objeto transformar a la sociedad europea en una contraparte de la sociedad americana: al mismo tiempo multirracial y multirracista. A la imagen de los Americanos, los Europeos deben convertirse en individuos sin identidad, encerrados en su prisión étnica y federados por la forma de vida occidental y materialista o la “comunicación” de un sector audiovisual débil.

Ya que hemos tomado conciencia de esta realidad, podemos, sobre la cuestión del racismo, invertir completamente los términos del problema a diferencia de como es presentado por el discurso oficial. El único racismo existente es aquel de los que quieren, para Europa y eventualmente otros conjuntos sociohistóricos, una sociedad multirracial: el único racismo existente es de los que asumen el monopolio del antirracismo; el único racismo existente es de los que devalúan la pertenencia y la conciencia racial, es decir, la etnicidad de los pueblos del mundo, que abogan por la desaparición de las razas – riqueza inestimable de la especie – reduciendolas a simples categorías biológicas individuales, o a simples “curiosidades” etnográficas y superficiales. El único racismo existente es aquel de quienes nos hacen creer que el reconocimiento del hecho racial y las identidades étnicas conduce al complejo de superioridad xenófobo, mientras que, al contrario, es el menosprecio de las otras razas, la paranoia y el odio racial los que nacen en las sociedades igualitaristas (los Estados Unidos). En resumen, el único racismo existente hoy es de los que devalúan la identidad étnica, es decir biocultural, en beneficio de definiciones desculturizantes, primitivas y falsas pertenencias a modelos estrictamente políticos (“democracia occidental”, cultura de los “derechos del hombre”, etc).”

Al contrario, la verdadera oposición al racismo pasa por el reconocimiento de la legitimidad de la afirmación de la conciencia y el hecho étnicos por todos los pueblos, incluyendo el propio. El derecho a la identidad, para un pueblo, es también el derecho a una relativa homogeneidad étnica y el derecho a una territorialidad, es decir, a la soberanía sobre una unidad política, de tal modo que se observe una coincidencia entre la etnicidad y el conjunto territorial independiente; porque el derecho de un pueblo a la identidad no se garantiza si cohabita en una extensa unidad política con otras minorías y si no tiene la soberanía en un territorio donde su etnia esté representada mayoritariamente. La yuxtaposición de etnias en el marco de una “macrosociedad” da lugar sistemáticamente a un mosaico social donde reinan los ghettos y el odio racial, cultural y religioso. Los distintos ejemplos, Estados Unidos, el Líbano, los países de África occidental, Sudáfrica, la Unión Soviética, ilustran la nocividad de la cohabitación étnica y dan el espectáculo de naciones tribalizadas dónde reina el colonialismo interior.

Notas

[1] Ver sobre este punto Jean-Yves Le Gallou, La préférence nationale, Albin Michel, Paris 1985.

[2] Véase. Guillaume Faye, Nouveau discours à la nation européenne, Albatros, Paris 1985.

[3] Véase. Le Monde, 9 de marzo de 1985: discurso de L. Fabius en Toulouse.

[4] Un interesante informe confidencial fue publicado por la administración francesa de los Servicios de Correos sobre la aparición preocupante de “redes” y de “sectores” basadas en la etnia dentro de las jerarquías oficiales, y que dan lugar a discriminaciones raciales endémicas en ambos sentidos.

[5] Guillaume Faye, La Nouvelle Société de Consommation, Le Labyrinthe, Paris 1983.

[6] Zeev Sternhell, La Droite révolutionnaire en France, Seuil, Paris 1978.

[7] Véase. sobre este punto Alain Griotteray, Les immigrés, le choc, Plon, Paris 1984.

[8] Es necesario mencionar a este respecto la increíble campaña de propaganda organizada en Francia en 1985, con el apoyo del poder, por la asociación Sos-Racismo y una parte de la prensa, en favor de la sociedad multiracial. El objeto sutil de esta campaña fue al mismo tiempo devaluar la identidad francesa (“Francia está como un ciclomotor, se mezcla”), de crear tensiones étnicas, en particular, antiárabes y presentar la sociedad multiracial como un hecho establecido. Hicieron que la Juventud se sumara moralmente, en particular, a llevar una insignia antirracista vendida a centenares de millares de ejemplares, dado que se culpabilizó los que la rechazaban explícitamente. El resultado más notable de esta campaña habrá sido dividir a la población sobre la cuestión racial, lo que ocurria por primera vez desde 1945, y de hacer crecer en proporciones considerables a los partidarios de una expulsión brutal de la gente de color… Hasta se puede decir que, sociológicamente, a partir de 1985, Francia es el primer país europeo donde la cuestión racial fue abierta y planteada explícitamente, dónde el problema de la identidad fue formulado en términos étnicos y biológicos y donde el racismo se han convertido en un sentimiento corriente, tanto por parte de la gente de color como en otros.

[9] Tema recurrente en las series televisadas y las innumerables películas “pedagógicas” que florecen desde mediados de los años setenta, y no solamente en torno al sempiterno tema de “la brutalidad de las SS”, por lo que no hay ninguna semana sin que los periodistas de los grandes medios de comunicación escritos y audiovisuales mencionen con delicia el espectro.

[10] Durante una emisión televisada de la 2° cadena francesa consagrada al racismo – una vez más Albert Jacquard, que se pretende por impostura genétista pero que es el bufón de los medios científicos, desde más de diez años, se dedica a explicar a los Franceses que las razas no existen, pero no deja, para demostrar esta contraevidencia, de hacer apología de la sociedad multirracial. O bien existen, o bien no existen…

Véase. también B.H. Lévy, Le Diable en tête, Grasset, Paris 1985.

Thorstein Veblen. Más allá de la lucha de clases

Guillaume Faye, [Artículo extraído de la revista “Hespérides”, 8, noviembre de 1995]

Raymond Aron ha escrito sobre él: “Entre todos los sociólogos, Veblen es el más famoso de los desconocidos (…) Típicamente americano, siempre con un irreductible optimismo a pesar de la crudeza de los análisis (…) Veblen no ofrece argumentos fáciles a escuela de pensamiento o partido político alguno. La nueva izquierda encontraría en él, quizás, un talante coincidente con el suyo. [Veblen es] una personalidad fuera de lo común, un viandante solitario, perdido en medio del cuerpo docente, un descendiente de emigrantes escandinavos que se siente perdido en la época de los barones de la industria, un nostálgico de la vida simple y libre”.

Hijo de campesinos noruegos que emigraron a los Estados Unidos, Veblen estaba marcado por el ideal rural y artesanal de sus ancestros. Despreciaba la arficiosidad burguesa y rechazaba la sociedad —y su sistema económico— dominado tanto por la finanza como por la técnica creativa. Sus experiencias, aquellas que orientaron sus tesis, no tuvieron un carácter intelectual, como había sucedido con Marx o Proudhon, sino empírico: Veblen pudo comprobar el contraste existente entre el trabajador que se ensucia las manos y el burgués de manos blancas, enriquecido como consecuencia no de su trabajo sino de la manipulación de los símbolos sociales y financieros. Veblen ofrece como fundamento de su obra una crítica de la sociedad mercantil y del capitalismo occidental muy distinta de la aportada por el marxismo, más moderna, aunque menos rigurosa. Su estilo de pensamiento está muy próximo a Proudhon, Sombart, Feder, Wagemann o Perroux.

Nacido en 1857, Veblen publicó su obra fundamental en 1899: The Theory of the Leisure Class (Teoría de la clase ociosa) (1). Autor de numerosos artículos científicos, conferencias y de traducciones de leyendas escandinavas, publicó en 1923 otro libro importante: Absentee Ownership and Bussiness Enterprise in Recent Times: the case of America, en el que desarrollará conceptos socio-económicos alejados tanto del liberalismo como del marxismo, y en el que se ha inspirado Baudrillard para su ensayo Para una crítica de la economía política del signo.

El pensamiento de Veblen, radical y anticapitalista —aunque incompatible con el marxismo, repito—, tiene como objeto la economía aunque huye de todo economicismo, se inspira en el evolucionismo biológico en su análisis histórico, rechaza el determinismo social y concede un amplio espacio al irracionalismo, para ofrecer un estilo y un haz de conceptos de gran utilidad. Lo único que no podemos aceptar, desde nuestro punto de vista, es su sentido político e ideológico marcado por un ingenuo optimismo y un irenismo infantil propio de la América luterana, no exento de un cierto idilismo agrario germano-escandinavo.

EL TRABAJO Y EL OCIO

El punto de partida del análisis de Thorstein Veblen es la crítica de la técnica y de la propiedad mobiliaria —en particular de las acciones y los títulos— del capitalismo americano: el propietario anónimo, la riqueza amasada sin trabajo, la especulación inmobiliaria y el reino social de la abstracción monetarista. Al contrario que el burgués Marx, Veblen no desprecia al campesino y no se deja seducir por el determinismo proletario, y rechaza la oposición entre alta burguesía industrial y asalariados industriales, que constituye la base del esquema marxista construído a partir del análisis de la primera revolución industrial, teoría que se revelará falsa en el caso de los Estados Unidos de los años 1900 a 1920. La lucha de clases, para él, no se desencadenaba entre el capitalismo —como sistema de detentación de los medios productivos— y el conjunto de los asalariados industriales (el “proletariado”), sino entre una clase ociosa, en parte compuesta por especuladores financieros (los “capitalistas”), y las categorías productivas de la población, los asalariados.

Esta distinción, que ha sido consustancial una cierta derecha revolucionaria (de Sorel a Jünger), se adapta mucho mejor a la realidad que la tradicional explicación marxista sobre la sociedad moderna, ya sea de corte liberal o socialista. Para Veblen, Marx era un “neohegeliano romántico” cuya teoría de la lucha de clases, como proceso histórico consciente, está influida por los mecanicistas e igualitaristas ingleses, por Bentham y Ricardo fundamentalmente. A pesar de todo, Veblen no dejará de subrayar aquellos elementos positivos, aunque mal formulados según él, de la teoría marxista del valor-trabajo. Al contemplar incorporado en el valor real de las mercancías el valor del trabajo humano necesario para fabricarlas (valor=costo en trabajo), el marxismo opera ciertamente sobre una simplificación —que desemboca en el error económico de la teoría de la plusvalía—, pero provee al análisis de la sociedad de una ética y de un instrumento conceptual más interesante que las interpretaciones liberales del trabajo.

Generalmente, para los liberales, desde Ricardo, el trabajo es una carga desagradable (irksomeness), una acción ingrata desconectada de cualquier valor. El liberalismo clásico —y más tarde los marginalistas— se basaron en parámetros mercantiles sobre la base de un esquema de placeres y penas, infravalorando el trabajo al contemplarlo como un instrumento para la obtención de placer y de enriquecimiento, sin concederle otro valor intrínseco. Aún más mecanicista y economicista que el marxismo, la corriente liberal omite los descubrimientos de la biología —por los que Veblen sí se interesaba— que reconocían al trabajo un papel biológico y cultural. La sociedad con una economía liberal, erigida sobre el hedonismo, no puede sino desembocar en una gigantesca crisis de trabajo. El futuro de la sociedad mercantil dará la razón a este análisis, que considera al hombre como un ser más de acción que de cálculo económico de placeres y penas (el homo oeconomicus).

El marxismo, en su tendencia a glorificar el trabajo, no molestaba ciertamente a Veblen, puesto que el producto de aquél “es el que se produce como consecuencia del despliegue de la vida humana” y es parte “del poderoso proceso vital”, así el rechazo marxista del hedonismo y del materialismo burgueses entraría dentro del ámbito de la metafísica: cuestiones como la de la pauperización, la desaparición de las clases y del Estado, el milenarismo de la razón dialéctica, etc.

Además de criticar al homo oeconomicus en nombre de la naturaleza biológica del ser humano, Veblen sentó las bases de una crítica de la economía política de la sociedad industrial según un punto de vista “socialista” mucho más incisivo que el de los marxismos contemporáneos. Desde el punto de vista de Veblen, los trabajadores de todas clases y sean cuales fueren sus funciones, propietarios o no, padecen el dominio de los financieros, de los especuladores, ya sean éstos personas privadas o de las clases funcionariales. Este análisis es, desde luego, aplicable a nuestra civilización, superando el concepto de “finanza” por el de “especulación” ociosa e improductiva, válido tanto para el mundo americano, como para Francia, Suecia o el régimen soviético. Este discurso conforma una crítica sociológica y ética de la burguesía americana, de sus costumbres y de sus ideologías y, por extensión, de la burguesía occidental, como portadora de decadencia y de muerte cultural. Para Veblen, la naturaleza del hombre está sujeta al evolucionismo biológico y a una pluralidad de instintos confrontados. El contraste entre el mundo rural y el mundo yankee ilustra la oposición entre el instinto artesano (workmanship) del “hombre trabajador” y el instinto predatorio de quien se aprovecha de lo que otros producen y nunca ha sido capaz de producir. La oposición parece tanto más válida si corregimos la filiación pacifista de Veblen, que confundía al “depredador” con el guerrero, el financiero o el jefe industrial, en quienes veía la versión moderna del combatiente ávido de botines. Corrigiendo los conceptos veblianos con las tesis de Ernst Jünger, podríamos fructuosamente contraponer un tipo trabajador conformado por elementos artesanos y guerreros a un tipo depredador de esencia mercantil.

LAS NUEVAS CLASES: ARTISTAS CONTRA UTILITARISTAS

Al criticar a la sociedad americana y la explotación de las fuerzas productivas por parte de la ociosa “clase rica” de los financieros, Veblen contrapone dos tipos psicológicos en el seno de la economía occidental. Un primer tipo sería el que sostiene una conciencia utilitaria que reproduciría el sistema y su ideología materialista y hedonista. El segundo tipo, ajeno a la dinámica mercantil y objeto de su desastroso dominio, sería el de los que apuestan por la libre curiosidad (idle curiosity), esto es, los artistas, los inventores, los que arriesgan su propio capital, las personalidades aventureras. Solo la curiosidad libre camina en el sentido de la evolución biológica; por contra, la civilización liberal, como consecuencia del “despotismo del dinero”, la esclerotiza.

Adelantándose a Gehlen, Veblen definió al hombre como un ser de acción más que de cálculo o de goce. El utilitarismo de los financieros o de los educadores modernos constituye, como años más tarde demostrará Lorenz, un factor de bloqueo biológico de la cultura. El pensamiento científico es fruto de la curiosidad libre en mayor medida que la racionalidad. Ese instinto artesanal —muy próximo a lo que Heidegger consideraba como “poesía”—, es el más necesario para la evolución de una cultura, para que aquella curiosidad libre se despliegue. Veblen define así este instinto en su ensayo Teoría de la clase ociosa: “El hombre se convierte en un agente activo ante la presencia de una necesidad selectiva. Se considera el centro de un despliegue de actividad impulsiva, de actividad ‘teleológica’”. El objeto de este despliegue no es el hedonismo, sino el altruismo y la impersonalidad, dinámica que dota al hombre de un gusto por el esfuerzo eficaz y de un instinto por el trabajo bien hecho.

El aspecto más interesante del pensamiento de Veblen está en el hecho de sustituir la lucha de clases por antagonismos globales que dividen todas las clases. El proletariado no es considerado como “trabajador”, en la medida en que Veblen denuncia a los sindicatos como instituciones mercantiles y predadoras. Desde esta misma perspectiva, los propietarios y los creadores de industrias o de actividad son poseedores del instinto artesanal, mientras que no pocos funcionarios bien pueden ser englobados dentro de la misma categoría que la de los especuladores: parásitos que tan sólo piensan en sus ventajas, frenando con sus manipulaciones el trabajo de los demás, y la fuerza de creación y de inventiva de la colectividad. En la economía occidental, esta oposición entre el “mundo de los negocios”, entendido en su sentido más amplio, y el “mundo de la industria” se nos antoja actualísima. Veblen fue uno de los primeros en denunciar el riesgo de esclerosis como consecuencia del nepotismo introducido en la sociedad industrial, así como en haber advertido seriamente contra el peligro de una economía sometida a las instituciones y a los mecanismos financieros.

El análisis de Veblen guarda un cierto parecido en algunas de sus propuestas con pensamiento del teórico alemán Feder, al considerar que la verdadera explotación provocada por el capitalismo liberal era de naturaleza financiera (“capital prestamista”) al operar sobre un capital técnico-productivo “creativo” (agricultura, industria, comercio y transporte). Veblen, además, sostenía que esta oposición tenía más visos de realidad que el abstracto antagonismo entre “capital” y “trabajo” al denunciar los beneficios monetarios del mundo financiero como “enriquecimiento sin motivo” y cuestionar el interés de la estructura bancaria de la economía liberal. Los financieros, desde el pequeño jugador en bolsa hasta los dictadores de los mercados económicos, “se adueñan de lo que no es suyo”. ¿Un análisis sumario? La actualidad nos ofrece, por contra, suficientes ilustraciones: los bancos invierten en función de sus particulares criterios de rentabilidad, las compañías petrolíferas consensuan el aumento de los precios del crudo en un mercado aparentemente libre con objeto de maximizar sus dividendos, los especuladores inmobiliarios sitúan al alza el precio del suelo y de bienes inmuebles provocando crisis en el sector de la construcción, etc. Abundan los ejemplos que confirman la hipótesis según la cual el capital financiero sabotea la producción y restringe la ocupación, con el objetivo de llegar a un nivel marginal más allá del cual los márgenes de decisión están constreñidos al máximo. El capital financiero —que puede ser “nacionalizado”, aspecto que Veblen no pudo prever— prevalece sobre la economía nacional provocando la entrada de la sociedad en una era de “cultura del dinero” (pecuniary culture) en la que no cabe ninguna actividad que no haya sido previa y pecuniariamente medida, sometida al control y a la reglamentación dictatorial de la lógica pseudo-racional del beneficio financiero como única alternativa.

CUANDO LA PROPIEDAD SÍ es un robo

En su análisis económico, Veblen está muy cerca de las corrientes del socialismo no-marxista. Al igual que Proudhon, consideraba que la propiedad (en su forma de detentación de los títulos financieros de propiedad de los medios de producción) constituía efectivamente un robo, no en el sentido metafísico y absolutista en el que el liberalismo ha querido estúpidamente interpretar esta célebre expresión (toda propiedad, incluso un objeto: Proudhon nunca sostuvo nada parecido), sino en un sentido que podríamos argumentar de esta otra manera: en la economía mercantil (no necesariamente en cualquier economía) la propiedad, en cuanto detentación jurídica de los derechos financieros de uso de los medios de producción y de servicio (y no como detentación de bienes improductivos), tiene la función histórica de permitir a sus beneficiarios enriquecerse, atribuirse los beneficios fruto de los conocimientos técnicos y del trabajo de la comunidad. En este sentido, una propiedad de tal género constituye, efectivamente, una expoliación de la comunidad popular. Nótese que incluso si el “Estado” es el propietario jurídico (caso de los regímenes socialistas o de los sectores nacionalizados en los países occidentales, como por ejemplo la banca), esta expoliación sigue teniendo lugar, cosa que ni Proudhon, ni Veblen, ni a fortiori Marx, habían previsto: los sectores estatalizados expolian a la comunidad exactamente igual que lo hace el sector privado. Lo que no quiere decir, obviamente —como han considerado quienes han pretendido marginar las tesis de Proudhon o del mismo Veblen—, que toda propiedad industrial (o económica) sea un robo. Dicho de otra forma, y para utilizar las fórmulas de ambos autores, la oficina de un patrón-trabajador no sería una expoliación, mientras que a menudo el puesto de dirección y las prebendas que se atribuye un alto funcionario nombrado como cabeza de un grupo financiero o industrial “nacionalizado”, en régimen liberal o comunista, son propiedades expoliadoras, aún si no existe título jurídico de propiedad.

La tesis central de Veblen, resumiendo, es que la economía mercantil debe ser condenada por haber dado el “usufructo de las artes industriales” no a la comunidad popular que, con el conjunto de sus clases, produce el trabajo y la ciencia, sino a la función financiera de la economía que determina las estrategias y, en definitiva, obtiene las ganancias. Una economía comunitaria como la perfilada por Veblen, por el contrario, no autorizaría a una minoría a “obtener algo de nada” (get something from nothing). Mientras que la versión marxista del socialismo, fundada sobre la superada imagen del propietario privado usufructador, pierde fuerza en la medida en que el dirigente no se confunde nunca con el industrial privado y el trabajador no es tampoco el proletario-tipo, la versión vebliana o proudhoniana del socialismo se nos muestra muy actual: el conjunto de los productores es “expoliado” (más que “explotado”) por los especuladores: poseedores de capital, banqueros, publicistas, funcionarios ligados al mundo económico, etc. La lucha de clases —ya que es de esta realidad fundamental de lo que se trata— no opone verticalmente a patrones frente a trabajadores, a ricos frente a pobres, sino, de una manera horizontal, a trabajadores (o “productores”) frente a parásitos; y de esta última categoría forman parte, tanto los funcionarios corruptos como los falsos desocupados; tanto intermediarios inútiles, como especuladores públicos o privados. Trabajadores los encontramos en todas las clases sociales y en todas las funciones, desde el obrero al artista, desde empresarios a militares.

LA CLASE OCIOSA

La crítica social de Veblen va indisolublemente unida a su crítica de las instituciones económicas. Ésta destapa en la sociedad americana y occidental la interdependencia de factores económicos y culturales, sobrepasando el esquema causal de infraestructura/superestructura; habla de una leisure class (que podríamos traducir por “clase ociosa”) para designar a aquella franja de la burguesía para la que la actividad social no significa otra cosa que su objetivo de conquistar, por medio de la posesión cualitativa del símbolo del dinero, una posición de referencia, al tiempo que una superioridad social (sazonada, a título de compensación, con una ideología igualitaria) y de búsqueda del bienestar entendida como un no-trabajo, como hedonismo individualista absoluto. La importancia numérica de esta clase acomodada que conquista espacios a la burguesía media, conformaría el factor social que pondría en peligro a las naciones.

El análisis de Veblen pone el acento sobre la inautenticidad existencial de esta clase. El dinero y el consumo le sirven como símbolos sociales que tienden a camuflar la riqueza acumulada, al tiempo que significan un espectáculo orlado de una superioridad que en absoluto tiene que ver con los méritos obtenidos por servicios a la colectividad, sino a la manipulación social, a maniobras de tipo especulativo, al parasitismo. Veblen habla en este sentido de leyes de disipación ostentosa que “tienen bajo control al consumo”, y añade: “se trata de una serie de reglas que mantienen a los consumidores en un determinado nivel de consumo de alto costo y derroche. (…) La regla del derroche ostentoso puede influir, en mayor o menor medida, en el sentido del deber, en el sentimiento de la belleza, en el sentido de utilidad, en el sentido de devoción y de la convivencia ritual, y en el espíritu de la verdad científica”. Veblen fija así los mecanismos de influencia del estilo económico sobre la cultura: gastando, consumiendo, es la forma en que los individuos y los grupos muestran sus valores. Esta disipación —o despilfarro— ostentoso (conspicuous waste) constituye para Veblen un hecho criticable en sí. La clase ociosa se empeña en sobrevalorar la importancia de los gastos de índole religiosa. Los gastos ostentosos se convierten en patológicos en el preciso instante en que se individualizan y acaban por confundirse, como sucede en la actualidad, con los objetivos últimos de la existencia individual, sobre todo entre las clases medias. El fin de la existencia se convierte así en una exhibición social, en una exhibición en calidad de “clase ociosa”, a través de la medición del valor simbólico de las mercancías y de la posibilidad de compra en función del standing. En este proceso, la pequeña burguesía pone su mirada en la auténtica clase ociosa, que a través de mecanismos de mimetismo alienta y reproduce el sistema económico y social de la sociedad mercantil, gracias a la cual obtiene sus beneficios. En esta perspectiva, las modas, más allá de su aparente superficialidad, asumirían en nuestra sociedad una función política e ideológica más importante que los discursos o la propaganda.

La “disipación ostentosa” conduce incluso a la liquidación de cualquier ética social. “El ladrón que se ha enriquecido de una manera desbocada gracias a la rapiña”, escribe Veblen, “tiene muchas probabilidades de saltar por encima de las leyes que se aplican a los pequeños estafadores, de gozar de su botín de hombre bien educado”. El estilo burgués de vida, vale decir el significado del dinero, es suficiente muy a menudo para formar parte de la sociedad de los parásitos y los bribones. “Esta riqueza, considerada sagrada, extrae su primordial valor de la buena fama que procura cuando se consume con ostentación”. Para mantener su superioridad, las categorías sociales dominantes recurren al simbolismo del consumo y del estilo de vida. Las clases medias, fascinadas, tratan de imitarlas y se ven incapacitadas para contestar el sistema, y así, de esa manera, el consumo masificado, fundamento de la economía mercantil, puede perpetuarse aunque no se ajuste a necesidad fisiológica alguna. De ahí la incesante sucesión de modas y las metamorfosis de estilos de vida que se operan en las clases dominantes, que a penas si dan tiempo a las clases medias a imitarlas.

Jean Baudrillard se ha inspirado de una manera sustantiva en el análisis de Veblen en su notable ensayo Para una crítica de la economía política del signo, donde podemos leer: “Veblen muestra que, a pesar de la tarea que se han impuesto de trabajar y producir, las clases subalternas tienen al mismo tiempo la función de lustrar el estatus del patrón”. Esa es, en concreto, la condición de las mujeres burguesas: las “fascinantes cretinas” están ahí, como una mercancía doméstica, para dar testimonio del acontecimiento de su macho —¿o sería mejor decir de su “propietario”?—. Se trata de un “consumo vicario” (vicarious consumption). Baudrillard subraya: “El teorema fundamental del consumo es que no tiene nada que ver con el disfrute personal, sino que es una institución social constrictiva, que determina los comportamientos incluso por encima de la conciencia que de ella puedan tener los actores sociales”.

Veblen fue el primero en arrojar luz sobre el carácter superficial de la economía de consumo de masas. Por medio de la dilapidación (wasteful expenditure) que comporta y la tendencia colectiva al ocio (waste of time) que instituye, la economía de consumo mercantil consagra una moral de derroche del tiempo y de las cosas. La “disipación ostentosa”, que por un tiempo estuvo limitada a las joyas, a los objetos religiosos o a la decoración urbana, se ha extendido a los objetos cotidianos y a las mujeres “de profesión sus labores”, con el resultado de excitar el anhelo de “rango social” sobre la base de signos materiales. La sociedad se hace hipermaterialista y queda penetrada por incesantes conflictos sociales ligados a un acatamiento general de los standing of living (tipología material de vida). El confort no se mide a partir de condiciones racionales de higiene y libertad necesarias para la salud de la población o como meta para la mejora de las condiciones de vida del proletariado, sino que coincide con un determinado estatus identificado con la posesión de mercancías-signos y con la realización de las fantasías desbocadas por los condicionamientos de la publicidad comercial. En la economía mercantil son compatibles condiciones y ritmos de vida o de nutrición insalubres y la posesión de signos de riqueza: automóvil, electrodomésticos de todo tipo, etc.

LA TIRANÍA DEL CONSUMO

Gracias al profundo análisis desarrollado por Veblen sobre la sociedad industrial americana de principios de siglo, que en realidad fue el laboratorio y el modelo de las sociedades occidentales “de consumo” del siglo XX, es posible correr el velo de las contradicciones fundamentales que socavan nuestra sociedad actual. Ésta opone, según la fórmula de Baudrillard, “una moral aristocrática del otium y una ética puritana del trabajo”, o, según la formulación de Daniel Bell (en su ensayo Las contradicciones culturales del capitalismo), una cultura “contestataria” fundada sobre el no-trabajo y una organización social y económica fundada sobre el trabajo racional. Nosotros, por nuestra parte, afirmamos que la sociedad mercantil, fundada sobre la productividad del trabajo y su racionalización, genera, como consecuencia de la misma abundancia que engendra la productividad, una ideología y una “fisiología” del lucro y del rechazo de la actividad. Dicho con otras palabras, la prosperidad individual, fruto del trabajo colectivo, mina las bases de este último.

Sin embargo, el carácter dramático de la sociedad occidental no consiste, en el fondo, en esta ostentación social en sí (dada en este caso por el consumo de mercancías). Una ostentación de tal guisa —y Veblen lo puso en evidencia cuando hablaba de las prácticas religiosas— ha existido siempre; la posesión de riquezas puede tranquilamente jugar el papel de símbolo cultural. El drama consiste en el hecho de que la ostentación, por medio del consumo, trata de llegar a convertirse en el único juego social, la única práctica de la existencia individual. En consecuencia, no solo los individuos se despersonalizan como consecuencia de convertirse en meros vectores de los signos, sino que la sociedad pierde su historicidad, se convierte en una pura representación y concluye su misión “transmisora”. ¿Por qué hablar de drama? Porque en el drama, a diferencia de la tragedia, los actores ignoran la desgracia que los embarga.

La sociedad occidental, replegada, a pesar de su aparente gigantismo, sobre el fanatismo individual del sistema simbólico de consumo, camina hipnotizada en pos de sus propias mercancías, hacia pruebas que la historia prepara continuamente a los pueblos. Se trata de la marcha de un sonámbulo. Pero la lección de Veblen, más que para esta sociedad “del sueño” —para emplear un término caro a Guy Debord— va dirigida a los pueblos cuyos instintos vitales, creativos o combativos, no esperan otra cosa que la desaparición de la propia posibilidad de “ocio” y “consumo” para desplegar su grandeza y, frente a cualesquiera adversidades, retomar la historia.

NOTA

(1) Primera edición en español: Fondo de Cultura Económica, México, 1944. Otras ediciones: Orbis, Barcelona, 1987 (con prólogo de Jorge Luis Borges).

Romper con la civilización occidental

Guillaume Faye, [Eléments, n° 34, Abril-Mayo 1980]

“Esta Europa que, en una incalculable ceguera, se encuentra siempre a punto de apuñalarse, yace aprisionada bajo las dos tenazas de Rusia y América. Rusia y América son, desde el punto de vista metafísico, la misma cosa: el mismo frenesí en la organización desarraigada del hombre normal. Cuando hasta la última pequeña esquina del globo terráqueo se hace explotable económicamente y en el tiempo que prosigue ha desaparecido el ser-alli de todos los pueblos, entonces las preguntas: ¿”Con qué objetivo?” ¿A dónde vamos? y ¿Qué sigue a continuación?”” estarán siempre presentes y, en la forma de un espectro, cruzaran toda esta superchería.”

Martin Heidegger, Introducción a la Metafísica

En las campiñas francesas, la gigue ni la sardana ya no se danzan mas en las fiestas. El jukebox y el flipper han colonizado los últimos refugios de la cultura popular. En un instituto alemán, un joven de dieciocho años acaba de morir de sobredosis, acurrucado al fondo de un cuarto de baño. En el suburbio de Lille, treinta malienses viven apiñados en una bodega. En Bangkok o en Honolulu, podéis comprar, por cinco dólares, una niña de quince años. “Y no es prostitución porque toda la población lo practica,” dice un folleto turístico norteamericano. En un barrio de México, una firma norteamericana de producción de tablas de surf ha echado a un centenar de obreros. Houston estima que es mas rentable instalarse en Bogotá…

Tal es la cara odiosa de la civilización, que con una lógica implacable, se impone en todos los continentes, arrastra las culturas a un mismo modo de vida planetario y engulle las contestaciones socio-politicas de los pueblos que son sometidos a las mismos hábitos. ¿Que sentido tiene gritar Yankees go home cuando se llevan vaqueros? Para Konrad Lorenz, esta civilización encontró algo peor que el control o la opresión: inventó la “domesticación fisiológica”. Y en forma más eficaz que el marxismo soviético, realiza una experiencia social tipica del fin de la historia. Con el objetivo de garantizar por todas partes el triunfo del tipo burgués, al final de una dinámica homogenizante y de un proceso de involución cultural.

Esta civilización que atrapa hoy a los pueblos de Asia, África, Europa y América Latina, debemos llamarla por su nombre: es la civilización occidental.

La civilización occidental no es la civilización europea. Ella es el fruto monstruoso de la cultura europea, de la que ha tomado su dinamismo y su espíritu de empresa, pero a la que se opone básicamente, y de las ideologías igualitarias resultantes del monoteísmo judeocristiano. Se realiza en América que, inmediatamente después de la segunda Guerra Mundial, le dio su impulso decisivo. El componente monoteísta de la civilización occidental es claramente reconocible en su proyecto, idéntico en sustancia a aquel de la sociedad soviética: imponer una civilización universal fundada en la primacía de la economía como forma de vida y despolitizar a los pueblos en benéfico de una “gestión” tecnocratica mundial.

Conviene distinguir a la civilización occidental del sistema occidental, este ultimo designa la potencia que permite la expansión de aquella. El sistema occidental no puede, por otro lado, describirse bajo las características de un poder homogéneo ni constituirse como tal. Se organiza en una red mundial de microdecisiones, coherente pero inorgánica, lo que le hace relativamente imperceptible y, por consiguiente, más temible. Reagrupa notablemente a los medios financieros de la OCDE, los Estados Mayores de un centenar de empresas transnacionales, un fuerte porcentaje del personal político de las naciones “occidentales”, las esferas dirigentes de las “elites” conservadoras de los países pobres, una parte de los cuadros de las instituciones internacionales, y a la mayoría de los jefes superiores de las instituciones bancarias del mundo “desarrollado”.

El sistema occidental tiene su epicentro en Estados Unidos. No es de esencia política o estática, mas bien procede por la movilización de la economía. Rechaza los Estados, las fronteras y las religiones, su “teoría de la praxis” reposa menos sobre la difusión de un corpus ideológico que en una modificación radical de los comportamientos culturales, orientados hacia el modelo americano.

Pero quien piensa en “Occidente” piensa inmediatamente en el “Tercer mundo”. Se dice que fue Alfred Sauvy quien creó ese término, poco después la conferencia de los países no-alineados en Bandoeng, en 1955. ¿Pero, el Tercer mundo existe?

El leninismo soviético en realidad conoció el concepto de Tercer Mundo antes que el termino existiese. En el Imperialismo, ultima etapa del capitalismo (1916), Lenin funda la doctrina que inspirara la política exterior de la Unión Soviética: utilizar a los países pobres como arma contra el capitalismo mundial, haciéndoles objetos de la historia de la revolución. Idéntica en eso al liberalismo occidental, la ideología leninista subordina la independencia de los pueblos a su proyecto universalista. El leninismo, que es un occidentalismo en el fondo, no reconoce las alteridades nacionales y solo concibe el nacionalismo de los pueblos extraeuropeos como un instrumento provisional al servicio del mismo proyecto que aquel del occidentalismo: una civilización mundial homogénea y fundada en la economía.

El mismo Karl Marx anuncia ese parentesco que existe entre el leninismo y el liberalismo occidental. En The British Rule in India y en The Future Results of British Rule in India (1853), celebra que “la dominación británica haya demolido completamente el marco de la sociedad india” y que “esta parte del mundo, que hasta entonces seguía siendo inferior, en adelante haya sido anexada por mundo occidental”. ¿Ya que peor obstáculo para el “socialismo” que las sociedades tradicionales?. ¿Georges Marchais no dijo que el ejército soviético había invadido Afganistán para suprimir el derecho de pernada?

¿El Tercer mundo englobaría entonces a todos los pueblos que, renunciando a su identidad cultural propia, serian candidatos a la occidentalización, como los proletarios al aburguesamiento? ¿Si es preciso alimentando un resentimiento contra su modelo? La fuerza del sistema occidental, objetivamente cómplice en esto del proyecto leninista, es que el deseo de asimilación triunfa siempre sobre el resentimiento: por lo tanto, el Tercer mundo no le amenaza.

Para el venezolano Carlos Rangel, “la esencia del tercermundismo no es la pobreza ni el subdesarrollo,” sino “un descontento que no impide el disfrute de una forma de vida al estilo occidental, ni incluso la posesión de una riqueza notable” (“Pourquoi l’Occident est en train de perdre le Tiers-Monde”, en Politique internationale, primavera de 1979). Para Carlos Rangel, “pertenecen al Tercer mundo los pueblos que, aunque muy diferentes, comparten el mismo sentimiento profundo de alienación y antagonismo hacia los países no comunistas que progresan, y que se encuentran con relación a estos últimos en una posición similar a la de poblaciones de color en una sociedad donde el poder esta en manos de los blancos.”

Esos pueblos, dice Carlos Rangel, no se sienten “miembros fundadores del club que se llama civilización occidental.” Incluso Japón o España, y al límite Francia, “nunca se integrarán en la sociedad capitalista occidental como Nueva Zelanda que pertenece culturalmente a la fuente donde el capitalismo dibujó su impulso”, es decir “la hegemonía anglosajona instaurada por Inglaterra y luego por Estados Unidos.” Carlos Rangel añade: “inexorablemente, la dificultad para identificarse con la fuente original de las ideas y con la sede actual del poder es causa de ansiedad y descontento nacional”.

La pertenencia al Tercer Mundo o a la civilización occidental deviene, pues, en un hecho cultural.

Es el planeta entero quien viene a experimentar un complejo de identidad. Como la igualdad siempre proclamada y jamas alcanzada, el modelo occidental oculta una lógica de alienación. La civilización occidental se presenta explícitamente como un conjunto puramente económico donde el principal criterio de pertenencia seria el nivel de vida, sin embargo, esta civilización implícitamente se da una estructura jerárquica de dos niveles culturales: los miembros del “club” y los “otros”, que no serian mas que semi-occidentales y que nunca entrarían al “club.” ¿Porque? Porque no pertenecen al mundo anglo-americano, que se piensa a si mismo como el epicentro de Occidente.

Por eso, la civilización occidental, a causa de su dominante angloamericano, rechaza toda identificación con la cultura europea, notablemente por los componentes latinos, germánicos, célticos o eslavos de esta ultima. Pero esta dicotomía implica una realidad profunda: en la medida en que la civilización occidental expresa plenamente el proyecto norteamericano y en tanto que América se ha construido sobre un rechazo de Europa, la esencia de la civilización occidental, es la ruptura con la cultura europea, de la que se venga reduciéndola al etnocidio cultural y a la neutralización política.

El neocolonialismo occidental, que se manifiesta en todos los partidos del mundo, de Irlanda a Indonesia, se basa esencialmente en la ideología liberal americana, aquella que es impuesta por las organizaciones internacionales. No terminaríamos de enumerar los pueblos cuyas formas propias de gobierno fueron destruidas en beneficio de una “democracia” destinada a integrar esos pueblos al orden económico occidental y mercantil. El neocolonialismo ha instaurado la peor de las dependencias y asesinado la primera de libertades, que consiste, para un pueblo, en gobernarse según su propia concepción del mundo. Y son las burguesías locales, formadas por Occidente, que se hacen instrumento de esa desposesión político-cultural (1).

Es sobre la idea misma del desarrollo económico del Tercer Mundo que debemos poner nuestra sospecha. En efecto, este concepto presupone que los pueblos del Tercer mundo deben necesariamente seguir el camino de la industrialización occidental. Ahora bien, eso coincide singularmente con el deseo liberal de la división internacional del trabajo y de la especialización económica de las zonas, indispensable para el capitalismo moderno de libre comercio planetario. ¿Y que son esos camuflajes doctrinales y humanitarios (el “derecho al desarrollo”) que predican la industrialización del Tercer mundo? Los que defienden los intereses de un sistema económico para el cual un comercio industrial mundial en crecimiento es tan necesario como el agua de mar tibia lo es para los bancos de caballas (2).

En sucesivas ocasiones, François Perroux puso de manifiesto que el “nivel de vida global” de los países “en vías de desarrollo” era menos elevado que el que se alcanzaba en las sociedades tradicionales. Contrariamente, los países más pobres o las zonas menos industrializadas conocen un “nivel de vida” real superior a esto que las cifras de la OCDE pueden dejar creer (3). Y hasta ahora, los Estados Unidos fueron los únicos verdaderos beneficiarios de la industrialización de Asia, África o América del Sur.

Pero es necesario no engañarse, la industrialización del planeta es irreversible. La parte del consumo de Asia o de América Latina no deja de crecer. Mas bien, es la forma de esa industrialización, librecambista y sumisa al modelo de desarrollo occidental, la que es criticada aqui. En la medida en que todas las estructuras industriales se parecen, los modos de consumo se uniformizan y se americanizan. Además si esta forma de industrialización es un factor de “desarrollo” para ciertos paises, ella es la causa de graves desequilibrios y de subdesarrollo para numerosos otros países: “las cuatro quintas partes de las exportaciones industriales de los nuevos países, escribe Jean Jean Lemperière, provienen de unos pocos nuevos paises: los cuatro países talleres del Extremo Oriente, la India, los tres grandes países de América Latina e Israel” (Le Monde, 22 de enero de 1980)

Por último, una economía industrial mundializada será de una extrema fragilidad ante las crisis por la red de dependencias que teje entre las naciones.

En respuesta, las ideologías “etnonacionales” pueden perfectamente ayudar a algunos pueblos a liberarse del neocolonialismo occidental. Esas ideologías aparecieron en Europa al inicio del siglo XIV (4) y ya se oponían un universalismo temible, el del poder eclesiástico. Apelaban a la constitución de un Estado laíco que coincidiese con la nación y se referían al mito movilizador del antiguo imperium romano. Reanudadas por Fichte y Herder en el siglo XVIII, las ideas etnonacionales dieron una contestación radical frente las ideologías universalistas e individualistas, y desempeñaron un papel importante en los movimientos de liberación nacional, en los siglos XIX y XX.

En México, país duramente golpeado por los Estados Unidos, asistimos a la edificación, tanto por el Estado como por el pueblo, de un nacionalismo original, fundado sobre la regeneración de una consciencia histórica que encuentra sus fundamentos específicos en las culturas indígenas. Un nuevo pueblo se crea así, liberado de la historia “occidental” y que piensa su destino a partir de una recreación de su pasado. Hermosa lección para nosotros, Europeos, que más allá de ese “occidente cristiano” en el cual no podemos ya reconocernos, debemos también reconsiderar nuestro destino encontrando los fundamentos específicos de nuestra cultura, construyendo un mito indoeuropeo.

En África, la adaptación de la ideologia etnonacional es también exitosa, pero bajo una forma menos política e histórica que tribal y comunitaria: “El valor de la cultura africana no esta ligado a ciertos fantasmas o a complejos rechazados frente a los cánones de la belleza griega , dice, no sin malicia, el cineasta senegalés Sembène Ousmane” (Jeune Afrique, 19 de Septiembre de 1979). La búsqueda de la autenticidad, la elección de los patronímicos y el retorno a las costumbres patriarcales tradicionales combatidas por el cristianismo y las Naciones Unidas, no pueden sino hacer sonreír a los imbéciles y a los cabrones.

En cuanto al nacionalismo islámico, constituye la más feliz contestación jamas infligida a la utopía civilizadora del modelo americano. Pone en entredicho la idea occidental del crecimiento comercial y de la primacía del desarrollo económico, rechazando al mismo tiempo al marxismo, precisamente considerado como factor de desculturización y, circunstancialmente, como instrumento del neocolonialismo soviético.

Es también gracias al despertar de una conciencia nacional que China pudo reducir el efecto masificador del marxismo, y operar así un sincretismo probablemente positivo entre las ideas venidas del Oeste y la continuación de su destino de pueblo-continente. Ella adapto sus estructuras ancestrales de gobierno y constituir, “contando con sus propias fuerzas”, una potencia histórica independiente del magma occidental como del bloque soviético. No sin buenas razones China experimenta la necesidad no ya de llevar solamente el papel de protagonista de la historia, sino de enfrentar a los dos universalismos, el Occidente americano y el “sovietismo” ruso. En este juego a tres dónde no puede aliarse sino a su contrario – ayer la Unión Soviética, hoy los Estados Unidos – tiene necesidad de que vean en ella una protagonista- socia. Esta es la razón por la que, hace un llamado a Europa, incitándola a salir de su letargo, a volver a entrar en la historia, a reconquistar su libertad.

Como China se ha liberado del “sovietismo”, Europa debe, en efecto, liberarse de Occidente y reapropiarse las ideas etnonacionales que ella creó.

Liberarse de la civilización occidental, es comenzar por dudar de la idea de solidaridad del bloque occidental impuesta al África como a Europa o Japón. Ya que es necesario distinguir bien, en geopolítica, las solidaridades efectivas y las solidaridades reales, es decir, a la vez deseables y conformes a los intereses históricos de los pueblos en cuestion. Occidente y el bloque soviético solo constituyen conjuntos de solidaridad efectiva. Polonia o Alemania Federal, como Chile o Afganistán, no se insertan en conjuntos de solidaridad real.

Ahora bien, la izquierda “tercermundista” y la derecha “occidentalista” actuales refuerzan, por los conceptos instituidos por su vocabulario ideológico, este status quo mundial de bloques de solidaridad efectiva. Una nueva geopolítica debe comenzar partiendo de nuevas definiciones.

Occidente o el Tercer Mundo deben desaparecer como conceptos geopolíticos. Debemos hablar, mas bien, de Europa, Estados Unidos, Hispanoamérica, de la Unión Soviética o de la India. Repensar el mundo en términos de conjuntos orgánicos de solidaridad real: de comunidades de destino continentales, de grupos de pueblos coherentes y “óptimamente” homogéneos por sus tradiciones, geografía y componentes etnoculturales.

“La nación,” escribe François Perroux, “realidad viva y dinámica, deviene en una de las fuentes de energía esencial para reestructurar la sociedad mundial y su economía (…) Los rurales se coagulan en naciones armadas, en imperios, en comunidades vacilantes e intentan económicamente formar regiones de naciones (Bertrand Russel). Esas reuniones no son ni totalmente cerradas, lo que es imposible, ni totalmente acogedoras (…). En esas asociaciones de naciones, serán necesarios proyectos colectivos de infraestructura, inversión, difusión de los productos y las rentas. Es en la medida en que las naciones, testigos y defensores de los pueblos, favorecerán esta desconcentración de los poderes económicos y esta descentralización de sus efectos, que se creara una reciprocidad particular en el desarrollo que no se construye espontáneamente por el juego de los intereses privados” (Le Monde de l’économie, 9 de octubre de 1979).

Esas asociaciones de naciones son posibles geopolíticamente, y romperían el marco estratégico económico actual. Cada gran región planetaria podría así ver coincidir en su espacio de vida un relativo parentesco cultural, una comunidad de intereses políticos, una determinada homogeneidad étnica e histórica, y factores macroeconómicos que harían posibles a largo plazo un desarrollo autónomo sin hacer recurso a la mendicidad internacional (5). Un nuevo nomos de la tierra, para retomar la expresión de Carl Schmitt, podría así ver la luz, fundado sobre una sociedad de comunidades y no sobre una pseudo-comunidad de sociedades.

Se dirá erróneamente, que las culturas no podrán comunicarse más entre ellas. Realmente ocurre lo contrario. Al comunicarse entre ellas por medio del referente común que es la civilización occidental, las culturas establecen, en realidad, una pseudo-comunicación. Este referente común enajena, en efecto, la personalidad del que lo utiliza. El significando (la lengua cultural occidental) substituye al significado (la cultura local que intenta explicarse por medio de la lengua occidental). Resumidamente, los pueblos se conocen cada vez más mal, las culturas no se comunican ya y no llegan a enriquecerse porque utilizan a un esperanto infra-cultural que pertenece a todo el mundo y a la vez a nadie.

Comulgando en los mismos términos lingüísticos, de indumentaria, alimentarios, etc., los hombres no pueden percibir más las especificidades de los otros hombres, cuando éstas existen aún. Un italiano en Tailandia que va a utilizar el inglés, descender en un hotel internacional, solo verá de los tailandeses un folclore marginado. Si viaja a África y los Africanos con quienes se codeará serán “trajes” (hombres occidentalizados), según la sabrosa expresión del jurista de Costa de Marfil Badibanga. ¿Qué conocerá del hombre africano?

Al contrario, cuando Marco Polo fue a China, la comunicación fue real y fértil a pesar de la ausencia de un referente común, y la influencia de la cultura china fue notable más tarde en Europa. Las culturas son inconmensurables, no pueden entenderse desde el interior, pero pueden influirse “sobre las franjas” y sacar provecho de los contactos, pero no de las mezclas. La idea de la interpenetración de las culturas, o la ilusión mecanicista de una suma universal “de lo mejor” de las culturas, idea defendida notablemente por Léopold Senghor, no puede sino dar lugar al empobrecimiento de todas las culturas, y al refuerzo de la lengua infracultural occidental. Lengua alienante porque no se basa en el sustrato antropológico de pueblo alguno, y por eso, no transmite ningún sentido.

Para Martin Heidegger, el termino de occidental no traduce la esencia de Europa. Él prefiere emplear una palabra enigmática, lo hesperial, para calificar la esencia de la modernidad europea, o mas exactamente, su posible futuro, su virtualidad. El advenimiento del hespérial supone entonces, en Europa, la muerte de lo Occidental.

Notas:

1 – Ver los estudios realizados por el africanista Hubert Deschamp sobre la destrucción de las formas culturales de gobierno africanas por la “democracia”, notablemente los sistemas de anarquía equilibrada propios de algunos pueblos americanos.

2 – Es interesante notar que a pesar de las posiciones teóricas de los economistas marxistas, los países socialistas practicaron frente al Tercer Mundo el mismo mercantilismo económico que los países capitalistas. La practica económica exterior del socialismo es capitalista y mercantil.

3 – Ver “La faim n’est qu’une conséquence” de Daniel Joussen (Le Monde, 29 de diciembre de 1979).

4 – En 1300, Pierre Dubon, jurista de Felipe el Hermoso, preconiza la abolición del poder papal y eclesiástico. En el siglo XIV, en Francia e Italia, los intelectuales ven a la nación estática como un marco político para los pueblos europeos y exaltan la idea del poder nacional. Estos temas serán reanudados por Petrarco y Maquiavelo, que se inspirarán también en Marsilio de Padua, teórico, a partir de 1342, del Estado laico autónomo y de la substitución por el nacionalismo político de la idea teocrática.

5 – Para algunos economistas liberales, la ayuda a los países subdesarrollados debería obviamente limitarse a una ayuda a las empresas que invierten en estos países. “Al hacer beneficiar a la industria de la ayuda al Tercer mundo, decía un alto funcionario francés, se hará finalmente beneficiar al Tercer mundo de la ayuda a la industria…”

La ragnatela mondiale del sistema

Di Guillaume Faye

Un conflitto dei tempi a venire – Verso un unico modello umano – Un pianeta senza poesia – L’inflazione del sistema – Spoliticizzazione della società – La tecnica e l’autoaffermazione dei popoli – Il falso mito dell’occidente

Un avvenimento considerevole si produce nel mondo contemporaneo, un avvenimento lento, silenzioso, invisibile: le culture, le civiltà, le nazioni, i paesi vengono fusi progressivamente in una struttura tiepida che trascende le divisioni destra/sinistra, est/ovest, nord/sud, che assorbe le distinzioni politiche e ideologiche, che pialla le geografie, che pietrifica la storia.

Questa struttura è il Sistema planetario. « Sistema », e non « civilizzazione ». Non esiste una civilizzazione mondiale, a dispetto delle fantasticherie di Léopold Senghor [alias], giacché una civilizzazione rimane pur sempre culturale, organica, umana. Ora, il Sistema appare come la metamorfosi mostruosa della civilizzazione occidentale in un gigantesco meccanismo tecnoeconomico.

Il grande conflitto dei tempi a venire non opporrà più il capitalismo al socialismo, ma l’insieme delle forze nazionali, culturali, etniche, alla macchina cosmopolita del sistema occidentale, che sostituisce ai territori le sue « zone », alle sovranità le sue regioni economiche, alle culture il suo discorso massificante. La Terra diventa così un grande circo in cui il Sistema è il domatore.

Esso non ha niente di un impero mondiale, poiché non emerge da una potenza politica, ma dalla metastasi della società dei consumi che si espande su tutto il planisfero. Non ha altro sovrano che un individuo astratto — l’homo universalis nato dall’incontro dell’ideologia del diritto naturale e dell’Illuminismo — dai bisogni omogenei e universali. Non ha altro governo che una convergenza di reti economiche e burocratiche transnazionali, che relegano le sovranità politiche e le volontà dei popoli al magazzino degli accessori. Gli è riuscita una rivoluzione: quella di aver smagliato il tessuto delle società, un tempo formate da insiemi organici, istituzioni, tradizioni, mestieri, gruppi e ritmi diversificati, per rifonderne la trama secondo la logica omogenea dei settori di attività tecniche ed economiche, frammentate le une in rapporto alle altre, organizzate in aggregati, come gli ingranaggi di un motore senza nessuno che lo diriga.

La crescita del Sistema è tanto più temibile in quanto i suoi funzionari si pretendono investiti di una missione, quella dell’umanismo mondiale, del pacifismo mercantilista o del socialismo riparatore delle ingiustizie. Per la loro amenità caramellosa, questi ideali appaiono più pericolosi e alienanti di tutti gli imperialismi tradizionali. Il Sistema forma una totalità sprovvista di centro, ma il cui punto focale è la società americana, i suoi trust, il suo mercato ed i suoi costumi. Si espande, dopo l’Europa occidentale e l’estremo oriente, nei paesi socialisti e nelle parti industrializzate del terzo mondo. Questa espansione, che non è più capitalista di quanto non sia socialista, utilizza le società commerciali, le istituzioni internazionali, le burocrazie nazionali come agenti economici intercambiabili, incaricati di diffondere ovunque le stesse mercanzie e le stesse strutture mentali. L’incubo che il gelido ottimismo dei tecnocrati liberali e il mondialismo ingenuo della vecchia sinistra tentano di dissipare, prende forma poco a poco: è il « migliore dei mondi ». L’alchimia della sua crescita tentacolare si compone sempre degli stessi ingredienti: le strutture tecnoeconomiche multinazionali, l’ideologia universalista ed egualitaria, la sottocultura mondiale di massa.

* * *

L’unificazione dei costumi e dei bisogni fonda un tipo umano egemonico: il regno della molle figura del piccolo borghese universale è cominciato. Sul mondo occidentalizzato si installa una borghesia mondiale, in cui prendono il loro posto anche le classi agiate dei paesi poveri e la « nomenklatura » dei paesi socialisti. Allineare i modi di vivere sul presunto modello della classe media americana, è l’aspirazione implicita di tutti i partiti, degli ambienti d’affari e di quel sottoprodotto dei mass-media che si è soliti chiamare « opinione pubblica ». Questa invoca, con buona coscienza, l’argomento dell’innalzamento del tenore di vita; impostura manifesta, che passa sotto silenzio la distruzione delle economie tradizionali e la pauperizzazione di miliardi di uomini. Questo « razzismo » incosciente, che afferma il modello economico mondiale di « sviluppo » come preferibile e superiore alle culture tradizionali dei popoli, rischia di produrre uno psichismo umano unico. La nostra specie, in questo caso, privata della diversificazione delle sue strutture mentali, non sarebbe più in grado di dare, alle sfide globali del mondo a venire, che un solo tipo di risposta, e probabilmente non certo la migliore, né la vincente.

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In questo universo mentale unico, l’uomo occidentale non si definisce più per la sua origine, ma solo per il suo modo tecnoeconomico di esistenza. Un impiegato di banca di Singapore è in questo senso più occidentale di un tirolese o di un bretone radicati nella propria identità.

La Terra si trasforma in un insieme settorializzato di reti e di circuiti che lasciano spalancati degli spazi morti. Spoetizzato, il nostro pianeta è oggetto di « messa a frutto » non è più oggetto di conquista. Senza la padronanza del proprio spazio, i popoli non controllano più la propria geopolitica; la loro geografia, quella dell’habitat poetico e del territorio politico, resta cancellata di fronte alla divisione in zone commerciali e amministrative del Sistema. Non siamo più abitanti dei nostri luoghi, ma semplici residenti. Il Sistema non ha distrutto le patrie; le ha fossilizzate sovrapponendovisi. L’idea nazionale non è più condannata; essa è stata neutralizzata, non malgrado, ma a causa delle reverenze accademiche che le fanno con cinismo i discorsi dei politicanti. Ogni nozione di provenienza territoriale langue in questo universo di turismo di massa, d’uniformità alimentare e vestimentale, di diplomi americani, di films internazionali. Pare che la Ford intenda realizzare un’automobile « globale », fabbricata in dieci paesi differenti e destinata a tutti gli automobilisti del mondo.

Come gli uomini, così anche gli oggetti non vengono più da nessuna parte. « Penso », dichiarava Gilbert Trigano, del Club Med « che l’avvenire del Club risieda nell’avvento di un’atmosfera veramente cosmopolita » (Le Monde, 5 luglio 1980). Ma l’avvenire del Club Méditerranée non è quello dei popoli di cultura: l’avvento del cosmopolitismo non sarebbe per essi un’apertura come immagina Guy Scarpetta, ma un soffocamento.

Il Sistema, che non « vive », ma « funziona », sottrae i popoli al tempo storico. Fondato su mode, movimenti di consumo, flussi economici, correnti d’opinione, si iscrive puramente nella cronaca. Un popolo, al contrario, va da qualche parte e viene da qualche parte. Per il Sistema la coscienza storica è sovversiva perché essa non forma buoni clienti né buoni telespettatori. Se la caratteristica propria alla Storia è quella di modificare il senso delle cose, il Sistema non è interessato che a cambiare le forme esterne: forme dei prodotti, mode. Ciò che si teme più di tutto sono le perturbazioni della storia, quelle dei Cesari e degli Imam.

Il Sistema è uno stabilizzatore. Nell’ordine mondiale stabile, le microvariazioni delle novità e delle innovazioni contrastano con la macrofissità dell’insieme. Costumi, stili artistici, etichette e ideologie politiche non si evolvono più. Il walkman non è un’innovazione, ma un aggravarsi di una forma di vita già ben installata: il narcisismo tecnologico. Siamo rientrati di fatto nella storia ciclica, nel circolo vizioso dell’eterno ritorno delle « riscoperte » e dei revival. I media accentuano la fissità conservatrice del sistema trasformando le idee in mercanzie che si confrontano con mercati d’opinione stabili.

Evacuata, la storia dei popoli lascia dietro di sé un grande silenzio che il cicaleccio vuoto dei media tenta di coprire; messo da parte, il mondo dei popoli, quello delle strategie continentali, delle rivolte religiose, dei grandi disegni politici, lascia il posto ai piccoli programmi di vita individuale, alla fine dei quali non vi è altro che la pensione. In queste condizioni, il sistema occidentale non lascerà tracce di civiltà. È senza memoria e non se ne conserverà il ricordo. Nella logica dell’ideologia lockiana e del protestantesimo laicizzato, esso ritiene di aver già compiuto la sua rivoluzione. Il suo « progresso » non è che la continuazione, il perfezionamento della sua espansione.

Ciò spiega come i marxisti siano disarmati di fronte alle società contemporanee, che sono, in fondo, postrivoluzionarie; e soccombano come gli altri all’appello del Sistema, appello alla fusione, alla fetalizzazione della specie umana.

* * *

Il Sistema ha conosciuto un precedente storico con la Cristianità. Anch ‘essa tentò di costruire — progetto che non è stato d’altronde abbandonato — un mondialismo al di sopra delle singolarità dei popoli.

L’omogeneizzazione delle culture in nome della « salvezza » si è trasformata in omogeneizzazione in nome del diritto alla felicità borghese. Il monoteismo cambia di forma: oggi esso prende quella di complesso economico-culturale.

Il che significa che l’installazione di strutture economiche multinazionali e la diffusione di una cultura mondiale unica, costituiscono due processi globalmente legati. L’imposizione del « sistema di oggetti » occidentale presuppone l’adozione di una cultura semplicista e pragmatica che determina un’involuzione e un impoverimento spirituale. Il Sistema deve acculturare i popoli ai costumi dell’homo consumans internazionale i cui bisogni si postulano unificati. L’economia e l’infracultura del Sistema si sono costituite in insieme reciproco ». Le merci comportano lineamenti culturali e inversamente la sottocultura americano-occidentale prepara gli spiriti al consumo di merci unificate.

Le fasi culturali di entrata nel Sistema sono tre. Prima fase: lo spettacolo. Le popolazioni di cultura sono messe in presenza del modello attraverso l’intermediazione delle loro « élites » occidentalizzate, che funzionano da vetrina. Seconda fase: la normalizzazione. Si tratta di eliminare le scorie culturali « indigene » relegandole in zone « sottosviluppate » o « ritardate » che si è in precedenza contribuito a creare. L’ideologia umanitaria della pretesa lotta contro la miseria serve qui da strumento di penetrazione. Terza fase: il consolidamento. E’ in corso nei paesi industrializzati. La cultura dominante è completamente incorporata all’economia. Le mode di massa costituiscono le armi di questa spersonalizzazione degli individui in un’esistenza narcisistica e iperpragmatica. Esse compensano la noia di un modo di vivere omogeneo (che rischierebbe di sfociare in rivolte, in rivendicazioni di ritorno alla storia) attraverso lo stordimento indotto dalle pseudonovità. In questa cultura obsolescente, non appare alcuna « nuova generazione culturale ». Non vi è più che un gigantesco prodotto culturale, sottomesso alla funzione mercantilistica, semplice settore contabile nelle colonne di cifre del supermercato mondiale.

Le tradizioni dei popoli sono divenute anch’esse branche di un sistema economico e tecnico. In musei morti, noi celebriamo il nostro passato senza viverlo. Ricordo, ma non più memoria, il passato è visitato, ma non più abitato (4). Un vero popolo interiorizza il suo passato e lo trasforma in modernità. Il Sistema ne ha fatto un ornamento, neutralizzato e sterilizzato, che viene consumato così come si consuma anche l’esotico. Il passato e le tradizioni sono divenuti pianeti nella galassia dei passatempi.

Questa cultura-prodotto universale è più « occidentale » che americana. Oggi l’America è dappertutto. Il Sistema dipende tanto dalla dominazione degli Stati Uniti come nazione quanto dall’estensione a tutta la Terra della società americana. I fondamenti ideologici del Sistema sono gli stessi di quelli dei padri fondatori degli Stati Uniti: mercantilismo e umanitarismo. Ma l’egemonia strettamente americana è probabilmente destinata a declinare: Goldrake è giapponese e le hit-parades sono prodotte in Europa. L’americanomorflsmo succede all’americanismo e rappresenta in fondo l’essenza dell’occidentale. E questo il più grande pericolo. Saremo ancora capaci di rigettare ciò che viene da noi stessi?

L’America è in noi: formula terribile che se diventasse completamente vera starebbe a significare che noi siamo già dei morti viventi.

A dirigere il Sistema non è del resto un potere politico più di quanto sia l’America. Il Sistema non ha capo: non ha nient’altro che dei regolatori, senza progetto d’insieme. Gli stati maggiori delle grandi società, le burocrazie nazionali e internazionali, le reti dei media, incrociano le loro decisioni al di sopra delle sovranità politiche. Carì Schmitt [alias] e Jürgen Habermas hanno ben colto la natura oppressiva e invadente di questa autoregolazione anorganica che spoliticizza i popoli. Questa oppressione si giustifica con una pratica e un’ideologia antiautoritarie che sostituiscono alle decisioni, ai destini, ai poteri visibili, l’intruppamento nella placenta delle organizzazioni, in cui gli assoggettati, autoalienati, vivono in seno al sistema come presso ad una madre fraterna. Le finalità settoriali hanno rimpiazzato la politica; le opinioni si spoliticizzano e le ideologie politiche diventano ornamentali. Non viene più cantata l’Internazionale quando la sinistra vince le elezioni, ma ci si dondola al suono di un rock americano. Il Sistema non ha più bisogno di una legittimazione politica: la multinazionale americana , la banca inglese, la burocrazia francese, i politicanti italiani vedono le loro strategie convergere spontaneamente grazie al cemento dello stesso programma implicito che le abita tutte: realizzare la società mercantilistica mondiale.

La sola politica ancora praticata nel Sistema obbedisce a ciò che Claus Offe qualificava come « sottomissione a imperativi di schivata ». Detto altrimenti, schivare gli sconvolgimenti, evitare le grandi crisi per gestire meglio le piccole.

* * *

In questo deserto del politico, il mondo non ha più destino. La fine del ventesimo secolo vede installarsi la paralisi dei popoli: lo status quo uscito da Yalta conserva globalmente il suo equilibrio; l’Europa politica non si è mai realizzata; l’Islam resta disunito; la decolonizzazione rimane una parola; i progetti rivoluzionari finiscono nel sangue di tirannie medievali o nella società burocratica. In compenso, le esportazioni di grano verso l’URSS o i trasferimenti di mano d’opera e di industrie vanno a meraviglia. La storia del mondo diventa quella dei suoi mercati di consumo. Questa falsa storia, spoliticizzata, dipende da un macchinario autoperpetuantesi appena infastidito dalle bombe dei desperados, furiosi che la loro utopia rivoluzionaria — sempre più minoritaria — non trovi più eco presso i loro antichi fratelli vinti dal mortale tepore del Sistema.

La spoliticizzazione provoca un’alienazione di nuovo tipo. Il Sistema non fa più ricorso che secondariamente alla coercizione o alla persuasione ideologica, perché le sue strutture comportamentali sono assimilate dalle popolazioni. Da qui la vanità e il carattere velleitario di ogni forma di contestazione che si situi su un piano meramente politico.

La politica è organizzata in spettacolo dai media del Sistema, e l’opinione pubblica, falsamente politicizzata — « politicantizzata » si potrebbe dire — costituisce il simulacro di un sentimento popolare. Contrariamente alle vedute della scuola di Fran­coforte [alias] non esiste un direttore d’orchestra clandestino che si celi dietro la razionalità delle pratiche economiche. L’essenziale non è che si contesti o meno il governo, ma che non si trovi niente da ridire quando si fanno gli acquisti al drugstore, che si aderisca implicitamente ai valori pratici dell’edonismo borghese. E questa la ragione per cui la sola vera contestazione è quella che rimette globalmente in causa, da un punto di vista metapolitico e culturale, la concezione del mondo del Sistema, nella quale individualismo, edonismo, razionalismo e mondialismo umanitario sono indissociabilmente legati da una logica implacabile.

La trappola in cui sono caduti Marcuse e Habermas consiste nel non aver percepito che il Sistema riposa su una Weltanschauung che è anche la loro. Da qui il « recupero » totale del loro discorso e la sconfitta storica della scuola di Francoforte. Rompendo col razionalismo della felicità individuale, col mondialismo umanitario per situarci dalla parte dei popoli, della loro volontà di affermazione, di differenza e di destino, noi pretendiamo costituire la vera alternativa; noi pretendiamo essere i soli, nel paesaggio ideologico uniforme di oggi, a non essere compromessi con i valori — o i non valori — dell’occidentalismo egualitario e mercantilistico, a non fare nostro il postulato di base del Sistema secondo cui ciò che importa è la « realizzazione razionale della felicità economica individuale ».

Aurelio Peccei, presidente e fondatore del Club di Roma, ha ben riassunto il programma nichilista che noi intendiamo combattere con le armi più efficaci, quelle della lotta metapolitica e culturale, quando dichiarava: « Bisogna arrivare a un sistema mondiale governabile che dovrebbe utilizzare le tecniche tanto efficienti del marketing ». Sogno insano, che condividono a destra e a sinistra, dalla parte dei liberali come da quella dei socialisti, tutti gli alleati oggettivi della morte dei popoli. Essi vogliono trasformare il pianeta in una rigatteria della piccola felicità, in cui i popoli, filializzati come i dipartimenti di una multinazionale, vivrebbero nella pace perpetua di una clinica psichiatrica, disciplinati dai dieci comandamenti dell’ideologia dei Diritti dell’Uomo [alias]. Mentre il « Grande Fratello » regna sul migliore dei mondi.

* * *

Questa ideologia dei Diritti dell’Uomo, parliamone. Preparando gli spiriti all’idea dell’uniformità dei bisogni, piazzando l’individuo « garantito » e astratto al di sopra delle comunità di appartenenza, essa attua un razzismo occidentale-centrista che svolge una funzione precisa: legittimare il Sistema mercantilistico mondiale. L’ideologia dei Diritti dell’Uomo è il discorso « povero » del Sistema, verso cui sono ripiegati, come a un più piccolo denominatore comune, le ideologie egualitarie, dal marxismo al conservatorismo, perché l’egualitarismo, non avendo più bisogno di essere convalidato da un discorso teorico, si contenta della vecchia filosofia borghese del diciassettesimo e diciottesimo secolo. E se ne contenta tanto più volentieri in quanto essa ha preso corpo, nella sua forma attuale, nella società americana nascente, in cui questa assemblava i postulati evangelici con la filosofia del capitalismo incipiente.

Ma sorge una temibile contraddizione: tra il Sistema da un lato, interamente intriso di questa filosofia della felicità massificata, e la tecnica, che porta nella sua essenza la tentazione della potenza e dell’avventura ma che tuttavia costituisce oggi l’armatura dell’universalismo. Contraddizione tra il dramma della tecnica e la sdrammatizzazione dell’ideologia. Contraddizione tra il fantasma cibernetico di una tecnica che si vorrebbe neutra e le forze di mobilitazione e di penetrazione del mondo che essa cela in sé.

Il Sistema non comprende la natura della tecnica; non coglie, come scrive Heidegger, « il mistero della sua essenza ». Dai marxisti ortodossi ai teorici del management-development del Massachusetts Institute of Technology, regna la stessa interpretazione ingenua e « pacificata » della tecnica, nella linea razionalista e progressista dei sansimonisti. Grazie alla tecnica noi saremo un giorno, secondo il vecchio adagio biblico, « liberati dal lavoro ». Oggi d’altronde è significativo veder svilupparsi, persino negli ambienti socialisti, una contestazione del lavoro in quanto tale. Possiamo vedere in ciò una conseguenza della mentalità borghese, poiché il Sistema sente in contraddizione l’ideologia e la tecnica, così come i valori del benessere e la necessità del lavoro sociale.

L’interpretazione attuale della tecnica non ne coglie la dimensione faustiana; come accade per il lavoro, la si banalizza, la si strumentalizza al servizio del confort, senza vedere la sua grandezza né il suo pericolo. La tecnica moderna invece, « inquietante » e rischiosa, è un appello all’autoaffermazione dei popoli, appello demiurgico e pagano al potere creatore degli uomini.

Soltanto gli avversari della tecnica ispirati da certe correnti della scuola di Francoforte sono coerenti con se stessi, ovvero con l’ideologia pacifista e umanitaria che essi condividono col Sistema. Hanno compreso cioè che l’edonismo è contraddittorio con la « crescita di potenza » di una cultura fondata sulla tecnica moderna. Tra noi e loro vi è conformità di analisi, ma divergenza di valori.

Hanno capito che l’ideale-tipo del borghese pacifico — e non quello del rivoluzionario — era realmente il loro, nonché quello dei liberali, dei cristiani, dei marxisti. Mentre il nostro non può che essere quello dell’uomo, appartenente ad una cultura e ad un popolo.

Appartenere all’area culturale europea, significa ammettere la tecnica moderna. Non come strumento di domesticazione e di alienazione, ma di creazione. Habermas diceva che non si può concepire una « poesia nucleare ». Disgraziatamente per lui, sì.

Un sistema che pretende eliminare ogni rischio appoggiandosi sulla tecnica, l’attività più « rischiosa »: ecco il pericolo supremo.

L’ambiguità dell’universo tecnoeconomico attuale non sarà superata se non quando i valori che presiedono all’utilizzazione della scienza e della tecnica assumeranno e domineranno il loro « rischio » e l’incorporeranno nel progetto storico di un popolo, invece di asservirlo al confort massificato. La tecnica presuppone non soltanto la creatività collettiva, contraddittoria con gli ideali del sistema, ma ugualmente la riabilitazione del lavoro, ripensato sotto la categoria aristocratica della mobilitazione spirituale della comunità. Bisogna farla finita con la concezione punitiva e svalutativa del lavoro generata dal biblismo, dall’edonismo mercantilistico e dal nostro passato indtistriale, in cui il capitalismo liberale faceva del lavoro uno strumento di « spossessamento di se ».

Schizofrenico, il Sistema rimuove il tipo dell’Operaio (Arbeiter) (5) come figura dominante, perché in fondo disprezza il lavoro del popolo, di tutti i popoli, cioè la loro cultura nella misura in cui il lavoro è l’essenza stessa della « cultura ». Ripensare i popoli come comunità creatrici secondo la propria volontà; farla finita con questa espropriazione che priva gli uomini della loro cultura e propina loro uno spettacolo opportunamente elaborato nei media, fabbricato da istrioni senza provenienza: questo è lo sbocco della sola visione del mondo che concili il lavoro, la tecnica e la valorizzazione delle radici.

* * *

L’avvenire appartiene alle rivoluzioni culturali, spirituali, nazionali; l’avvenire appartiene alla distruzione dell’ordine economico internazionale e al perseguimento di un’idea che ha già cominciato ad agire: il riaccentramento di spazi economici autonomi attorno ad aree culturali.

Ma in Europa come nel Terzo mondo queste idee saranno battute se esse non vanno fino in fondo in questo loro tentativo, se esse cioè non tagliano i ponti con l’ideologia occidentale, sia essa marxista, tecnocratica, democristiana o liberale, l’ideologia che possiamo definire con un brutto neologismo « reazionario-umanitaria ».

Quanto ai popoli d’Europa, bisogna che essi sappiano progressivamente operare una revisione, evidente per alcuni, lacerante per altri: rompere la solidarietà con l’«Occidente », quest’Occidente in cui non ci riconosciamo più, se mai ci siamo riconosciuti, quest’Occidente che non è che un gigantesco bazar; quest’Occidente che mutila sotto i nostri occhi la nostra cultura millenaria trasformandola in uno stress in cui non regna che la coscienza pratica.

Destino di un popolo è di lasciare la sua impronta nella Storia, nello spa­zio continentale e nello spazio del tempo, — che è anche quello dello spirito. Noi non vogliamo più continuare a vivere in una cosmopoli senza gioia, senza desideri, senza avventure.